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Renault : Renault ne verra pas ses marges rebondir et le redressement de Stellantis va prendre plus de temps, prédit Berenberg, les deux actions chutent

Aujourd'hui à 15:49
Renault souffre en Bourse

(BFM Bourse) - Dans une note, la banque allemande a abaisse son opinion à "conserver" sur Stellantis et prévenu que Renault fera face à une intensification de la concurrence chinoise qui pèsera sur sa rentabilité.

Le secteur automobile souffre une nouvelle fois en Bourse, ce mercredi 16 septembre. Volkswagen perd 2,6% à Francfort en milieu d'après-midi, Mercedes-Benz chute de 2,7% et BMW cède 1,8%.

À Paris, Renault chute de 4,7% et Stellantis dérape de 2,5%. Ces mouvements surviennent alors que Berenberg a écrit la veille au soir une note sectorielle dans laquelle la banque allemande émet un nouveau signal de prudence sur le compartiment.

"Le chemin vers un optimisme généralisé à l'égard du secteur automobile reste semé d'embûches, la Chine, les risques géopolitiques et les pressions inflationnistes venant s'ajouter à une faible visibilité sur les résultats, à une surcapacité persistante et à une concurrence qui s'intensifie", résume l'établissement d'outre-Rhin.

Berenberg reconnaît toutefois que les constructeurs automobiles ont pris certains problèmes à bras le corps, notamment via d'importantes restructurations. Volkswagen a par exemple annoncé au début du mois 100.000 suppressions de postes d'ici à la fin de la décennie. L'Union européenne pourrait, par ailleurs prendre, des mesures protectionnistes à l'égard de la concurrence chinoise pour protéger les acteurs européens.

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Stellantis à la recherche des parts de marché perdues

Dans cette même note, Berenberg a abaissé son conseil sur Stellantis, passant d'"acheter" à "conserver" sur l'action.

Cette dégradation d'opinion vient s'ajouter à une véritable salve survenue ces récentes semaines à la suite de ses résultats du premier semestre qui ont montré combien le groupe peinait à rehausser ses marges.

La rentabilité en Amérique du Nord, sa région clef, a ainsi déçu. Le taux de marge opérationnelle courante s'est inscrit à 1,8% quand les analystes espéraient un chiffre plus proche de 2,4%. "Les progrès sont lents, le chemin à parcourir est encore long et on attend toujours des preuves plus solides…", avait déploré Oddo BHF.

Berenberg avance que la reprise aux États-Unis du groupe mettra plus de temps que prévu à se matérialiser. Sur les quatre dernières années, le groupe issu de la fusion entre Fiat Chrysler et Peugeot SA a perdu 4 points de pourcentage de part de marché aux États-Unis. Les futurs lancements, notamment les modèles à base de moteurs très puissants V8 devraient l'aider à récupérer la moitié de ces parts, prévoit Berenberg.

L'établissement constate, comme les autres analystes, que "l'amélioration des marges (en Amérique du Nord, NDLR) a pris du retard par rapport à la reprise des volumes, soulève des questions légitimes quant à l'évolution des marges au second semestre, d'autant plus que la réduction des stocks risque de peser sur les volumes".

"La direction a mis en avant l’amélioration des prix en Amérique du Nord, la stabilisation des prix en Europe et l’accélération des économies de coûts comme principaux facteurs compensatoires, mais nous estimons que cela laisse peu de marge pour une éventuelle déception compte tenu de l’intensification des pressions sur les matières premières et de conditions tarifaires toujours concurrentielles, notamment en Europe", développe encore la banque.

Renault fait ce qu'il peut

Pour Renault, Berenberg reste à "conserver". L'établissement reconnaît que le groupe au losange "continue de bien exécuter dans les domaines qu'il peut contrôler", comme le développement des produits, les réductions de coûts, les partenariats ou l'agilité en matière de coûts.

Mais les vents défavorables sur le marché "sont en train de s'intensifier" pour le groupe, écrit Berenberg.

"L'intensité de la concurrence en Europe (notamment de la part des équipementiers chinois) s'accentue, exerçant une pression structurelle sur les marges. Dans ce contexte, nous estimons que Renault a peu de chances de voir son cours remonter tant que ses marges ne se seront pas stabilisées ou redressées, ce qui pourrait ne pas se produire à court terme", soutient l'établissement.

Berenberg prédit par ailleurs une année 2027 difficile pour la société. "La dynamique de Renault en matière de produits a été particulièrement forte entre 2022 et 2025, le rythme des lancements de nouveaux modèles ayant dépassé celui de ses principaux concurrents et favorisé une composition de gamme et des tendances de prix supérieures à celles du secteur", rappelle la banque allemande.

"En 2027, toutefois, cet avantage concurrentiel pourrait commencer à s'estomper à mesure que le rythme des lancements de produits se normalise et que la concurrence rattrape son retard", poursuit-elle. Par ailleurs la concurrence chinoise et les pressions sur les prix resteront élevées, aoute Berenberg.

Julien Marion - ©2026 BFM Bourse
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