(BFM Bourse) - Le constructeur automobile allemand premium a été contraint d'abaisser ses objectifs pour 2026, citant des coûts plus élevés qu'attendu et un marché chinois en chute libre. Renault et Stellantis sont également à la peine à la suite de cette annonce.
En quasi-capitulation boursière cette année - l'indice sectoriel "Stoxx Europe Auto and Parts" abandonne 22,6% - l'automobile européenne essuie un nouveau séisme dont elle se serait évidemment bien passée.
Cette fois, l'épicentre se situe du côté de Mercedes-Benz, qui avait pourtant bien réussi la précédente saison des résultats.
Le groupe allemand est venu rejoindre la liste des groupes du secteur qui ont passé un avertissement sur résultats en 2026, comme BMW et Volkswagen (deux fois).
Le constructeur premium a sabré ses objectifs pour 2026. La société anticipe une marge opérationnelle de sa division d'automobile comprise entre 2% et 3% contre 3% à 5% précédemment, un résultat opérationnel en ligne avec celui de l'an passé, alors que le groupe visait une amélioration "importante" précédemment, et un flux de trésorerie nettement en repli sur un an (contre en légère baisse auparavant).
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Un avertissement "très décevant"
La société a invoqué un "environnement de marché de plus en plus difficile en Chine" mais aussi des coûts plus élevés au quatrième trimestre, notamment au niveau des matières premières.
Il s'agit d'un avertissement sur résultats "très décevant", déplore Mercedes-Benz. La société avait mis la barre basse dans ses prévisions et pourtant elle a quand même souffert de conditions plus difficiles qu'elle s'y attendait, tranche la banque américaine.
"De toute évidence, la situation en matière de ventes mondiales (Chine) et de coûts est nettement moins favorable qu'au début de l'année 2026. Quoi qu'il en soit, Mercedes-Benz devra expliquer comment elle compte ramener ses marges à un niveau plus acceptable", poursuit Citi.
À la Bourse de Francfort, Mercedes-Benz chute de 3,3% vers 16h30 après avoir perdu 5% au plus bas de la séance.
La chute de Mercedes met sous pression les autres groupes automobiles cotés. Renault abandonne 0,8% après avoir chuté de 3,4% en début de matinée, Stellantis gagne 0,8% mais chutait de plus de 2,3% en début de séance, tandis que Volkswagen est stable après avoir perdu jusqu'à 2,7%.
Ces entreprises ont pourtant des modèles économiques différents de Mercedes-Benz, davantage "mass market" et avec une présence faible (Stellantis) ou inexistante (Renault) en Chine.
La concurrence chinoise effraie
"Le nouvel avertissement sur résultats de Mercedes, après BMW, Porsche et VW, accentue le sentiment déjà très négatif des investisseurs et du marché vis-à-vis des valeurs des OEMs (les constructeurs, NDLR) et du secteur auto de manière générale", souligne Adrien Brasey, analyste chez le bureau d'études indépendant Alphavalue.
Un autre élément peut peser sur l'ensemble des titres automobiles, selon cet expert. L'avertissement de Mercedes met en valeur la faiblesse du marché chinois, ce qui laisse craindre des répercussions sur le marché européen.
"Avec une surcapacité proche de 50% et un marché domestique en recul d'environ 20% sur un an, les constructeurs chinois n'ont d'autre choix que d'exporter leurs véhicules à l'international, le plus souvent avec un objectif de gains de parts de marché et donc une politique de prix très agressive. Cela laisse présager une pression accrue sur les prix en Europe, mais aussi sur tous les autres marchés où ces constructeurs sont présents : Amérique du Sud, Asie (Inde) ou encore Afrique", explique Adrien Brasey.
Les constructeurs chinois grignotent des parts de marchés en Europe. Selon Bernstein, les marques chinoises ont atteint une part de 10,7% du marché des voitures particulières en Europe occidentale au deuxième trimestre 2026.
En septembre, la banque allemande Berenberg redoutait que le secteur reste encore convalescent en Bourse ces prochains mois. "Le chemin vers un optimisme généralisé à l'égard du secteur automobile reste semé d'embûches, la Chine, les risques géopolitiques et les pressions inflationnistes venant s'ajouter à une faible visibilité sur les résultats, à une surcapacité persistante et à une concurrence qui s'intensifie", résumait l'établissement d'outre-Rhin.
"Les volumes et les prix des constructeurs européens devraient continuer à baisser à mesure que la concurrence chinoise s'intensifie, soutenue par un avantage croissant en termes de coûts des véhicules électriques, lié aux économies d'échelle", jugeait de son côté Morgan Stanley dans une récente note.
Face à cette concurrence accrue, "les constructeurs européens doivent investir pour réduire leurs capacités de production, recentrer leurs portefeuilles de marques, raccourcir les délais de mise sur le marché et combler l'écart de coûts avec leurs homologues chinois", considérait encore la banque américaine.
Volkswagen a notamment enclenché une restructuration massive, avec à la clef 100.000 suppressions de postes en cumulé pour dégager 30 milliards d'euros d'économies.
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