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RENAULT

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Renault : Des robots humanoïdes, cap sur l'international, des lancements qui accélèrent... Le plan de Renault pour "prouver qu'il peut durer" ne convainc pas la Bourse à 100%

Aujourd'hui à 11:53
Renault à la relance?

(BFM Bourse) - Le groupe au losange a dévoilé au marché sa feuille de route à l'horizon 2030 qui n'a pas réservé de grande surprise aux investisseurs, le cap étant mis sur les lancements ainsi que sur l'expansion géographique en Inde, en Corée du Sud et en Amérique latine. L'exécution de ce plan sera clef pour les investisseurs.

La "Renaulution" est achevée pour Renault. Le groupe au losange est revenu du diable Vauvert grâce à ce néologisme qui décrivait le plan stratégique de Luca de Meo.

Parti dirigé Kering en septembre dernier, l'ex-pilote italien de Renault a réussi à remettre d'équerre le constructeur français qui avait enchaîné les tempêtes entre 2018 et 2022 (affaire Ghosn, échec de la fusion avec Fiat Chrysler, Covid-19, crise des semi-conducteurs, sortie de la Russie…).

Luca de Meo avait puisé son inspiration de PSA en privilégiant la valeur aux volumes tout en serrant les coûts. Renault a également réussi plusieurs lancements de nouveaux produits, notamment les modèles Dacia (Spring, Bigster) ou la récente R5 électrique.

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Ultra-fragilisé en 2020 (la banque Citi évoquait même à l'époque une recapitalisation), le groupe a depuis enregistré des résultats records en 2023 (pour la marge) et en 2024 (pour le résultat opérationnel).

Renault doit désormais un nouveau chapitre et cette fois sans Luca de Meo. Avec Renaulution "nous avons prouvé que nous pouvions gagner, nous devons maintenant que nous pouvons durer", a déclaré le nouveau directeur général, François Provost, un ancien lieutenant de Luca de Meo.

"futureREady"

D'où le nom du nouveau plan stratégique à l'horizon 2030 dévoilé par la société ce mardi 10 mars: "futureREady". Cette feuille de route présentée durant un "Strategy Day" doit permettre à Renault d'être "prêt pour faire face à tout ce qui pourrait se présenter sur notre chemin", a déclaré François Provost ce mardi aux analystes ainsi qu'à la presse.

Ce projet doit consacrer le groupe comme "le constructeur européen de référence" en développant "des automobiles très compétitives", a-t-il ajouté. Ce plan est basé sur "un optimisme pragmatique", a assuré le dirigeant.

Dans les faits, la direction de Renault avait déjà télégraphié les grandes lignes de ce plan. Les objectifs financiers pour 2030 avaient été présentés le mois dernier, lors de la publication des résultats annules, et ont été confirmés ce mardi.

La société vise une marge opérationnelle comprise entre 5% et 7% chaque année ainsi qu'un flux de trésorerie de l'automobile au moins égal à 1,5 milliard d'euros par an. Les revenus devraient progresser à un taux "mid single digit" (autour de 5%) tandis que le dividende doit progresser en valeur absolue.

En 2025, Renault a dégagé une marge de 6,3% et un flux de trésorerie de 1,47 milliard d'euros. Pour l'année en cours, la société entend atteindre une marge de 5,5% et un flux de trésorerie de l'automobile de 1 milliard d'euros.

François Provost avait également prévenu que ce plan mettra le cap sur l'internationalisation, la technologie ainsi que l'efficacité en termes de la production. Renault avait par exemple indiqué vouloir abaisser de 400 euros par an le montant des coûts variables par véhicule vendu, généraliser le temps de développement des nouveaux véhicules à deux ans, ou encore réduire d'un maximum de 40% les coûts d'entrée des nouveaux projets.

Le cours de Bourse monte

Bernstein considère d'ailleurs que les grands axes de "FutureREady" ne contiennent pas "de surprise majeure" pour les investisseurs.

À la Bourse de Paris, l'action Renault est stable vers 13h20. Signe que le marché grince un peu des dents, l'action sous-performe nettement le CAC 40 qui gagne 1,2% dans le même temps.

L'ensemble du marché parisien est porté par un regain d'appétit pour le risque après que Donald Trump a évoqué une potentielle fin du conflit en Iran. D'ailleurs Stellantis progresse de 3,3%, nettement plus que Renault.

L'articulation globale de la vision du groupe mérite pourtant l'attention. "La stratégie met l'accent sur une double approche: maintenir un noyau européen solide tout en accélérant l'expansion dans des pôles de croissance tels que l'Inde, l'Amérique du Sud et la Corée du Sud", explique Oddo BHF.

François Provost a évoqué un plan de croissance "équilibré d'un point de vue géographique" avec une Europe qui restera "la priorité" et la croissance qui proviendra donc des marchés émergents.

Le dirigeant a indiqué que l'Inde et l'Amérique latine représenteront "60% de la croissance des volumes des marchés où Renault est présent). Le groupe au losange a d'ailleurs rappelé qu'il se concentrerait sur 55% du marché mondial, c'est-à-dire le monde hors États-Unis, Chine et Canada.

Pour cela, la société prévoit d'ici à 2030 une "seconde offensive produits", après celle de la "Renaulution", avec 36 lancements prévus, dont 22 en Europe (avec 16 électriques), et 14 hors Europe.

Par marque, Renault compte vendre plus de 2 millions de véhicules par an (contre 1,63 million en 2025), ce qui traduirait une croissance annuelle moyenne des volumes de 4,2%, calcule Bernstein après +3,2% en 2025.

Faire preuve de compétitivité face à la Chine

Pour assurer sa croissance, la marque mise sur l'international, avec un objectif de 50% des ventes hors Europe contre 38% en 2025.

Dacia pour sa part poursuivra la montée en puissance dans le segment C (monospaces compacts), un créneau bien plus rentable que le positionnement historique de Renault, à savoir le segment B (les citadines). Ce segment représentera un tiers des ventes en 2030 contre 20% actuellement.

Au niveau de la technologie, François Provost a souligné l'impératif pour la société de démontrer son efficacité pour lutter face à "la concurrence chinoise". Nombre d'analystes redoutent que le groupe au losange subisse de plein fouet une intensification des constructeurs chinois sur le Vieux continent.

"Le marché chinois n'est plus en croissance, ce qui accentue la pression sur les acteurs locaux pour qu'ils gagnent des parts de marché à l'échelle nationale et internationale", prévenait Morgan Stanley en janvier, passant alors à "sous-pondérer" (équivalent de "vendre") sur Renault.

Pour cela, Renault va s'appuyer sur une nouvelle plateforme (le modèle permettant de produire le bas de la structure d'un véhicule) pour les véhicules électriques du segment C, appelée "RGEV Medium 2.0".

"Cette nouvelle plateforme RGEV Medium 2.0 sera développée principalement en France. Elle permettra d’atteindre une baisse de coûts de 40% par rapport à la génération de véhicules électriques actuelle", explique la société.

Logiciel, IA et robots

Renault compte d'ailleurs lancer cette année son premier véhicule défini à partir de l'architecture logicielle, un "software defined vehicle", avec un système d'exploitation tournant sous Android.

Pour les batteries, la société basera son développement sur deux chimies distinctes, une à "haute densité d'énergie" pour les véhicules les plus puissants et une "plus abordable" pour les plus petits segments.

L'entreprise a également indiqué qu'elle comptait utiliser 30% de pièces en moins par véhicule en ayant recours à 350 robots humanoïdes de nouvelle génération pour les tâches pénibles.

Cette initiative n'est pas sans rappeler la stratégie des groupes coréens (Hyundai, Kia), qui sont leaders dans la matière des robots humanoïdes. L'entreprise entend également diminuer par deux le temps d'interruption dans ses usines, de 25% la consommation d'énergie et de 20% les coûts de production.

Au niveau des ventes aux partenaires, Renault a indiqué qu'il comptait produire 300.000 véhicules par an pour ses cinq partenaires à savoir Nissan, Mitsubishi, Ford, Volvo et le chinois Geely. François Provost a par ailleurs assuré que lorsque Nissan "sera pleinement stabilisé", des "opportunités additionnelles" s'ajouteront.

In fine, "le plan FutuREady marque un tournant vers des lancements de produits plus fréquents et une réduction agressive des coûts afin de rivaliser avec les constructeurs chinois tant en matière d'innovation que de rapidité", explique Oddo BHF.

"Outre les objectifs généraux en matière de coûts, qui comprennent notamment une accélération du développement et une simplification globale, l'accent mis sur l'efficacité du segment C à forte marge et le succès de la solide offensive internationale fournissent une feuille de route claire pour la résilience des marges", apprécie le bureau d'études.

L'exécution sera clef

Mais prévient, Oddo BHF, "l'exécutions sera évidemment clef". Autrement dit, le marché attend la preuve et surveillera étape par étape le bon déroulé de cette feuille de route.

Cette exécution sera d'autant plus pertinente que les investisseurs peuvent douter de la capacité de la société à tenir ses objectifs. Dans une récente note, UBS faisait part de son scepticisme sur les objectifs de moyen terme de Renault.

La banque suisse expliquait qu'augmenter les marges et les volumes s'avère généralement périlleux pour un constructeur, car cela s'accompagne souvent de promotions. A fortiori dans le cas de Renault pour qui les leviers de croissance (internationale, véhicules électriques, ventes aux partenaires) sont dilutifs en termes de rentabilité, prévenait la banque suisse.

La banque suisse estimait que l'Europe n'offrirait aucune croissance à moyen terme. En conséquence, la hausse du chiffre d'affaires d'environ 5% par an ciblée sur la société reposera sur l'international. La banque suisse calculait que le groupe devra enregistrer une progression de ses revenus d'environ 20% par an hors Europe.

La banque suisse n'y croit tout simplement pas car Renault a vu ses parts de marché dans des pays comme le Brésil et la Turquie plonger depuis 2019.

Citi, bien que l'achat sur l'action Renault, prévenait que la société faisait face à "un narratif" (une histoire que le marché se raconte) "problématique".

"Les investisseurs pensent généralement que Renault ne parviendra pas à atteindre ses objectifs de marge en raison de la concurrence inévitable sur les prix en Europe des groupes chinois (et de Stellantis)", écrivait vendredi Citi. Face à cela, "la direction doit mettre en œuvre l'exécution et prouver la viabilité (ou non) de la marge opérationnelle face aux difficultés sur les prix", concluait Citi.

Julien Marion - ©2026 BFM Bourse
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