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Renault : Porté en Bourse par l'accord entre Bruxelles et Pékin, Renault (+2,3%) va-t-il maintenir ses objectifs pour 2026 ou les abaisser ?

Aujourd'hui à 11:47
Renault monte en Bourse

(BFM Bourse) - L'action du constructeur au losange évolue en nette hausse ce lundi 12 octobre, soutenu par l'accord noué entre Pékin et Bruxelles au sujet des véhicules hybrides. En parallèle, le débat est ouvert quant à la capacité du groupe à maintenir ses objectifs pour l'année en cours.

Malmené en Bourse depuis le début de l'année, avec une chute de son action de 23% depuis le 1er janvier, Renault reprend un peu de carburant en Bourse, ces dernières séances.

Après avoir gagné 1,8% vendredi, le constructeur au losange s'adjuge 2,2% ce lundi 12 octobre, signant la deuxième plus forte hausse du CAC 40. Le groupe basé à Boulogne-Billancourt n'est devancé que par Stellantis (+2,8%).

Toutes les valeurs automobiles grimpent, en réalité, ce lundi. Les équipementiers Valeo (+2,6%) et Forvia (+3,7%) progressent, de même que Volkswagen (+1,4%).

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Accord entre l'Union européenne et la Chine

"Le vrai point sur la hausse des titres ce sont les annonces entre l'Union européenne et Pékin qui sont positives pour les constructeurs", explique un analyste.

Vendredi, le commissaire européen Maros Sefcovic a indiqué que Bruxelles et Pékin s'étaient mis d'accord pour prendre des mesures permettant in fine de "modérer" les exportations chinoises de véhicules hybrides et hybrides rechargeables vers l'Union européenne.

Plusieurs médias dont Bloomberg et l'Agence France Presse (AFP) ont rapporté que les deux parties s'étaient mis d'accord pour plafonner les exportations de véhicules hybrides chinois vers l'Union européenne à 350.000 à compter du 1er décembre. Ce plafond pourrait ensuite être relevé de 6% par an à compter de la deuxième année, et le mécanisme durerait quatre ans, d'après Bloomberg.

"Cela réduira de plus de moitié les exportations actuelles vers l'UE, qui devraient atteindre les 800.000 véhicules en 2026", a expliqué un responsable européen à l'AFP.

"Selon nous, cette annonce apparaît clairement positive pour le secteur et pourrait alléger sensiblement la pression sur les prix et les volumes des constructeurs généralistes européens. En effet, le dispositif couvre la plupart, voire l’ensemble, des motorisations hybrides et ne se limite pas aux seuls hybrides rechargeables, ce qui élargit considérablement son impact aux segments d’importation les plus dynamiques", explique le bureau d'études Oddo BHF dans une note.

"D’après nos estimations, ce quota limiterait les importations d’hybrides chinois à moins de 3,5% du marché européen des véhicules particuliers (hors Royaume-Uni), contre environ 10% anticipés auparavant", ajoute le bureau d'études, qui y voit également des éléments positifs pour les équipementiers automobiles.

Le courtier ajoute que l'attention va désormais se porter autour des discussion sur l'IAA (industrial accelerator act), un texte visant à instaurer un minimum de contenu localement produit en Europe dans la conception des véhicules, selon des critères à définir.

"Le niveau final d’exigence en contenu local constituera le principal déterminant de la redistribution de valeur au sein de la chaîne automobile. Plus ce seuil sera élevé, plus le potentiel de relocalisation de la production, de localisation des achats et d’opportunités de contenu additionnel pour les équipementiers européens sera important", explique Oddo BHF.

Pour revenir à Renault, le constructeur au losange constitue l'un des grands bénéficiaires des annonces entre l'Union européenne et la Chine. Son directeur général, François Provost, cité par Bloomberg, a qualifié l'accord d'"étape majeure" permettant d'envisager un futur pour l'industrie automobile européenne.

Abaissement ou maintien

Au-delà des annonces du jour, un point de débat existe autour du constructeur automobile: maintiendra-t-il ou abaissera-t-il ses objectifs 2026 lors de l'annonce de sa prochaine publication.

Le groupe au losange dévoilera ses revenus du troisième trimestre, le 29 octobre prochain. "Nous prévoyons que le troisième trimestre 2026 reflétera les tendances récentes observées sur le marché, ce qui implique une baisse des volumes, mais un chiffre d'affaires soutenu par une évolution favorable de la composition des ventes et par les ventes aux partenaires", anticipe Deutsche Bank. La banque anticipe des revenus globalement stables.

Surtout, la banque allemande prévient: "nous continuons de percevoir un risque que la fourchette d'objectifs soit révisée à la baisse pour arriver à 'une marge supérieure à 5%', par rapport à la fourchette actuelle dont la limite inférieure se situe autour de 5,5%".

Pour 2026, Renault compte parvenir à une marge opérationnelle d'environ 5,5% et générer un flux de trésorerie de l'automobile d'environ 1 milliard d'euros.

Plusieurs constructeurs ont déjà abaissé leurs objectifs cette année, dont Volkswagen (deux fois) et BMW.

Citi se montre plus constructive. "Alors que le moral des investisseurs ne pourrait être plus au plus bas, alors que presque tous les analystes estiment que Renault est voué à l'échec, il semble désormais probable que Renault soit l'un des rares constructeurs automobiles de l'Union européenne à ne pas publier d'avertissement sur résultats pour l'exercice 2026 — et à afficher l'une des marges opérationnelles les plus élevées du groupe. Comme les temps changent", explique la banque américaine.

Citi estime que le groupe maintiendra ainsi ses objectifs et démontre qu'il est "moins vulnérable" que ne le pense les investisseurs.

Le groupe de Boulogne-Billancourt a souvent été désigné comme une victime presque trop évidente de l'offensive des constructeurs chinois en Europe, où Renault réalise 70% de ses ventes.

Puisque leur marché domestique est saturé, les constructeurs chinois ont mis de grands moyens à l'export pour assurer leur croissance. Selon Barclays, leur part de marché a atteint 14% dans les cinq plus grands pays européens en septembre.

"Il y a un débat c'est sûr mais je pense qu'ils peuvent encore atteindre le bas de la fourchette (…) mais ce n'est pas gagné et tous les constructeurs ou presque ont déjà averti", tranche l'analyste anonyme précédemment cité.

Julien Marion - ©2026 BFM Bourse
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