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Scor se : La bataille boursière entre Covéa et Scor vire à la guerre judiciaire

mardi 29 janvier 2019 à 16h41
Scor s'est toujours opposé à l'OPA de Covéa

(BFM Bourse) - Le titre Scor, qui avait grimpé après la divulgation du projet de rachat par Covéa, flanche en Bourse alors que l'assureur mutualiste a indiqué, en pleine séance, que ce projet n'était plus d'actualité. Opposé dès le départ à ce rapprochement, Scor veut passer à l'action au plan judiciaire en accusant notamment d'abus de confiance le PDG de Covéa, précédemment administrateur de la société de réassurance.

Le torchon brûle entre le réassureur Scor et le groupe Covéa, dont les relations n'étaient déjà pas au beau fixe. L'abandon, annoncé en pleine séance, du projet de rapprochement initié par Covéa précipite le titre Scor en baisse de 12,24% à 36,14 euros vers 15h30, soit 18% en-dessous de son dernier sommet et au plus bas depuis la révélation surprise de la convoitise de Scor le 4 septembre 2018 (le titre avait clôturé à 35,45 euros à la veille de cette annonce et monté jusqu'à un plus haut depuis 2003 à plus de 43 euros en novembre).

Mais le feuilleton ne s'arrête pas là puisque Scor entend maintenant porter l'affaire en justice. En effet, le groupe mutualiste Covéa (réunissant Maaf, MMA et GMF) est le premier actionnaire de Scor (avec 7,67% des parts au dernier pointage), étant entré au capital en 2003 pour se renforcer en 2016 via le rachat des parts de Sompo Japan Nipponkoa. Et son PDG Thierry Derez est entré au conseil d'administration (il participait au comité stratégique, au comité des risques ainsi qu'à celui des des rémunérations et des nominations) en 2013 avant d'être renouvelé en 2017 en principe pour un mandat arrivant à échéance en 2021.

Le patron de Covéa accusé de conflit d'intérêts par Scor

Un conflit a toutefois éclaté en septembre dernier lorsque Covéa a indiqué "pour la bonne information des marchés" avoir proposé quelques jours auparavant un rapprochement au moyen d'une OPA à 43 euros par action Scor, sous réserve que le conseil d'administration de Scor recommande cette offre, mais s'être vu opposer un refus de Scor d'entrer en discussions. Un rejet conduisant "en l’état de la situation", au retrait du projet d’offre, Covéa réaffirmant néanmoins "son intérêt pour une opération amicale avec Scor".

Après plusieurs échanges par communiqués interposés, le conseil d'administration de Scor a décidé le 21 septembre de déclarer Thierry Derez "en situation de conflit d'intérêts général avéré" en lui demandant de démissionner, affirmant que "le mode opératoire et les modalités selon lesquels Thierry Derez et Covéa ont préparé, soumis et rendu public la proposition de rapprochement du 24 août dernier ainsi que leurs marques d'intérêts renouvelées ne peuvent qu'être considérés comme hostiles, inamicaux, et perturbent fortement le fonctionnement de la société". Ce dernier a finalement été contraint de démissionner le 13 novembre, après que Scor eut saisi le Haut comité de gouvernement d'entreprise (HCGE), une instance chargée de faire respecter le code Afep-Medef.

Un communiqué qui met le feu aux poudres

Ce mardi, Scor a pris connaissance "avec stupeur" du communiqué de Covéa diffusé "pendant les heures de cotations" pour indiquer que le projet de rapprochement ne faisait plus partie de ses priorités stratégiques, ce qui a brutalement entraîné la chute du cours de Scor peu après 12h30.

"Depuis la fin du mois d’août 2018, Scor a de sérieux doutes sur les intentions et le comportement de Thierry Derez et de Covéa. Il s’avère que ces doutes étaient fondés", indique le réassureur, qui se dit contraint à engager des actions judiciaires devant le Tribunal correctionnel de Paris à la fois contre Thierry Derez pour abus de confiance et contre Covéa pour recel d'abus de confiance.

Les banques Barclays et Rothschild devraient quant à elles faire l'objet une action en responsabilité civile, contre Rothschild en France, et contre Barclays, devant la High Court of Justice de Londres, pour violation grave de la confidentialité et du secret des affaires de Scor ("breach of confidence and trade secret"). A contrario, Scor salue la décision de Credit Suisse qui s'est retiré, pour des raisons liées au respect de la conformité et des lois et règlements en vigueur, des préparatifs du projet de Covéa.

Violation du secret des affaires

Scor menace également Covéa et son PDG d'actions en responsabilité civile, le dirigeant pour violation de ses obligations légales et fiduciaires en tant qu'administrateur de Scor (notamment en matière de loyauté, conflit d'intérêts et confidentialité) ainsi que de violation du secret des affaires de l'entreprise, et Covéa pour avoir directement participé et bénéficié de ces manquements.

"Le groupe Scor dénonce vivement les fautes graves commises par Monsieur Thierry Derez et par Covéa. Il reste pleinement déterminé à faire valoir ses droits. Le groupe reste entièrement mobilisé pour défendre son indépendance et son autonomie et poursuivre son développement créateur de valeur", conclut Scor dans son communiqué.

Guillaume Bayre - ©2020 BFM Bourse
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