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SBF 120

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Sbf 120 : Les dividendes des sociétés du SBF 120 amputés de moitié en 2020

dimanche 26 avril 2020 à 11h45
Les dividendes du SBF 120 pourraient être réduits de moitié

(BFM Bourse) - Les grands groupes français constituant l'indice large SBF 120 devraient renoncer à verser 34 milliards d'euros de dividendes au titre de leur exercice 2019, selon une étude d'IHS Markit. Et l'hypothèse d'assister à une reprise dès l'année prochaine apparaît bien téméraire.

Sur les 67,5 milliards d'euros de dividendes initialement annoncés par les groupes du SBF 120 au titre de leur exercice 2019 -donc versés généralement en 2020- les actionnaires ne devraient finalement toucher que 33,3 milliards d'euros, selon une étude de Clara Besson, analyste chez le fournisseur de données IHS Markit. Entre les problèmes de trésorerie liés à l'arrêt de l'activité et les recommandations du gouvernement (Bercy a conditionné les aides publiques au non-versement de dividendes) ou de l'Afep (l'Association française des entreprises privées, qui a appelé ses adhérents à "être exemplaires"), les sommes distribuées par les entreprises du SBF 120 devraient pratiquement divisées par deux par rapport à l'année dernière (64,5 milliards d'euros).

Parmi les autres orientations réglementaires ayant incité les entreprises à limiter leur distribution, "la BCE et l'AEAPP (Autorité européenne des assurances et des pensions professionnelles) ont demandé aux banques et aux assureurs de ne pas verser de dividendes, au moins avant le 1er octobre 2020. Suivant ces recommandations, BNP Paribas, Crédit Agricole, Amundi, Natixis, Société Générale, CNP assurance et Coface ont annoncé la suspension des versements, pour un montant total d'environ 9 milliards d'euros. Si Axa fait de la résistance et s’est contenté, pour l'heure, de décaler son assemblée générale au 30 juin prochain, Clara Besson juge probable que l'assureur finisse par céder et renoncer à verser les 3,2 milliards d'euros de dividendes annoncés.

L'État français a par ailleurs demandé aux entreprises dont il est actionnaire (EDF, Engie, Thales, etc.) de s'abstenir de verser des dividendes pour le moment en signe de solidarité et de responsabilité sociale. Et le gouvernement fait par ailleurs pression sur d'autres groupes pour qui'ils réduisent leur dividende d'au moins 30%. Ce à quoi ont favorablement répondu de grands pourvoyeurs tels que LVMH, Carrefour, Hermès, Icade, Suez Environnement, Orange et Gecina, note Clara Besson.

D'autres, encore, ont renoncé pour raisons économiques. C'est notamment le cas des entreprises des secteurs du voyage et des loisirs, confronté à un arrêt quasi-complet de leur activité. "Accor, Airbus, Dassault Aviation, Safran, Renault, Bouygues ou encore Eiffage ont ainsi retiré des propositions de dividendes représentant environ 4 milliards d'euros en 2020" relève l'analyste. EssilorLuxottica et Engie ont pour leur part invoqué la préservation de leurs liquidités et la flexibilité financière pour suspendre leur dividende.

Rares sont les groupes comme Vivendi (+20%) ou Sanofi (+3%) qui avaient décidé d'augmenter leur dividende et vont apparemment s'y tenir.

Si la récession est temporaire, les dividendes devraient rebondir de 56% en 2021

Après les vaches maigres de 2020, les actionnaires peuvent tout de même se consoler en pensant à de meilleurs lendemains. Clara Besson prévoit en effet "que le dividende global du SBF 120 se redressera en 2021 pour s'élever à environ 52 milliards d'euros". Si elle ne s'attend pas "à une reprise complète", c'est qu'elle anticipe que "les dividendes des banques devraient être réduits, limités par les règlements de la BCE et son objectif de stimuler l'économie par le biais de prêts à destination des entreprises".

Si le montant global des dividendes ne devrait donc pas retrouver dès 2021 le niveau qu'on avait connu l'an dernier, la reprise devrait être "soutenue par le secteur des soins de santé, les entreprises de luxe ainsi que les assureurs et les services publics" avance l'analyste. Elle prévoit notamment une hausse de 8%, en moyenne, pour le compartiment du luxe (LVMH, Kering, Hermès, Dior)".

Enfin, le contexte sur le marché pétrolier fait peser, selon elle, un risque baissier sur le dividende de Total, premier dispensateur de dividendes (de loin) du SBF 120 avec plus de 7 milliards d'euros. Clara Besson estime que la persistance des prix bas des barils va pousser la direction à reconsidérer sa politique de dividendes, jusqu'ici augmentés régulièrement de l'ordre de 5 à 6% par an. Si la crise économique mondiale venait à se prolonger, elle pense que l'entreprise réduira drastiquement ses versements - d'au moins 50%.

Quentin Soubranne - ©2020 BFM Bourse
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