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SOCIETE GENERALE

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Societe generale : Fraudeur génial ou bouc émissaire, le mystère kerviel

dimanche 27 janvier 2008 à 15h00
Fraudeur génial ou bouc émissaire, le mystère kerviel

PARIS (Reuters) - Décrit par le gouverneur de la Banque de France comme un génie de la fraude et du piratage informatique, par ses proches comme le bouc émissaire des dérives de la finance, Jérôme Kerviel offre à la justice l'une des énigmes les plus profondes de son histoire récente.

"Un terroriste, un escroc, un fraudeur", a dit de lui le président de la Société générale, Daniel Bouton.

"C'est un garçon comme il faut et qui n'est pas, selon moi, responsable de ce qu'on lui reproche. On lui fait porter un chapeau bien trop large pour lui", dit un membre de sa famille qui veut garder l'anonymat.

L'anonymat est en tout cas terminé à jamais pour ce jeune homme de 31 ans, dont la photo, extraite d'un site internet professionnel, a fait la "une" de tous les journaux mondiaux. Elle montre une homme brun, aux traits fins et à l'air sombre.

C'est lui qui, en misant 50 milliards d'euros sur la table de la finance mondiale, tout en se cachant de ses dirigeants pendant un an, aurait provoqué une perte historique de près de cinq milliards, contribué à déstabiliser les marchés lors du "mini-krach" récent et amené l'ensemble des dirigeants politiques à envisager un encadrement de la finance.

La direction de la banque ne lui impute aucun enrichissement personnel et ses motivations restent mystérieuses.

S'il n'est pas apparu en public depuis sa mise en cause publique par la direction de la banque jeudi, et semble avoir sous-loué son logement de Neuilly depuis un long moment, il ne s'est pas dérobé et il s'est présenté spontanément à la police financière samedi, où il "coopère", dit-on de source judiciaire.

Depuis la découverte de la "fraude" que lui impute son employeur et sa mise à pied le week-end dernier, le jeune homme ne va pas bien. Sa mère, qui vit à Pont l'Abbé, dans le Finistère, l'aurait rejoint à Paris, dit son entourage.

ÉTUDIANT TRAVAILLEUR

D'origine bretonne, il est né dans la classe moyenne, sa mère tenant un salon de coiffure à Pont l'Abbé. Son père, qui travaillait dans un centre d'apprentissage près de Quimper, serait décédé d'un cancer du foie il y a quelques années. Outre Jérôme, le couple a eu un autre fils.

Le trader travaillait pour la Société générale depuis 2000. Après une licence à Nantes, il a obtenu un DESS "Management des opérations de marché back et middle office" à l'Université Lyon-II en septembre 2000, une formation en alternance, quatre mois à l'université et huit mois en entreprise.

Un de ses enseignants de Lyon, André Tiran, a évoqué ces derniers jours un "étudiant sans problèmes, totalement normal" qui travaillait dur et avait de bon résultats.

Selon son CV publié par la presse, Jérôme Kerviel est un passionné de voile et de judo. En 2001, lors des dernières élections municipales, il figurait en position non éligible sur la liste du maire UMP sortant, Thierry Mavic.

A Neuilly, où il habite, les femmes l'ont remarqué. "Très beau et très froid, un bel homme, musclé, sportif", a dit à Reuters Isabelle Thomas, qui explique qu'elle vit dans l'appartement en-dessous de celui de Jérôme Kerviel.

A la Défense, ses collègues se sont vu interdire par la direction de parler de lui. Ceux qui acceptent néanmoins de le faire parlent d'un homme solitaire, qui n'avait pas pris de vacances depuis longtemps, restait tard au bureau.

"C'était juste un type normal. Quand j'arrivais le matin, il était là et quand je partais le soir il était toujours là. Ce n'était pas un génie ou quoi que ce soit dans ce genre. Il travaillait beaucoup"., dit un collègue.

Il gagnait 100.000 euros par mois, salaire conséquent mais sans rapport avec les gains fastueux atteints par les hauts techniciens de la finance.

Avant d'être trader, il avait travaillé d'abord dans le "middle office", l'un des départements qui contrôlent les traders, ce qui lui aurait permis de connaître les systèmes de sécurité que la banque affirme qu'il a déjoués.

Lundi, Jérôme Kerviel pourrait être mis en examen, voire envoyé en prison.

Thierry Lévêque, Julien Toyer, François Murphy, Astrid Wendlandt, Brian Rohan, Pierre-Henri Allain La garde à vue de Jérôme Kerviel, le trader accusé par la Société générale d'une perte historique de 4,9 milliards d'euros, a été prolongée dimanche pour 24 heures à la brigade financière. /Photo d'archives/REUTERS/HO

Copyright (C) 2007-2008 Reuters

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