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Pétrole Brent

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Pétrole brent : Pomper davantage ou puiser dans les stocks stratégiques, deux options ouvertes pour le pétrole

mardi 17 septembre 2019 à 11h00
Pomper plus ou puiser dans les réserves ? Les options pour stabiliser le marché pétrolier

(BFM Bourse) - Face à la flambée des prix du pétrole brut, quelles possibilités ont les pays consommateurs ou producteurs pour amortir le choc ? Essentiellement essayer de pomper (un peu) plus d'hydrocarbures, ou puiser dans les réserves stratégiques, un ultime recours.

L'Agence internationale de l'énergie (AIE) basée à Paris et qui regroupe majoritairement des Etats européens et américains, impose à ses 30 pays membres de détenir l'équivalent d'au moins 90 jours de leurs importations nettes d'hydrocarbures de l'année précédente, sous contrôle étatique ou par délégation à des entreprises privées. En juin 2019, les réserves françaises correspondaient ainsi à 111 jours d'importations nettes, selon l'agence. L'AIE a indiqué lundi "surveiller de près la situation en Arabie saoudite", tout en assurant que "pour le moment, les marchés sont bien approvisionnés avec de nombreuses réserves commerciales".

Hors de l'AIE, la Chine -premier pays importateur de brut, très gourmand en énergie- possède des réserves pétrolières stratégiques équivalant à 40 à 50 jours des importations nettes du pays, selon un chiffre cité en mars par des médias étatiques chinois.

Qui pourrait utiliser ses réserves stratégiques ?

"J'ai autorisé l'utilisation du pétrole de la Strategic Petroleum Reserve (SPR), si besoin, pour une quantité qui reste à définir", avait tweeté dès dimanche le président américain Donald Trump, après l'attaque qui a réduit de moitié la production de brut de l'Arabie saoudite, premier exportateur mondial. Entreposées dans un complexe de quatre sites souterrains le long des côtes du golfe du Texas et de la Louisiane, les réserves stratégiques américaines s'élevaient le 13 septembre à 645 millions de barils, selon l'Agence américaine d'information sur l'Energie (EIA). Soit environ 275 jours des importations nettes pétrolières des Etats-Unis en 2018.

Par le passé, les présidents américains ont recouru par trois fois aux réserves stratégiques: en 1991, au moment de l'opération militaire menée par les Etats-Unis suivant l'invasion du Koweït par l'Irak, pendant l'ouragan Katrina en 2005 et lors du soulèvement en Libye en 2011.

L'Arabie saoudite a aussi promis de mobiliser ses vastes réserves pour amortir le choc. Le royaume possède "en stock des niveaux significatifs de brut et de produits pétroliers", équivalant à "environ 35 jours des exportations du pays", soit près de 260 millions de barils, indique dans une note Amarpreet Singh, analyste de Barclays.

Doit-on s'attendre à un recours immédiat à ces réserves?

"Jusqu'à ce que les dommages infligés (aux installations saoudiennes) soient précisés, il est difficile d'évaluer exactement les chances d'une utilisation" des stocks stratégiques, a tempéré Bob McNally, dirigeant du cabinet Rapidan Energy, cité par l'agence Bloomberg.

L'agence Standard & Poor's a estimé mardi qu'il fallait s'attendre à une réduction de 3 millions de barils par jour de la production saoudienne pendant un mois. Le pays avait produit en moyenne 9,77 millions de barils par jour en août, et exporté en moyenne 7,4 millions de barils par jour, selon S&P. Pour l'heure, "l'administration (Trump) cherche à rasséréner les marchés, en les assurant que les Etats-Unis et leurs partenaires au sein de l'AIE sont prêts à agir", estime Bob McNally.

Qui pourrait gonfler sa production?

L'Organisation des pays producteurs de pétrole (Opep), dont Ryad est chef de file, possédait en août des capacités excédentaires de 3,21 millions de barils/jour... mais dont l'essentiel (2,27 mbj) est concentré en Arabie saoudite, selon l'AIE. Or, "l'attaque (de samedi) met en question la fiabilité des approvisionnements" de l'Arabie saoudite, "qui possède l'essentiel des capacités de production excédentaires du globe", constate Amarpreet Singh.

Les autres membres du cartel possédant des capacités non utilisées (principalement Koweït et Emirats arabes unis) pourraient certes s'efforcer de combler l'éventuel manque de brut saoudien - mais sans garantie que cela s'avère suffisant.

Autre inconnue: la capacité ou la volonté de la Russie, deuxième plus grand exportateur de pétrole, d'augmenter sa production. Il faudrait avant cela que Moscou, qui n'est pas membre de l'Opep, et le cartel lèvent l'engagement qu'ils ont pris ensemble de contenir l'offre.

Les Etats-Unis, premier pays producteur de brut, pourraient également gonfler un peu leur propre offre, notamment l'exploitation des hydrocarbures de schiste. Mais cette option a ses limites: leur pétrole en majorité léger n'est pas un substitut aux bruts lourds du Moyen-Orient, et par ailleurs, les infrastructures et les ports américains sont déjà saturés.

(avec AFP)

Quentin Soubranne - ©2020 BFM Bourse
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