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TOTALENERGIES

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Totalenergies : Après un bond de 33% cette année, Barclays voit l'action Totalenergies grimper de plus de 25%

Aujourd'hui à 16:06
Totalenergies grimpe en Bourse

(BFM Bourse) - Dans une note sectorielle, la banque a relevé ses cibles sur le secteur pétrolier et a pris comme hypothèse des perturbations sur le marché du pétrole liées au conflit en Iran jusqu'à la fin du deuxième trimestre. Totalenergies devraient, selon l'établissement, se distinguer en raison de ses réserves prouvées d'hydrocarbures.

L'éclatement du conflit en Iran a, sans surprise, lesté ou au contraire propulsé certains secteurs en Bourse. Les compagnies aériennes souffrent, l'envolée des cours du pétrole se répercutant sur les prix du kérosène, ce qui alourdit la facture carburant de ces sociétés.

A contrario, les groupes pétroliers sont tirés par la hausse du Brent, dont le cours au baril est passé d'un peu moins de 73 dollars à plus de 101 dollars actuellement. Ce bond des prix de marché est synonyme de ventes plus élevés en valeur pour l'industrie pétrolière qui demeure un secteur avec beaucoup de coûts fixes.

Le gaz a lui aussi grimpé, le Dutch TTF ayant augmenté de près de 60% depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

L'indice Stoxx Europe 600 Energy, qui rassemble des producteurs de pétrole et d'énergie renouvelable (comme Vestas) s'adjuge 27% depuis le début de l'année.

Totalenergies prend encore 2,2% ce mardi et gagne 32,8% depuis le 1er janvier, ce qui constitue la plus forte hausse du CAC 40, juste devant le groupe de semi-conducteurs STMicroelectronics (+31,44%).

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Des équilibres perturbés

Barclays voit l'action grimper davantage. Dans une note sectorielle, l'établissement britannique a passé en revue sa couverture et a relevé ses estimations et ses objectifs de cours.

Pour Totalenergies, Barclays a rehaussé sa cible à 94 euros contre 78 euros précédemment tout en confirmant sa recommandation à "surpondérer", équivalent d'acheter. Au cours actuel (environ 74 euros), le nouvel objectif de l'établissement accorde un potentiel de 27% à l'action.

Dans sa note, la banque explique qu'avec le conflit en Iran, les préoccupations autour d'un marché pétrolier largement excédentaire du côté de l'offre ont été remplacées par des coupures de production. Plusieurs pays (comme l'Irak ou le Koweït) ont été contraintes de stopper leurs opérations sur plusieurs sites. Le trafic dans le détroit d'Ormuz, par lequel transite quotidiennement l'équivalent de 20% de la consommation de gaz naturel liquéfié et de pétrole, est à l'arrêt.

Selon Barclays, l'équivalent de 8 millions de barils de bruts par jour auront été retirés du marché sur le mois de mars, soit un peu moins de 8% de la consommation totale quotidienne.

Tout ceci a "considérablement resserré toutes les estimations d'équilibre offre/demande, des reconstitutions de stocks étant nécessaires après les perturbations", écrit le bureau d'études.

La banque britannique a remis à jour ses estimations. Pour cela, l'établissement est parti du principe que le marché sera perturbé par le conflit au Moyen-Orient jusqu'à la fin du deuxième trimestre. Barclays précise bien qu'il ne s'agit pas d'une prévision mais d'une hypothèse de travail.

En conséquence, l'intermédiaire financier retient une prévision du baril de Brent de 84 dollars pour 2026, avec un pic à 95 dollars pour le deuxième trimestre.

Totalenergies stoppe une partie de sa production

Ces cours plus élevés porteront bien sûr les activités d'exploration et production des majors, gonflant leurs résultats et leurs flux de trésorerie.

Pour Totalenergies, Barclay estime qu'environ 27% de la production aval d'hydrocarbures est exposée au Moyen-Orient (Irak, Qatar, Moyen-Orient et Oman).

La société, de son côté, a annoncé avoir interrompu les opérations sur l'équivalent de 15% de sa production totale, ces arrêts étant localisés au Qatar, en Irak et aux Émirats arabes unis.

Cependant l'entreprise explique que sa production au Moyen-Orient génère moins de cash que celle en dehors de cette région, en raison d'une taxation plus élevée. Si bien que les 15% évoqués plus haut ne représentent que 10% de son flux de trésorerie opérationnel.

"En 2026, la croissance de notre production à valeur ajoutée devrait provenir en grande majorité de l'extérieur du Moyen-Orient, ce qui signifie qu'une hausse du prix du pétrole compensera largement la baisse de la production au Moyen-Orient : une augmentation de 8 dollars le baril du prix du Brent suffirait à compenser le flux de trésorerie d'exploitation (CFFO) prévu pour 2026 provenant de nos actifs offshore en Irak, au Qatar et aux Émirats arabes unis, à un prix de 60 dollars le baril", développe Totalenergies.

Autrement dit, l'envolée des cours du baril (en hausse de plus 25 dollars environ pour le Brent) a largement compensé la perte de production de Totalenergies au Moyen-Orient.

Barclays pense que le bénéfice par action de Totalenergies grimpera de 35% cette année.

Des réserves qui comptent

La banque considère que l'action du groupe français est "sous-évaluée" alors que l'entreprise "affiche certains des rendements les plus élevés (du secteur, NDLR) tant dans ses divisions en amont qu'en aval (raffinage, distribution, NDLR), et présente l'activité la plus résistante" à la baisse des prix de marché.

L'établissement voit le flux de trésorerie de Totalenergies croître de 20% par an d'ici 2030 et considère que le couple "rendement/risque" est devenu plus attrayant.

En outre, "la société reste bien diversifiée, avec une forte exposition au marché européen du gaz – plus importante que celle de certains de ses concurrents –, ce qui pourrait lui permettre de tirer parti de la hausse des prix", poursuit la banque.

Barclays estime par ailleurs qu'au vu de l'environnement de marché actuel, les groupes qui possèdent les plus importants niveaux de réserves se démarqueront, citant l'italien Eni ainsi que Totalenergies.

Le secteur pétrolier a assez peu investi en aval ces dernières années. Ce alors que "le portefeuille (d'actifs pétroliers, NDLR) en amont commence désormais à passer du statut d''actifs bloqués' à celui d''actifs stratégiques', ce qui met clairement en avant la longévité des réserves et a constitué l'un des principaux facteurs à l'origine de l'évolution récente du cours des actions", développe Barclays.

Or les données sur les réserves d'hydrocarbures de Totalenergies avaient tapé dans l'œil des analystes le mois dernier.

La durée de vie des réserves prouvées (les gisements qui ont une probabilité d'environ 90% d'être extraits), un indicateur qui montre le nombre d'années de production au rythme actuel qu'assurent ces réserves, a atteint 12,2 années, avec un taux de renouvellement de 116% en 2025.

Plus cette durée de vie est élevée, moins un groupe pétrolier se retrouve sous pression pour investir dans de nouveaux actifs pétroliers, en les rachetant ou en les découvrant via l'exploration. Ce de sorte à maintenir la croissance de sa production.

Totalenergies dépasse ses rivaux sur ces indicateurs tant en termes de renouvellement que de durée de vie, constate Royal Bank of Canada.

Les chiffres du groupe français contrastent avec "Shell et BP avec une durée de vie des réserves en baisse et des profils de production stagnants", appuie la banque canadienne.

Selon une présentation de Totalenergies, seul l'américain Chevron affiche une durée de vie des réserves prouvées comparables à la sienne (environ 12 ans) quand Shell et BP restent sur un chiffre plus proche de 7-8 années.

Un environnement de long terme porteur

Citi mettait également en avant la robustesse des réserves prouvées de Totalenergies pour justifier son opinion à l'achat sur le titre. La banque américaine estimait, dans une note publiée début mars, que le groupe français méritait "une prime de valorisation" par rapport à ses pairs européens, pour cette raison.

Au-delà des questions autour du court terme sur la guerre au Moyen-Orient, Barclays met en avant le fait que le secteur pétrolier se trouve à l'aube d'un cycle prometteur.

"Le conflit en Iran finira par prendre fin, et lorsque ce sera le cas, ce qui comptera avant tout pour les valeurs pétrolières et les investisseurs, ce sont les perspectives à long terme. À cet égard, notre opinion reste inchangée : le marché pétrolier sous-jacent se resserre, l'offre hors de l'Opep (l'Organisation des pays exportateurs de pétrole) étant incapable de suivre le rythme de la demande", explique la banque britannique.

Les producteurs américains de pétrole de schiste, qui ont assuré le gros de la croissance de l'offre (97% du total sur la période 2014-2024) commencent déjà à ralentir la cadence, en raison notamment de coûts plus élevés, souligne l'établissement.

Au passage, Barclays souligne que la construction à la vitesse grand V de centre de données dans le monde crée une hausse structurelle de la demande d'électricité et donc de gaz naturel.

Autant d'éléments qui, selon la banque, doivent inciter les investisseurs à se renforcer dans un secteur qui, malgré sa récente hausse, reste bon marché, s'échangeant en moyenne 8,4 fois les bénéfices attendus sur douze mois.

Julien Marion - ©2026 BFM Bourse
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