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SOCIETE GENERALE

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Societe generale : Kerviel chez les juges, la polémique continue

lundi 28 janvier 2008 à 18h20
BFM Bourse

PARIS (Reuters) - Jérôme Kerviel, le trader que la Société générale rend responsable d'une perte record de 4,9 milliards d'euros, est dans l'attente d'une mise en examen tandis que la polémique continue d'enfler autour des responsabilités dans cette affaire.

L'action Société générale a encore perdu 3,82% à 71,05 euros à la Bourse de Paris, portant ses pertes à 28,5% depuis le début de l'année.

Le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire contre le jeune homme de 31 ans qui s'était spontanément présenté aux autorités samedi et a requis son placement en détention provisoire, a annoncé le procureur Jean-Claude Marin.

Deux juges d'instruction financiers, Renaud Van Ruymbeke et Françoise Desset ont été saisis de l'enquête, a-t-on appris à la présidence du tribunal.

Le procureur a révélé que le marché des dérivés Eurex, sur lequel Kerviel avait pris d'importantes positions, avait alerté la Société générale en novembre dernier des agissements du trader, qui aurait alors produit un faux document censé attester de la couverture du risque.

Selon le magistrat, le jeune homme a dit aux policiers avoir agi seul depuis deux ans, investissant au-delà des autorisations et dissimulant ses actions. Il a assuré avoir été animé par un souci strictement professionnel et affirmé que d'autres traders faisaient la même chose à la Société générale.

"Il espérait apparaître comme un trader d'exception, un anticipateur de marchés", a ajouté Jean-Claude Marin.

Saisi de deux plaintes, de la banque et d'un petit porteur, le parquet retient les charges de "tentative d'escroquerie, abus de confiance aggravé, faux et usage de faux, introduction dans un système de traitement automatisé de données".

SEPT ANS DE PRISON ET 750.000 EUROS D'AMENDE

Ces délits cumulés sont passibles au maximum de sept ans de prison et 750.000 euros d'amende.

Le magistrat a confirmé que Jérôme Kerviel avait opéré sur des contrats à terme liés à des indices boursiers européens et qu'il avait failli gagner son pari. De fait, ses positions astronomiques de 50 milliards d'euros - l'équivalent du PIB du Maroc - avaient virtuellement fait gagner 1,4 milliard d'euros à la banque au 31 décembre 2007, et elles étaient encore créditrices trois jours avant sa liquidation.

Me Christian Charrière-Bournazel, avocat de Jérôme Kerviel, fait ainsi valoir que c'est la Société générale qui a matérialisé la perte en décidant de liquider les positions en début de semaine dernière, alors que les marchés étaient en train de chuter.

Christian Noyer, le gouverneur de la Banque de France, a défendu l'attitude de la Société générale en expliquant que l'établissement avait eu raison de liquider sans attendre la position frauduleuse dès lors qu'elle avait été découverte.

"La position était de 50 milliards. A partir du moment où le président (de la banque) connaissait cette position, cela devenait sa position", a-t-il expliqué.

"Cette décision est probablement la seule qui pouvait être prise pour s'assurer que l'établissement ne courrait pas aussi longtemps un risque dramatique", a-t-il ajouté.

La ministre de l'Economie Christine Lagarde a précisé qu'elle remettrait vendredi au Premier ministre François Fillon le rapport qu'il lui a demandé sur l'affaire. Il portera, a-t-elle dit, sur "le déroulé chronologique des faits", "pourquoi les contrôles n'ont pas marché", de quelle manière il convient de "mieux réguler ce type d'activité" et enfin sur le point de savoir si la Société générale a respecté le règlement bancaire et boursier, avant de rendre la fraude publique.

ÉVITER LES FUITES

Christian Noyer a révélé avoir été informé de l'affaire le dimanche 20 janvier mais n'en avoir fait part au gouvernement que le mercredi, pour éviter des fuites pendant le débouclage des positions frauduleuses. Il a ajouté que la Commission bancaire, qu'il préside, remettrait des premiers éléments d'information à Christine Lagarde dans la semaine.

Didier Migaud, président de la commission des Finances de l'Assemblée, a fait savoir que sa commission voulait auditionner les principaux acteurs du dossier et il a souhaité un renforcement des mécanismes de contrôle des produits financiers.

Le président de la Société générale, Daniel Bouton, a déclaré que sa démission était "toujours sur la table" bien qu'elle ait été refusée par son conseil d'administration après la découverte de la fraude.

L'action Société générale a poursuivi sa dégringolade à la Bourse de Paris, terminant à 71,05 euros après un plus bas en séance de 66,80. Par rapport au plus haut des 12 derniers mois (162 euros le 20 avril 2007), la baisse atteint 56%.

Le titre recule à l'approche de l'augmentation de capital de 5,5 milliards d'euros annoncée par SocGen pour restaurer ses fonds propres - les analystes s'attendent à un prix de 50 à 65 euros, voire moins, pour cette opération que la banque se doit à tout prix de réussir - mais aussi en raison du sentiment que les perspectives de la banque sont durablement dégradées.

Les analystes ne croient plus au scénario d'une OPA, d'autant que la crise des subprimes, qui a coûté deux milliards d'euros à la banque, réduit aussi les moyens de prédateurs éventuels.

Véronique Tison

Copyright (C) 2007-2008 Reuters

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