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PUBLICIS GROUPE SA

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Publicis groupe sa : Marqué au fer rouge par son "étiquette de perdant de l'IA", Publicis ne rassure pas la Bourse et dévisse de plus de 8%

Aujourd'hui à 12:59
Nouveau gadin pour Publicis

(BFM Bourse) - Le groupe publicitaire a de nouveau livré une croissance supérieure aux attentes au titre du quatrième trimestre 2025. Mais les perspectives ne sont pas suffisamment élevées par atténuer les craintes persistantes d'un bouleversement de son secteur par l'intelligence artificielle.

Le marché peut parfois s'avérer très ingrat avec les entreprises cotées. Un groupe à beau enchaîner les publications supérieures aux attentes, il est très difficile de modifier la perception négative des investisseurs sur certaines menaces.

Publicis constitue un parfait exemple. La société a, tout au long, de 2025, livré des résultats supérieurs aux prévisions des analystes. Et pourtant, le groupe publicitaire a accusé l'an dernier la cinquième plus forte baisse du CAC 40 (-13,96%).

Ce qui peut paraître bien injuste pour une entreprise qui n'a jamais déçu sur ses publications. Et a largement surperformé ses rivaux en matière de croissance. Entre 2022 et 2025, la progression annuelle moyenne de Publicis a dépassé celle de ses concurrents de 4,8 points de pourcentage.

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L'IA inquiète

La chute boursière de Publicis s'explique essentiellement sinon totalement par les craintes d'un bouleversement du secteur de la communication, publicité et médias par l'intelligence artificielle (IA).

Citi écrivait ainsi, mi-janvier, que "la peur, et non les fondamentaux, (avait) été le principal moteur de la variation des cours boursiers (du secteur, NDLR), en raison du risque perçu lié à la transition vers l'IA". La banque estimait toutefois que le plongeon de Publicis (ainsi que de Pearsons et Wolters Kluwer) paraissait injustifié. "Se défaire de l'étiquette de perdant de l'IA est difficile", convenait-elle néanmoins.

Ce n'est pas ce mardi que Publicis parviendra à se débarrasser de cette "étiquette'. Son action plonge de 8% ce mardi 3 février, accusant de loin la plus forte baisse du CAC 40.

Le groupe a, une nouvelle fois, publié des chiffres supérieurs aux attentes. La croissance des revenus nets du quatrième trimestre s'est inscrite à 5,9% en données comparables, dépassant le consensus (la prévision moyenne des analystes), logé à 5,1%, selon UBS.

Sur l'ensemble de 2025, Publicis a dégagé des revenus en progression de 5,6% en données comparables, une marge opérationnelle de 18,2% contre 18% en 2024 ainsi qu'une bénéfice net courant de 7,48 euros en hausse de 6,6%.

"Ces résultats nous mettent à part avec une sixième année de surperformance du secteur et nous sommes en train de creuser l'écart avec nos concurrents", a déclaré le PDG du groupe, Arthur Sadoun, lors d'une conférence téléphonique avec des analystes.

Des objectifs trop prudents

Pour 2026, Publicis a indiqué viser une croissance en données comparables comprise entre 4% et 5%. Soit moins, en milieu de fourchette, que le consensus Visible Alpha cité par Citi qui s'inscrit à 4,9%.

"Des questions se poseront concernant (...) la confiance dans la capacité de la croissance organique à atteindre le haut de (cette) fourchette, voire à le dépasser", juge Citi.

Arthur Sadoun a toutefois rappelé à juste titre que l'entreprise a l'habitude de donner cette fourchette chaque année, quitte à la relever par la suite.

Le dirigeant a par ailleurs souligné que la borne basse de cette fourchette était "rock solid" (c'est-à-dire quasi assurée) et que le groupe pensait atteindre la borne haute si "les conditions macroéconomiques s'améliorent".

Barclays, pour sa part, souligne que les résultats de Publicis sont "comme attendus", c'est-à-dire solides.

D'un côté cela vient souligner deux années de très bonnes performances opérationnelles. Mais de l'autre, ces résultats s'inscrivent dans la logique de 2025, lorsque Publicis livrait de bonnes copies qui étaient "récompensées" par des chutes de son cours de Bourse raison des craintes autour de l'IA, ajoute Barclays.

"Qui l'emportera en 2026? Les fondamentaux ou le sentiment (de marché, NDLR) ? Telle est la question, mais depuis 2017, les investissements basés sur les styles, la macroéconomie ou les thèmes ont, dans l'ensemble, surpassé la sélection individuelle de titres sur la base des fondamentaux", conclut Barclays.

Anthropic AI malmène tout le secteur

"Le problème c'est que l'on est dans une journée où les angoisses sur l'IA repartent", explique de son côté un analyste. Ce dernier souligne des "effets d'annonces sur le marché" après que la start-up d'IA Anthropic a déclaré avoir ajouté de nouvelles fonctionnalités pour son modèle de langage d'intelligence artificielle d'IA, Claude.

Ces fonctionnalités visent "les cabinets d'avocats, les départements légaux en les aidant à automatiser leurs processus. Du coup RELX et Wolters Kluwer (deux groupes spécialisés dans l'éditions et les technologies pour les publications, notamment juridiques), plongent de plus de 9%. Ce même si les outils ne vont pas sur le même segment que leur", développe-t-il.

L'analyste estime que l'action Publicis souffre par "effet de contagion" avec ces sociétés.

Durant la conférence téléphonique avec les analystes, Arthur Sadoun s'est une nouvelle fois efforcé de convaincre que l'IA n'était pas un "vent défavorable" pour son groupe mais "un moteur stratégique de croissance et d'expansion des marges". "Nous avons vraiment bâti un modèle de croissance pour ce monde fonctionnant à l'IA", a-t-il assuré.

Mais, comme depuis plusieurs trimestres, le marché n'est pas sensible à ce discours. L'analyste précédemment mentionné pointe également le ralentissement de Publicis aux États-Unis. Au quatrième trimestre 2025, le groupe a affiché une croissance de ses revenus en données comparables de 4,3%, contre 7,1% au précédent trimestre.

"C'est un peu léger dans le pays qui reste le grande laboratoire de l'IA, et on risque de s'interroger sur les effets déflationnistes de l'IA", explique cet intermédiaire financier.

Lors de la conférence téléphonique, une analyste de Morgan Stanley a également pointé ce ralentissement auprès de la direction. Le directeur financier, Loris Nold, a assuré que cette croissance ne traduisait pas de baisse d'activité sous-jacente mais des effets plus mécaniques, comme une base de comparaison plus exigeante.

Par ailleurs Publicis n'a pas annoncé de programme de rachats d'actions, une possibilité qui avait été évoquée par la banque Citi en amont de la publication des résultats du groupe.

Arthur Sadoun a indiqué que sur les 2,1 milliards de cash que la société compte dégager en 2026, la moitié sera dévolue au paiement du dividende. L'autre moitié servira à faire des acquisitions pour environ 900 millions d'euros. Mais si le groupe ne jugeait pas utile de dépenser totalement cette enveloppe, le solde pourrait financer des rachats d'actions.

Julien Marion - ©2026 BFM Bourse
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