Connexion
Mot de passe oublié Pas encore de compte ?

Pétrole WTI

WBS - MP0000000WBS
- -

Pétrole wti : L'or noir poursuit son rebond spectaculaire sur fond de rééquilibrage du marché pétrolier

jeudi 21 mai 2020 à 11h30
L'or noir poursuit son rebond sur fond de rééquilibrage du marché

(BFM Bourse) - Alors que de nombreux observateurs du marché pétrolier s'attendaient à voir le baril de WTI pour livraison juin revenir proche de zéro dollar, voire en territoire négatif, ce contrat devrait expirer à plus de 30 dollars ce jeudi, un plus haut depuis plus de deux mois. La reprise de la demande, couplée à des baisses massives de production, semble avoir rééquilibrer le marché.

Mal en point depuis le début de la crise sanitaire fin février -qui a provoqué un choc de demande inédit- et la guerre des prix lancée par l'Arabie saoudite dans la foulée, le marché pétrolier se remet doucement sur pieds.

Après être tombé en territoire négatif pour la première fois de son histoire il y a tout juste un mois, le baril de WTI a depuis enregistré un rebond conséquent puisqu'il se négocie à 34,30 dollars ce jeudi à 10h50, en hausse de 2,42% par rapport à la veille. Il s'agit d'un plus haut depuis le 10 mars dernier, jour où l'Arabie saoudite avait décidé d'inonder le marché à la suite d'un différend avec la Russie sur des baisses de production conjointes. Dans le même temps, le baril de Brent européen grappille encore 2,15% à 36,51 dollars, là aussi un sommet depuis plus de deux mois.

Nombreux, pourtant, étaient les acteurs du marché dubitatifs quant à ce rebond s'inscrivant dans un marché aux fondamentaux toujours très dégradés, le déséquilibre persistant entre l'offre et la demande semblant contraindre les cours pétroliers à une rechute.

Force est de constater qu'il n'en est rien, et que les perspectives apparaissent désormais bien meilleures alors que le contrat pour livraison en juin doit expirer ce jeudi. Si certains craignaient que la panique s'empare de nouveau du marché le jour de l'expiration de ce contrat, comme ce fut le cas lorsque le baril de WTI a perdu 300% sur une journée le mois dernier, la publication des stocks américains a rassuré le marché mercredi.

Les réserves de brut aux Etats-Unis se sont en effet établies à 526,5 millions de barils sur la semaine terminée le 15 mai, ce qui correspond à un recul de 5 millions de barils sur une semaine selon le rapport hebdomadaire publié par l'Agence américaine d'information sur l'énergie (AIE). Ce repli "apporte une note positive" à la séance, a commenté Chris Beauchamp, analyste spécialiste du marché chez IG, d'autant que les analystes interrogés par l'agence Bloomberg tablaient au contraire sur une hausse médiane de 2,15 millions de barils.

Rééquilibrage du marché

"Nous pensons que des mesures fondamentales ont été prises pour nous mettre sur des bases plus solides", a déclaré Helima Croft, responsable de la stratégie mondiale des matières premières à la Banque royale du Canada. Elle considère que "les premiers signaux de reprise sont en place", car la demande chinoise et américaine s'améliore, alors que l'Opep+ a mis fin à ses querelles et a accepté de réduire fortement la production".

La Chine a envoyé un signal très positif au marché en achetant nettement plus de pétrole au cours des dernières semaines, ce qui signifie que la demande domestique se renforce clairement. Celle-ci serait même revenue à un niveau proche de celui d'avant-crise, selon un rapport publié par Bloomberg mardi. Traders et professionnels du marché estiment que la consommation en Chine est actuellement d’environ 13 millions de barils par jour (mbj), à comparer avec une moyenne de 13,4 mbj en mai 2019 et de 13,7 mbj en décembre dernier.

Dans d'autres régions du globe, les restrictions de déplacements commencent à être levées donc les gens reprennent la voiture. Les données hebdomadaires du gouvernement américain montrent que la demande d'essence a ainsi fortement augmenté la semaine dernière, avec une demande de 7,4 mbj, par rapport au creux de 5,1 mbj enregistré début avril, contre une demande normale d'environ 9,5 mbj en cette période de l'année. Selon les analystes, la demande serait actuellement inférieure d'environ 30% par rapport aux niveaux "normaux".

L'Arabie saoudite et les États-Unis réduisent l'offre

Du côte de l'offre, l'Arabie Saoudite a réduit d'un million de barils par jour supplémentaire sa production par rapport à ce qui avait été convenu par l'Opep+ au terme d'une réunion exceptionnelle interminable, à savoir une baisse de 9,7 mbj.

Cet accord semble être pour l'instant respecté par les pays producteurs, Arabie saoudite en tête, selon les analystes du cabinet Kpler qui se basent sur l'état des stocks et les exportations en surveillant notamment les va-et-vient des tankers. "L'Opep+ parvient à stabiliser les marchés pétroliers, le taux de conformité à l'accord est actuellement de 98%", affirment-ils jeudi dans une note.

Dans le même temps, la production américaine s'est nettement contractée, passant d'un record de 13,1 mbj fin mars à 11,6 mbj aujourd'hui, son plus bas niveau depuis octobre 2008 selon les données de l'AIE. Les analystes prévoient que la production pourrait encore chuter de 500.000 à 1 million de barils par jour dans les semaines qui viennent.

Le parapétrolier Baker Hughes a rapporté que 34 autres plates-formes pétrolières ont été mises hors service la semaine dernière, laissant seulement 258 plates-formes actives, soit environ un tiers du nombre de plates-formes de l'année dernière. Le nombre de forages pétroliers est pour sa part tombé à un plus bas historique la semaine dernière, avec seulement 339 puis en activité contre près de 1.000 un an auparavant.

Pour John Kilduff, gérant associé chez Again Capital, il semble désormais clair que les États-Unis sont devenus le "swing producer", à savoir celui qui, en ajustant sa production, peut rééquilibrer le marché. Ce que confirment les analystes de JBC Energy, pour qui "la hausse des cours est effectivement alimentée par la baisse de la production américaine, combinée aux réductions massives de l'Opep+". Sauf que, contrairement aux producteurs russes ou saoudiens, l'ajustement des producteurs est contraint par le marché et non par les autorités, et rien ne dit que l'offre pourra repartir aussi vite que la demande dans les mois à venir.

Quentin Soubranne - ©2020 BFM Bourse
Votre avis
TradingSat
Portefeuille Trading
+311.30 % vs -5.55 % pour le CAC 40
Performance depuis le 28 mai 2008

Newsletter bfm bourse

Recevez gratuitement chaque matin la valeur du jour sélectionnée par Logo TradingSat