Connexion
Mot de passe oublié Pas encore de compte ?

RENAULT

RNO - FR0000131906 SRD PEA PEA-PME
31.180 € -6.06 % Temps réel Euronext Paris

Renault : Après avoir souffert en 2025 et accusé une perte de 10,9 milliards d'euros due à Nissan, Renault anticipe une nette baisse de sa marge, l'action chute de 5%

Aujourd'hui à 07:25
Renault a livré ses objectifs

(BFM Bourse) - Le constructeur automobile a livré ce jeudi 19 février ses résultats annuels, manquant notamment son objectif de marge. Le groupe prévoit une nette contraction de sa rentabilité en 2026 en raison notamment de la montée en puissance des ventes électriques et des ventes à l'international. Le groupe a également livré des perspectives de moyen terme.

Renault tire un trait sur une année 2025 durant laquelle il a essuyé plusieurs coups durs. Son directeur général, Luca de Meo, auteur d'un spectaculaire redressement chez le groupe au losange, a quitté la société pour prendre la direction de Kering.

Le dirigeant a été remplacé par un de ses anciens lieutenants, François Provost. Renault a aussi émis en juillet un lourd avertissement sur résultats, en raison notamment de la faiblesse du marché des véhicules utilitaires en Europe. Le titre avait perdu 18,5% sur une seule séance.

>> Accédez à nos analyses graphiques exclusives, et entrez dans la confidence du Portefeuille Trading

Le constructeur automobile, qui a publié ce jeudi 19 février ses résultats annuels, n'a d'ailleurs pas tenu tous ses objectifs 2025.

Sur l'ensemble de 2025, les revenus de Renault ont progressé de 3% et de 4,5% hors effets de changes à 57,92 milliards d'euros.

La division automobile a généré des revenus de 51,44 milliards d'euros, en hausse de 1,8% en données publiées et de 3,4% hors effet de changes.

>> Accédez à nos analyses graphiques exclusives, et entrez dans la confidence du Portefeuille Trading

L'objectif de marge raté pour 2025

Dans le détail, les volumes ont eu un impact positif de 0,7 point de pourcentage tandis que les prix ont pénalisé la croissance à hauteur de 0,2 point, "en raison des conditions de marchés qui restent difficiles en Europe avec de la pression commerciale", a invoqué Renault.

Le "mix" produit, c'est-à-dire les orientations des ventes vers des produits plus chers et mieux margés, a eu impact positif de 3,2 points, grâce aux nouveaux lancements. La société explique avoir bénéficié des performances du Bigster, le SUV de Dacia, ainsi que de celles de la R5 électrique.

La marge opérationnelle de la société s'est établie à 3,632 milliards d'euros en baisse de 14,8% sur un an. Rapportée au chiffre d'affaires, la marge s'inscrit à 6,3% contre 7,6% en 2024.

Renault a manqué son objectif 2025, puisque le constructeur visait un taux d'environ 6,5%.

Renault a accusé une perte nette de 10,93 milliards d'euros. Cette perte est largement due à Nissan. En juillet dernier, Renault a décidé de valoriser sa participation de 35,7% au capital de son allié japonais et d'acter ainsi une importante dépréciation comptable par rapport à la valorisation retenue dans son bilan. L'impact s'est chiffré à 9,3 milliards d'euros.

En plus de cette dépréciation, Renaut a consolidé une partie des pertes de Nissan, ce qui a plombé son bénéfice net à hauteur de 2,33 milliards d'euros supplémentaires.

Hors impacts liés à Nissan, le groupe automobile a dégagé un bénéfice de 715 millions d'euros.

Renault a par ailleurs généré un flux de trésorerie libre de l'automobile de 1,47 milliard d'euros, en ligne avec son objectif (entre 1 et 1,5 milliard).

Selon un consensus communiqué par la société, les analystes anticipaient un chiffre d'affaires de 57,69 milliards d'euros, une marge opérationnelle de 3,64 milliards d'euros pour un taux correspondant de 6,3%, une perte nette de 9,82 milliards d'euros et un flux de trésorerie de 1,17 milliard d'euros.

Les ventes électriques pèseront sur la rentabilité de 2026

Pour 2026, Renault a indiqué viser un taux de marge opérationnelle d'environ 5,5%, en baisse donc de 0,8 point sur un an, et un flux de trésorerie d'environ 1 milliard d'euros.

Selon un consensus cité par Citi, ces prévisions sont inférieures aux attentes des analystes qui tablaient sur une marge de 5,8% et un flux de trésorerie de 1,2 milliard d'euros.

Comme l'avaient pointé plusieurs analystes, la rentabilité de la société sera pénalisée cette année, par la montée en puissance des véhicules électriques et de l'international dans ses ventes, des revenus moins rentables que les véhicules thermiques ou hybrides européens.

"En 2026, la croissance à l’international, la progression des ventes à partenaires, la part croissante des véhicules électriques et l’impact en année pleine de la consolidation de RNAIPL (Renault Nissan Automotive India Private Ltd, NDLR) conduiront à une croissance du chiffre d’affaires, bien que ces effets soient dilutifs sur la marge", a d'ailleurs expliqué le groupe.

La société a également annoncé des perspectives de moyen terme. Renault a annoncé viser une marge opérationnelle entre 5% et 7% et une génération de flux de trésorerie d'au moins 1,5 milliard d'euros par an.

Le groupe compte également réaliser une croissance "moyenne à un chiffre" par an de son chiffre d'affaires, c'est-à-dire autour de 5%.

Renault entend dans cette optique continuer à réduire ses coûts variables, la société prévoyant de réduire ces coûts de 400 euros par véhicule produit par an en moyenne.

Ce grâce "notamment à des améliorations technologiques, à la compétitivité de Horse Powertrain (une coentreprise spécialisée dans les moteurs thermiques et hybrides, NDLR) et à la collaboration étroite avec ses fournisseurs".

"Nous annoncerons dans quelques semaines notre stratégie qui vise la croissance de nos activités ainsi que le renforcement de la résilience de notre modèle opérationnel et financier", a déclaré le directeur général de la société, François Provost. Un "strategy day" est ainsi prévu le 10 mars, prochain.

À la Bourse de Paris, Renault accuse une baisse de 4,9%, l'une des plus fortes baisses du CAC 40.

"Durant la conférence téléphonique, la direction a été transparente, et a donné des détails sur les facteurs positifs et négatifs pour 2026. Mais les facteurs négatifs, comme les effets de changes et l'impact des matières premières, prédominent. Cela donne l'impression qu'il n'y a pas beaucoup d''upside' (de potentiel de relèvement) sur les objectifs 2026", explique un analyste.

"Nous continuons de croire que Renault fournit l'une des réponses les plus solides parmi les constructeurs automobiles européens à la menace des constructeurs chinois, grâce à des réinterprétations intelligentes de ses modèles emblématiques comme ses R5 et R4 électriques, et en adoptant certaines de leurs meilleures pratiques (vitesse de développement et délai de mise sur le marché) qu'elle applique à de nouveaux lancements comme la nouvelle Twingo et le futur véhicule électrique d'entrée de gamme Dacia", juge, de son côté, Bernstein dans sa note publiée ce jeudi.

Le groupe au losange a par ailleurs décidé de verser un dividende de 2,2 euros au titre de son exercice 2025, stable sur un an.

Julien Marion - ©2026 BFM Bourse
Vous suivez cette action ?

Recevez toutes les infos sur RENAULT en temps réel :

Par « push » sur votre mobile grâce à l’application BFM Bourse


Par email

Forum suspendu temporairement
Portefeuille Trading
+335.90 % vs +68.14 % pour le CAC 40
Performance depuis le 28 mai 2008

Newsletter bfm bourse

Recevez gratuitement chaque matin la valeur du jour