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Orange : Avec l'achat de fréquences mobiles, SpaceX va marcher sur les plates-bandes des opérateurs télécoms, Deutsche Telekom plonge de 6%, Orange est lanterne rouge du CAC 40

Aujourd'hui à 11:45

(BFM Bourse) - Starlink, la division de satellites de SpaceX, a annoncé un accord pour acheter des fréquences qui doivent lui permettre de devenir un opérateur télécoms. Les acteurs du secteur plongent à Wall Street et en Europe.

Près de quatre mois après son introduction en Bourse, SpaceX poursuit sa mue. L'entreprise présente dans le spatial, les satellites et l'intelligence artificielle (IA), a annoncé jeudi 9 octobre avoir acheté un portefeuille de licences de fréquences basses aux États-Unis.

Ces fréquences ont été rachetées par Starlink, division de satelltites du grpupe, auprès de la société d'investissement Grain management, et le prix de vente se situe à environ 8 milliards de dollars en cash, selon des sources interrogées par le Wall Street Journal.

"Ce spectre de grande qualité dans la bande basse comble l'une des principales lacunes techniques restantes, ce qui ouvrira la voie à Starlink Mobile pour devenir un opérateur mobile majeur aux États-Unis", a affirmé la société dans un communiqué.

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Le satelite, pas une technologie idéale

Dans un post sur le réseau social X, Elon Musk fondateur et directeur général de SpaceX, a déclaré que l'achat de ces fréquences constituait "la dernière pièce manquante du puzzle pour que SpaceX fournisse une couverture complète en Amérique".

Les fréquences basses ont notamment pour vertus de permettre une couverture plus étendue du réseau en termes de distance et de passer plus facilement les murs. Elles s'avèrent donc nécessaires pour fournir une offre mobile complète.

Via cette opération, Starlink pourra donc combiner un réseau terrestre avec son offre satellitaire.

L'annonce a provoqué un coup de sang de tabac des opérateurs télécoms cotés à Wall Street. AT&T perd 6,7% en préouverture à Wall Street, Verizon chute de 5,8%, et T-Mobile abandonne 6,7%.

En Europe, Deutsche Telekom cède 7,9% à Francfort en fin de matinée, plombé par sa participation d'environ 53% au capital de T-Mobile, le français Orange cède 3,4%, accusant de loin la plus forte baisse du CAC 40, tandis que Telefonica perd 3,3% et Vodafone 4,3%.

En août dernier, la directrice des opérations du groupe, Gwynne Shotwell, avait tablé sur un lancement de Starlink Mobile, destinée à offrir un accès internet à haut débit aux États-Unis, fin 2027.

Les grands acteurs du secteur avaient ensuite relativisé la menace concurrentielle posée par Starlink. Le directeur général d'AT&T, équivalent de France Télécom aux États-Unis, John Stankey, jugeait la stratégie du groupe "non viable" dans un récent entretien à Axios.

En septembre, le patron de Verizon, Dan Schulman, a déclaré ne pas considérer Starlink Mobile comme un "concurrent direct" et affirmé qu'en milieu urbain, le réseau terrestre était "100 fois, parfois mille fois plus efficace".

"Le satellite, dans le meilleur des cas — si tout se passe bien au cours des dix prochaines années — ne parviendra tout de même pas à rivaliser avec la fibre optique", avait-il déclaré.

"La crainte de la concurrence de Starlink pour les opérateurs télécoms existent depuis le printemps dernier, et cette menace de rachats de licence planait depuis quelques temps", explique un analyste.

"Désormais, ils ont les licences pour proposer une offre plus complète et concurrencer les opérateurs télécoms. L'offre satellitaire, jusqu'à présent, c'était bien pour les zones blanches mais cela ne vaut pas la téléphonie mobile traditionnelle en ville, cela ne pénètre pas les murs, ne passe pas bien dans les bâtiments", poursuit-il.

"La peur reste donc que Starlink disrupte la téléphonie mobile un peu partout dans le monde, aux États-Unis, en Afrique ou encore en Europe. Toutefois, cela risque d'être compliqué en Europe où les fréquences restent attribuées pays par pays", développe-t-il.

Julien Marion - ©2026 BFM Bourse
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