(BFM Bourse) - Le constructeur affiche la plus petite capitalisation du CAC 40. Ce qui questionne sur l’avenir du constructeur à moyen terme.
6,8 milliards d’euros ce vendredi. La capitalisation boursière de Renault est aujourd’hui la plus petite capitalisation de l’indice phare parisien, une capitalisation très loin de celles de ses concurrents (43,2 milliards d’euros pour Stellantis par exemple). Conséquence directe de la guerre en Ukraine – le cours de l’action Renault a perdu 27% depuis le 1er janvier (et 39% en un mois) -, cette petite capitalisation n’empêche pas le constructeur de poursuivre ses opérations.
Mais avec une valorisation à peine plus élevée qu’au printemps 2020 (5,3 milliards d’euros le 26 mai) quand Renault était en très grande difficulté financière, le signal n’en reste pas moins négatif. Surtout pour l’avenir. "Renault vaut six milliards d’euros, ce n’est rien, résume Jean-Pierre Corniou, spécialiste automobile au cabinet Sia Partners. Le groupe n’est pas directement OPAble, mais cette fragilité est dramatique".
Le groupe semble en effet protégé par la composition de son actionnariat avec notamment les droits de vote double de l’Etat (15% des actions, mais 30% des votes). Plusieurs observateurs questionnent même l’idée d’un rachat éventuel de Renault par un autre groupe. Le fonctionnement concret de l’Alliance, la relation avec Nissan, mais aussi le poids de l’outil industriel et des changements à y opérer pour aller vers un monde 100% électrique représenteraient trop d’obstacles pour un éventuel nouvel acquéreur. Mais à seulement 6,8 milliards, Renault n’est-il pas trop petit face aux défis en cours?
Une capacité à lever des fonds restreinte
Le groupe est en pleine mutation pour devenir un constructeur 100% électrique. Le constructeur avait ainsi annoncé le 30 juin un plan de 10 milliards d’euros d’ici 2025 pour la sortie de dix nouveaux modèles de voitures électriques. "La première menace, c’est la capacité à lever les financements sur les marchés pour réaliser ses plans", nous explique un fin connaisseur du secteur. Dans la pratique, cela n'empêche pas Renault de continuer à tourner mais cela peut induire des taux d'intérêt plus élevés et moins d'options pour lever facilement des fonds sur les marchés voire faire des opérations de rachats.
Le montant de la capitalisation s’interprète en effet comme la confiance qu’accordent les investisseurs à une stratégie et à la capacité de l’entreprise à la réaliser. Et donc à incarner l’avenir. D’où la forte valorisation des entreprises de voitures électriques dont celle stratosphérique de Tesla (866 milliards de dollars). Renault peut-il incarner cet avenir? La guerre en Ukraine survient de plus à la suite d’une série de crise pour Renault: les difficultés dans ce qui étaient appelés les BRIC (Brésil, Russie, Iran et Chine), la crise de gouvernance après le départ de Carlos Ghosn et les difficultés financières, puis la pandémie de Covid ou la panique autour des semi-conducteurs.
La situation du constructeur en Russie amène une question légitime, posée dans Le Monde: n’est-ce pas la crise de trop pour le constructeur? Et un spécialiste de rappeler que sans Nissan, la valorisation de Renault équivaudrait à 300 millions d’euros, signe semble-t-il que les marchés sanctionnent cette stratégie de Renault depuis longtemps.
Pauline Ducamp pour BFM Bourse
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