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TOTALENERGIES

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Totalenergies : Pour Morgan Stanley, les cours du pétrole vont rester élevés pendant longtemps et Totalenergies est la bonne pioche en Bourse pour en tirer parti

Aujourd'hui à 15:38
Totalenergies, plus forte hausse du CAC 40

(BFM Bourse) - La banque américaine a publié une note sectorielle dans laquelle elle explique que la guerre au Moyen-Orient va changer la perception des investisseurs sur les fondamentaux du marché du pétrole. L'établissement a relevé son objectif de cours sur Totalenergies, une valeur de qualité, selon lui.

Depuis l'éclatement du conflit au Moyen-Orient, le secteur pétrolier a sans surprise le vent en poupe en Bourse. Totalenergies grimpe de 38,4% sur l'ensemble de 2026, signant de loin la plus forte hausse du CAC 40, BP gagne 29%, Royal Dutch Shell s'adjuge 25,5%, Chevron avance de 36%, ExxonMobil de 37,4%.

Les attaques contre les infrastructures gazières et pétrolières ainsi que le trafic a l'arrêt dans le détroit d'Ormuz, par lequel transite l'équivalent de 20% de la consommation mondiale de brut et de gaz naturel liquéfié (GNL), ont propulsé les cours des hydrocarbures. Ce qui a par ricochet entraîné une forte hausse des actions des majors pétrolières.

Toute la question reste évidemment de savoir combien de temps durera cette période de prix de marché élevés. Selon une enquête réalisée par Deutsche Bank auprès de gérants d'actifs, une majorité d'investisseurs s'attend à ce que le prix du baril de Brent se maintienne (en moyenne) au-dessus de 100 dollars au cours des trois prochains mois.

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Une nouvelle donne sur le marché

Dans une note publiée ce mercredi 25 mars, Morgan Stanley prévient que la guerre changera durablement la perception des investisseurs sur les fondamentaux (c'est-à-dire l'offre et la demande) du marché du pétrole.

"Il est peu probable que le marché pétrolier revienne à la situation qui prévalait avant le récent conflit", écrit la banque américaine.

"Quelle que soit la tournure que prendront les événements à partir de maintenant, les quatre dernières semaines ont modifié la façon dont les investisseurs doivent envisager le détroit d'Ormuz, les capacités de production de réserve et l'importance d'un approvisionnement pétrolier sûr", poursuit Morgan Stanley.

Pendant des années, la fermeture du détroit d'Ormuz a été perçue comme un risque théorique mais improbable dans la pratique. De nombreux conflits se sont déroulés dans la région sans pour autant perturber le transit par ce canal stratégique, pas même lors de la guerre entre l'Iran et l'Irak, durant les années 1980, lorsque des tankers étaient attaqués par les deux pays.

Mais la donne a changé. "Le marché a désormais appris une leçon qu'il ne pourra pas facilement oublier: le flux de pétrole transitant par le détroit d'Ormuz peut bel et bien être interrompu. Compte tenu des volumes de pétrole en jeu, cela revient à une réévaluation structurelle du risque géopolitique sur les marchés pétroliers", considère Morgan Stanley.

Pour la banque, cela implique plusieurs effets. Tout d'abord, les capacités de réserves – c'est-à-dire la production de pétrole qui peut être mobilisée dans un horizon de 30 jours et durer au moins 90 jours – ne doivent plus être considérées de la même façon par les investisseurs.

"On ne peut plus compter sur ces capacités comme avant le conflit, car la grande majorité des capacités de réserve mondiales se trouve de l'autre côté du détroit. En réalité, les capacités de réserve accessibles du marché sont inférieures à ce que l'on pensait auparavant, ce qui devrait se traduire à la fois par une hausse des prix et une plus grande volatilité", développe Morgan Stanley.

Des prix plus élevés

Par ailleurs, les pays vont probablement davantage constituer de réserves stratégiques. "Concrètement, l'accumulation de stocks stratégiques a le même effet sur l'équilibre de marché qu'une augmentation de la demande, ce qui indique un marché structurellement plus tendu que ce que nous avions initialement supposé", explique encore la banque.

Au vu de ces éléments, l'établissement a relevé ses prévisions de cours du pétrole, tablant, pour le long terme (c'est-à-dire sur les 20 prochaines années) sur un Brent à 80 dollars le baril, contre 70 dollars précédemment. À plus court terme, la banque table sur un baril à 110 dollars au deuxième trimestre 2026, 100 dollars au troisième, 90 dollars au quatrième. La banque a, aussi, sensiblement revu à la hausses ses prévisions pour le prix du gaz.

Tout ceci se traduit par de meilleures perspectives de génération de cash pour les majors pétrolières.

"Des hausses relativement modestes des prix du pétrole et du gaz se traduisent par une augmentation significative des flux de trésorerie disponibles. Cet effet est généralisé et s'applique à l'ensemble des portefeuilles, sans se limiter à des actifs spécifiques", développe Morgan Stanley.

Dans ce contexte, la banque américaine a relevé ses objectifs de cours sur l'ensemble des groupes pétroliers européens, quand bien même le secteur a déjà connu une progression sensible en Bourse.

"Le marché commence seulement à intégrer dans ses cours les changements durables en matière de sécurité énergétique, les capacités de réserve effectives et la valeur d'un approvisionnement sûr. Nous estimons donc que le récent rallye n'a pas encore dit son dernier mot", explique Morgan Stanley.

Totalenergies, une entreprise de qualité

Dans le cas de Totalenergies, la banque américaine a relevé son objectif de cours à 88,3 euros contre 67,8 dollars précédemment, ce qui accorde un potentiel d'un peu moins de 15% à l'action, au cours de clôture de mardi.

Le groupe de La Défense est d'ailleurs le titre préféré de Morgan Stanley dans le secteur, la banque le qualifiant de "quality compounder", c'est-à-dire une entreprise capable de délivrer des performances satisfaisantes en toutes circonstances grâce à la qualité de son exécution.

Pour Morgan Stanley, "la société continue d'offrir une combinaison séduisante de résilience et de croissance".

"Son programme de rachat d'actions indexé sur les prix (du pétrole), son portefeuille de projets de croissance sur l'amont de la production bien défini et ses initiatives pour améliorer en interne ses performances viennent étayer un argumentaire d'investissement solide et pérenne qui ne repose pas uniquement sur la hausse des prix des matières premières, mais qui en tire néanmoins parti", élabore encore la banque.

Morgan Stanley estime que le dividende de la société progressera de 5% par an jusqu'en 2030, et considère que la distribution aux actionnaires (dividende, rachats d'actions) pourrait bien être relevée.

Rappelons que Totalenergies a dû stopper une partie de sa production au Moyen-Orient.

Le groupe a annoncé avoir interrompu les opérations sur l'équivalent de 15% de sa production totale, ces arrêts étant localisés au Qatar, en Irak et aux Émirats arabes unis.

Cependant, l'entreprise explique que sa production au Moyen-Orient génère moins de cash que celle en dehors de cette région, en raison d'une taxation plus élevée. Si bien que les 15% évoqués plus haut ne représentent que 10% de son flux de trésorerie opérationnel.

"En 2026, la croissance de notre production à valeur ajoutée devrait provenir en grande majorité de l'extérieur du Moyen-Orient, ce qui signifie qu'une hausse du prix du pétrole compensera largement la baisse de la production au Moyen-Orient : une augmentation de 8 dollars le baril du prix du Brent suffirait à compenser le flux de trésorerie d'exploitation (CFFO) prévu pour 2026 provenant de nos actifs offshore en Irak, au Qatar et aux Émirats arabes unis, à un prix de 60 dollars le baril", développe Totalenergies.

Autrement dit, l'envolée des cours du baril (en hausse de plus 25 dollars environ pour le Brent) a largement compensé la perte de production de Totalenergies au Moyen-Orient.

La qualité des réserves comme atout

Avant Morgan Stanley, Barclays avait rehaussé son objectif de cours la semaine dernière sur Totalenergies pour le porter à 94 euros.

La banque britannique considère que l'action du groupe français est "sous-évaluée" alors que l'entreprise "affiche certains des rendements les plus élevés (du secteur, NDLR) tant dans ses divisions en amont qu'en aval (raffinage, distribution, NDLR), et présente l'activité la plus résistante" à la baisse des prix de marché.

L'établissement voit le flux de trésorerie de Totalenergies croître de 20% par an d'ici 2030 et considère que le couple "rendement/risque" est devenu plus attrayant.

En outre, "la société reste bien diversifiée, avec une forte exposition au marché européen du gaz – plus importante que celle de certains de ses concurrents – ce qui pourrait lui permettre de tirer parti de la hausse des prix", poursuit la banque.

Barclays estime par ailleurs qu'au vu de l'environnement de marché actuel, les groupes qui possèdent les plus importants niveaux de réserves se démarqueront, citant l'italien Eni ainsi que Totalenergies.

Le secteur pétrolier a assez peu investi en aval ces dernières années. Ce alors que "le portefeuille (d'actifs pétroliers, NDLR) en amont commence désormais à passer du statut d''actifs bloqués' à celui d''actifs stratégiques', ce qui met clairement en avant la longévité des réserves et a constitué l'un des principaux facteurs à l'origine de l'évolution récente du cours des actions", développe Barclays.

Or les données sur les réserves d'hydrocarbures de Totalenergies avaient tapé dans l'œil des analystes le mois dernier.

La durée de vie des réserves prouvées (les gisements qui ont une probabilité d'environ 90% d'être extraits), un indicateur qui montre le nombre d'années de production au rythme actuel qu'assurent ces réserves, a atteint 12,2 années, avec un taux de renouvellement de 116% en 2025.

Plus cette durée de vie est élevée, moins un groupe pétrolier se retrouve sous pression pour investir dans de nouveaux actifs pétroliers, en les rachetant ou en les découvrant via l'exploration. Ce de sorte à maintenir la croissance de sa production.

Totalenergies dépasse ses rivaux sur ces indicateurs tant en termes de renouvellement que de durée de vie, constate Royal Bank of Canada.

Les chiffres du groupe français contrastent avec "Shell et BP avec une durée de vie des réserves en baisse et des profils de production stagnants", appuie la banque canadienne.

Selon une présentation de Totalenergies, seul l'américain Chevron affiche une durée de vie des réserves prouvées comparables à la sienne (environ 12 ans) quand Shell et BP restent sur un chiffre plus proche de 7-8 années.

Julien Marion - ©2026 BFM Bourse
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