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TOTALENERGIES

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Totalenergies : Malgré un bénéfice net ajusté attendu en hausse de plus de 80%, Totalenergies risque de ne pas emballer la Bourse avec ses résultats qui seront publiés jeudi

Aujourd'hui à 16:42
Totalenergies pourrait annoncer des résultats en forte hausse

(BFM Bourse) - Avec la hausse des cours du pétrole au deuxième trimestre, tirés par le conflit en Iran, la major pétrolière publiera un bénéfice net ajusté attendu proche de 7 milliards de dollars contre 3,58 milliards un an plus tôt, au deuxième trimestre. Mais le groupe risque de pâtir de la comparaison avec ses grands rivaux.

Plus importants pourvoyeurs de bénéfices du CAC 40 - quoique devancé l'an passé par BNP Paribas - Totalenergies s'apprête à dévoiler ses comptes du deuxième trimestre.

La publication de la major pétrolière tricolore est attendue jeudi 23 juillet aux alentours de 8h. Le groupe basé à La Défense a toutes les chances de publier une envolée de ses bénéfices. Au premier trimestre, le bénéfice net ajusté avait bondi de 29% à 5,4 milliards de dollars tandis que le bénéfice net consolidé avait grimpé de 51% à 5,8 milliards de dollars.

La guerre au Moyen-Orient a provoqué une importante envolée des cours du pétrole, le marché redoutant des perturbations sur l'offre. Totalenergies a d'ailleurs été directement affecté par ce conflit.

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Plus de 6 milliards de dollars de bénéfices sur un trimestre

Le groupe avait annoncé avoir interrompu les opérations sur l'équivalent de 15% de sa production totale, ces arrêts étant localisés au Qatar, en Irak et aux Émirats arabes unis. Cependant, l'entreprise expliquait que sa production au Moyen-Orient génère moins de cash que celle en dehors de cette région, en raison d'une taxation plus élevée. Si bien que les 15% évoqués plus haut ne représentent que 10% de son flux de trésorerie opérationnel.

Surtout la hausse des cours du pétrole compense largement ce manque à gagner. Le groupe indiquait qu'une progression de 8 dollars le baril "suffirait à compenser le flux de trésorerie d'exploitation (CFFO) prévu pour 2026 provenant de nos actifs offshore en Irak, au Qatar et aux Émirats arabes unis, à un prix de 60 dollars le baril".

Au deuxième trimestre, le cours moyen du Brent, la référence internationale des prix du baril, s'est inscrit en moyenne à 103,8 dollar le baril, largement plus que les quelque 67,9 dollar le baril de la même période de 2025.

Si bien que les bénéfices de Totalenergies ont, donc, de bonnes chances d'avoir bondi. Les analystes ne font pas de prévision du résultat net, cet agrégat pouvant être affecté par des éléments exceptionnels par essence difficilement prévisibles voire imprévisibles.

Pour le résultat net ajusté, Bank of America mentionne un consensus (la prévision moyenne des analystes) Visible Alpha de 6,99 milliards de dollars quand Royal Bank of Canada évoque un consensus de 6,57 milliards de dollars.

De tels chiffres traduiraient des bonds du bénéfice net ajusté de respectivement 95% et 83,5% par rapport aux 3,58 milliards de dollars dégagés au deuxième trimestre 2025.

Malgré ce bond impressionnant, Totalenergies risque de décevoir et de pâtir de la comparaison avec ses grands rivaux (Shell, BP, ExxonMobil). Selon les prévisions de Citi, les bénéfices nets ajusté d'ExxonMobil, Shell et BP devraient afficher des hausses respectives de 110%, 105% et 100%.

Des indications décevantes

Par ailleurs, Totalenergies constitue un cas un peu particulier sur le CAC 40. Avec Sanofi, le groupe pétrolier est l'une des rares sociétés à donner des données clef de marché peu avant ses comptes trimestriels.

Le 16 juillet, le groupe pétrolier avait ainsi livré ses indicateurs de marché pour le deuxième trimestre. Le groupe a, par exemple, donné le prix de vente moyen de ses liquides (comme le pétrole) de 91,6 dollars le baril sur la période. La société a aussi précisé attendre une production d'hydrocarbures pour le trimestre proche de 2,4 millions de barils équivalent par jour.

La société a également prévenu que le flux de trésorerie et les résultats de sa division de gaz naturel liquéfié (GNL) "(étaient) attendus en baisse significative, affectés par une contreperformance des activités de négoce de gaz dans un marché globalement flat, voire baissier, en Europe, alors qu’elles avaient surperformé au premier trimestre".

Par ailleurs, une partie importante de la production dans la région au Moyen-Orient, qui a repris au mois de juin, n'a pas pu faire l'objet d'enlèvements au cours du trimestre.

"Les indications de Totalenergies pour le deuxième trimestre s'avère légèrement inférieures aux attentes du marché, les progrès enregistrés dans le secteur 'aval' (amélioration des marges dans le raffinage et la pétrochimie, effet saisonnier dans la commercialisation des carburants) ayant été contrebalancés par la faiblesse des activités de négoce de gaz (imputable à la baisse des prix du gaz en Europe)" et par les problèmes sur l'enlèvement de la production avait écrit Citi.

Royal Bank of Canada a remarqué la semaine dernière que le prix moyen des ventes de liquides s'est inscrit sous les prévisions du consensus à hauteur de 9 dollars.

"La performance commerciale sur le trading s'avère mitigée: le négoce de pétrole est resté aussi solide qu'au premier trimestre, mais le négoce de gaz a nettement sous-performé. Ce dernier résultat est décevant par rapport à Shell, qui a prévu des profits bien plus élevés dans le négoce de gaz", développe HSBC.

In fine, UBS note que le groupe publiera des résultats "plus faibles qu'attendu (auparavant). Royal Bank of Canada retient un bénéfice net ajusté largement inférieur au consensus, de 5,87 milliards de dollars, pour le deuxième trimestre.

"Totalenergies a constitué une anomalie par rapport aux grands acteurs du secteur ce trimestre, avec une exposition relativement moindre aux segments où les conditions de marché étaient les plus favorables, notamment le JKM (le gaz naturel liquéfié asiatique, NDLR), tandis que les marges de raffinage ont également été plus faibles", prévient Royal Bank of Canada.

"Bien que la production en amont ait constitué un point positif au cours du trimestre, nous pensons que les investisseurs se concentreront sur la faiblesse des prix de vente ainsi que sur la sous-performance notable du négoce de gaz par rapport à ses concurrents lors de la publication des résultats du deuxième trimestre 2026", poursuit la banque.

À voir donc si Totalenergies déjouera les pronostics, jeudi. Outre les résultats du groupe, le marché prêtera une nouvelle fois attention à la distribution (rachats d'actions, dividendes). Les analystes tablent sur des rachats d'actions d'environ 1,5 milliard de dollars.

Julien Marion - ©2026 BFM Bourse
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