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PUBLICIS GROUPE SA

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Publicis groupe sa : Perçu comme un "grand perdant de l'IA", Publicis veut conjurer le sort et rachète le groupe américain LiveRamp pour accélérer dans la donnée et l'intelligence artificielle (et relève même ses objectifs 2027 et 2028)

Aujourd'hui à 11:44
Publicis progresse après l'acquisition de LiveRamp

(BFM Bourse) - Le groupe publicitaire a annoncé dimanche 17 mai, un accord en vue d'acquérir LiveRamp, une plateforme mondiale de collaboration de données. Publicis relève par ailleurs ses objectifs financiers pour 2027 et 2028.

Mi-avril, Publicis avait livré une croissance légèrement supérieure aux attentes sur les trois premiers mois de 2026, et indiqué attendre une accélération de sa dynamique sur le trimestre en cours. Mais, une fois de plus, cette bonne copie n'avait pas suffi à apaiser les craintes d'un bouleversement de son modèle par l'intelligence artificielle.

"Bien que les résultats soient rassurants, nous pensons que les investisseurs resteront préoccupés par les perturbations potentielles que l'IA pourrait engendrer au sein des agences (publicitaires, NDLR)", avait pointé Bank of America en réaction aux annonces de Publicis.

Un "perdant de l'IA" qui passe à l'offensive

Depuis plus d'un an, Publicis a en effet été entraîné bien malgré lui dans la tempête provoquée par l'intelligence artificielle (IA). Les investisseurs se sont délestés des titres d'entreprises dont le modèle d'activité pourrait, selon eux, être bouleversé par l'IA.

Le marché a ainsi collé l'étiquette de "perdant de l'IA" à Publicis, estimant (à tort ou à raison) que les agences publicitaires seront un jour ou l'autre concurrencée par l'intelligence artificielle

Le groupe publicitaire dirigé et présidé par Arthur Sadoun qui n'a cessé d'augmenter ses parts de marché, ne l'entend pas de cette oreille. Publicis est donc passé à l'offensive et a annoncé dimanche 17 mai l’acquisition de LiveRamp, une plateforme mondiale de collaboration de données.

Fondé en 2011, LiveRamp connecte plus de 25.000 éditeurs et plus de 500 partenaires technologiques dans 14 marchés, et permet à des milliers de marques, distributeurs, plateformes média et fournisseurs de données, de collaborer et de connecter leurs données de manière efficace, performante et sécurisée.

Publicis n'a pas regardé à la dépense pour s’offrir LiveRamp. Le groupe publicitaire indique qu'il va acquérir le groupe américain pour une valeur d'entreprise totale de 2,167 milliards de dollars en numéraire, sur la base d'un prix d'acquisition de 38,50 dollars par action.

La transaction représente une valeur des capitaux propres totale de 2,546 milliards de dollars et intègre une trésorerie nette acquise de 379 millions de dollars. Le prix d'acquisition représente une prime de 29,8% par rapport au cours de clôture de l'action LiveRamp du 15 mai 2026 à la Bourse de New York, dernière séance précédant l'annonce de l'accord.

Avec LiveRamp, Publicis ajoute donc une brique supplémentaire à sa proposition de valeur dans le numérique. En 2014, le groupe publicitaire avait fait l'acquisition de Sapient, une entreprise spécialisée dans l'accompagnement numérique des entreprises, puis, en 2019, avec celle d'Epsilon, centrée sur le traitement des données et le marketing ciblé.

Par cette opération, Oddo BHF note que Publicis renforce donc son positionnement différenciant dans la data. Elle "ajoute une brique technologique importante pour aider les annonceurs à mieux exploiter leurs données propriétaires", poursuit le bureau d'études.

Pour illustrer Epsilon “utilise et exploite la donnée” pour exécuter des campagnes marketing, tandis que LiveRamp “connecte les données entre elles” et permet aux acteurs de travailler ensemble.

La transaction a été signée et devrait être finalisée d’ici la fin de l'année, ajoute Publicis.

Une acquisition à un "prix élevé"

Cette acquisition "ne surprend pas" Oddo BHF, dans la mesure où "la presse spécialisée l’avait déjà évoquée en janvier 2026", précise le bureau d'études. Ce dernier rappelle également que "les deux groupes étaient déjà partenaires depuis début 2026, ce qui fait qu’ils se connaissent bien et cela limite le risque d’exécution".

Le prix d'acquisition implique un multiple représentant 12,3 fois le résultat brut d'exploitation (Ebitda) de la société américaine attendu pour 2026. Ce multiple a de quoi faire tiquer le marché.

"Ce multiple est assez nettement plus élevé que celui de Publicis, mais se justifie aussi par un profil plus technologique, une croissance plus élevée et une base de revenus logiquement plus récurrents", fait valoir Jérôme Bodin, l'analyste en charge de la couverture de Publicis chez Oddo BHF.

Pour le bureau d'études, l'initiative de Publicis est guidée par un "rationnel stratégique", visant à "renforcer les capacités de Publicis dans la data, l’IA et la mesure publicitaire, à un moment où les annonceurs cherchent à mieux exploiter leurs données propriétaires dans un cadre sécurisé".

"Publicis insiste notamment sur la “co-création de données”, c’est-à-dire la capacité à connecter des sources de données entre partenaires, sans exposer les données sensibles sous-jacentes, afin de créer de nouveaux actifs propriétaires", ajoute-t-il.

"LiveRamp doit être vu avant tout comme une couche d’infrastructure qui relie annonceurs, plateformes et médias, plutôt que comme un acteur classique d’activation média ou de marketing opérationnel comme Epsilon", détaille Jérôme Bodin.

À la Bourse de Paris, l'action Publicis progresse encore de 2,4% vers 11h30, après avoir bondi de 5,6% dans les premiers échanges de la séance de ce lundi 18 mai.

Relèvement des objectifs 2027 et 2028

Cette acquisition ne sera pas neutre sur la trajectoire financière de Publicis, qui indique que cette opération sera relutive sur le bénéfice net par action dès la première année de consolidation, hors coûts de transaction. Les objectifs fixés précédemment pour 2027 et 2028 sont devenus obsolètes.

Publicis relève ses objectifs de croissance à taux de change constants, à +7 % à +8 % pour le revenu net et à +8 % à +10 % pour le bénéfice net courant, contre des objectifs précédents de +6 % à +7 % et de +7 % à +9 %, respectivement.

Le groupe profite de cette annonce pour confirmer ses prévisions pour 2026 à savoir une croissance en données comparables situées entre 4 et 5%, une légère amélioration de la marge opérationnelle par rapport à son niveau de l'an passé de 18,2% et un flux de trésorerie libre de 2,1 milliards d'euros.

En termes d’endettement pour Publicis, le groupe indique que le levier financier net maximal devrait rester limité à 1,2x en 2027 au terme de cette opération qu'il entend financer par sa trésorerie disponible et de la dette. Le groupe vise un désendettement complet dans les deux ans suivant la finalisation de la transaction.

"Sur la base de nos estimations, nous estimons une dette nette de 900 millions d'euros fin 2026, et 1,1 milliard d'euros en dette nette moyenne fin 2027 (proche de zéro en publié)", prévoit Oddo BHF qui estime sur cette base que "les perspectives de rachats d’actions sont beaucoup plus limitées".

"Le groupe pourrait encore réaliser quelques acquisitions ciblées, mais de très petite taille", remarque le bureau d'études qui reste à surpeformance sur le dossier avec un objectif de cours maintenu à 115 euros.

Sabrina Sadgui - ©2026 BFM Bourse
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