Connexion
Mot de passe oublié Pas encore de compte ?

Pétrole WTI

WBS - MP0000000WBS
- -

Pétrole wti : Le Texas réfléchit à limiter sa production de pétrole, les cours de l'or noir remontent

vendredi 20 mars 2020 à 12h13
Les États-Unis commencent à fermer les puits de pétrole

(BFM Bourse) - Les États-Unis, nouveaux régulateurs du marché pétrolier? Mis sous pression par la chute des cours du brut à des niveaux plus observés depuis 2003, les producteurs texans réagissent et envisagent de réduire leur production pour la première fois depuis les années 1970. Les cours de l'or noir rebondissent vivement.

Le Texas a compris qu'il avait tout à gagner d'une stabilisation du marché pétrolier. Selon le Wall Street Journal, les régulateurs du plus grand État producteur de brut des Etats-Unis envisagent de réduire leur production pour la première fois depuis les années 1970. À cet effet, plusieurs dirigeants du secteur pétrolier ont contacté les membres de la "Texas railroad Comission", qui réglemente l'industrie, pour demander une aide à la suite de l'effondrement récent des cours du brut.

Après avoir chuté mercredi en clôture à un plus bas depuis l'invasion de l'Irak en 2003, les deux références mondiales ont nettement rebondi jeudi, récupérant ainsi presque toutes les pertes encaissées la veille. En pourcentage, le "light sweet crude" texan a d'ailleurs enregistré sa meilleure performance historique. Le baril de pétrole WTI pour livraison en avril s'est en effet envolé de 23,8% -nettement au-dessus du précédent record (+17,8%) le 22 décembre 2008- à New York pour clore la séance à 25,22 dollars, en hausse de 4,85 dollars par rapport à la veille. Dans le même temps, le baril de Brent de mer du Nord a repris 6,1% à 28,09 dollars.

Les deux références mondiales de brut accentuent leur rebond vendredi matin. Le baril de Brent franchit de nouveau le seuil des 30 dollars avec un gain de 6,32% à 30,27 dollars à 11h20 quand celui de WTI reprend 7,64% à 27,89 dollars.

Trump évoque une intervention

Le pétrole a été durement touché depuis le début de l'année (le Brent perd toujours 54% depuis le 1er janvier), à la fois du côté de l'offre et de celui demande. Un ralentissement des voyages et des activités commerciales dans le monde entier pèse sur la demande, au moment même où les producteurs de pétrole d'Arabie saoudite et de Russie se préparent à augmenter leur production. Alors que les tensions entre les deux pays s'intensifient, le président Donald Trump a affirmé jeudi après-midi que les États-Unis pourraient intervenir, ce qui a contribué à accélérer les gains dans l'après-midi.

"Nous avons beaucoup de pouvoir sur la situation et nous essayons de trouver une sorte de terrain d'entente", a déclaré le président américain lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche jeudi. "Ils se battent sur le prix, ils se battent sur la production, et le moment venu, je m'en mêlerai" a-t-il ajouté.

Les réductions de production de l'OPEP+ expirent à la fin du mois, ce qui signifie que les nations seront bientôt autorisées à pomper autant qu'elles le souhaitent".

L'or noir survendu ?

Pour Jeff Kilburg, analyste chez KKM Financial, "les prix (du pétrole) sont élastiques et le rebond d'hier est la conséquence "d'une situation historique de survente du WTI". De fait, le "relative strength index" sur les contrats à terme de WTI est tombé sous les 14 mercredi en clôture, soit le plus bas niveau jamais atteint sur ce type de produit.

Scott Nations, président et directeur des investissements chez NationsShares, insiste sur ce point et estime que le sentiment était devenu trop négatif. "Le brut a été largement survendu et nous avons maintenant décidé que, peut-être, l'économie mondiale n'allait finalement pas complètement s'arrêter".

Il fait remarquer que le pétrole a rebondi simultanément aux marché actions, la Chine n'ayant signalé aucun nouveau cas de coronavirus et les banques centrales du monde entier ayant annoncé des mesures de relance visant à freiner le ralentissement économique causé par le virus.

Les États-Unis, nouveau "swing producer"

Face à la guerre des prix que se livrent l'Arabie saoudite et la Russie -un terme réfuté par le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov qui préfère la notion de "conjoncture très défavorable"- Donald Trump s'est donc dit prêt "à agir en tant que médiateur" pour apaiser la guerre de l'offre entre les deux puissances. "La situation est "dévastatrice pour la Russie" dont l'économie dépend des cours du brut et elle est tout aussi "mauvaise pour l'Arabie saoudite", a commenté le président américain. En omettant de préciser que l'effondrement des cours du brut représente aussi un coup de massue pour le pétrole de schiste aux Etats-Unis. Déjà lourdement endettés, de nombreux opérateurs s'empressent de tenter de renégocier leur dette et pourraient ne pas s'en relever.

Les États-Unis ont plus que doublé leur production de brut au cours de la dernière décennie pour devenir le premier producteur mondial. Une grande partie de cette croissance est due au bassin permien de l'ouest du Texas et du Nouveau-Mexique. C'est donc ce premier État qui réfléchirait à limiter sa production, pour la première fois depuis des décennies. "Les États-Unis nouveau "swing producer" (producteur-régulateur, NDLR) à la place de l'Arabie Saoudite? Jamais je n'aurais cru voir ça. Cette crise est décidément plus surprenante chaque jour" a réagi Benjamin Louvet, gérant matières premières chez Ofi Asset Management.

"Je travaille là-bas (dans le bassin permien, NDLR) actuellement . C'est complètement fou. Toutes les sociétés de services sont en pénurie de bouchons de pontage (qui servent à reboucher les puits, NDLR). Je ne vais même pas finir le puits sur lequel je travaille. Scellez-le et partez, ce sont les consignes. Vendredi prochain (le 27) marquera le plus grand déclin hebdomadaire de plates-formes de forage de l'histoire" alerte un ouvrier du secteur pétrolier texan sur Twitter.

"Nous ne sommes toujours pas optimistes sur un prochain accord de limitation de l'offre des membres de l'Opep+, mais la probabilité s'est améliorée cette semaine", estime Jasper Lawler, de London Capital Group. De fait, l'Arabie saoudite et la Russie n'ont probablement pas particulièrement apprécié les déclarations de Donald Trump.

Quentin Soubranne - ©2020 BFM Bourse
Votre avis
TradingSat
Portefeuille Trading
+311.10 % vs -5.98 % pour le CAC 40
Performance depuis le 28 mai 2008

Newsletter bfm bourse

Recevez gratuitement chaque matin la valeur du jour sélectionnée par Logo TradingSat