(BFM Bourse) - La maison-mère de Facebook et Instagram a livré une croissance supérieure aux attentes, mais ses prévisions pour le trimestre actuel déçoivent et le groupe a relevé sa fourchette de dépenses d'investissements pour l'année.
Ce n'est un secret pout personne: les méga-dépenses des grands groupes de tech américaines dans l'IA sont actuellement scrutées avec scepticisme par les investisseurs.
Les "hyperscalers" (Amazon, Oracle, Microsoft, Alphabet) sont punis quand ils excèdent les attentes du marché sur leurs dépenses d'investissement, les "capex", et récompensés quand ils rassurent sur ce point.
La semaine dernière, Alphabet a été durement sanctionné par le marché - l'action a chuté de 7% - malgré des résultats impressionnants. La maison-mère de Google s'était rendue coupable d'avoir relevé ses prévisions de "capex" dans une fourchette de 195 milliards à 205 milliards de dollars.
A contrario, Microsoft a grimpé de près de 9% dans les échanges post-marché, mercredi soir, après avoir livré des projections de "capex" moins élevées que redouté par les analystes.
>> Accédez à nos analyses graphiques exclusives, et entrez dans la confidence du Portefeuille Trading
Les prévisions déçoivent
Meta est plus particulièrement scruté par les opérateurs de marché sur ses dépenses. Ce car le groupe fondé par Mar Zuckerberg a un passif en la matière, la société ayant accumulé les milliards de pertes pour financer des projets hasardeux dans le Metavers et la réalité virtuelle.
Reality Labs, sa division dédiée à ces projets, a ainsi accumulé 80 milliards de dollars de pertes opérationnelles depuis fin 2020, selon un décompte effectué par CNBC.
Malheureusement pour ses actionnaires, les derniers comptes publiés par Meta n'ont fait qu'attiser les craintes des investisseurs. L'action de la maison-mère de Facebook, Instagram, Whatsapp a chuté de 7,5% dans les échanges post-clôture à Wall Street, mercredi soir.
Sur le trimestre allant d'avril à fin juin, Meta a dégagé des revenus de 60,8 milliards de dollars, en hausse de 28% sur un an, tandis que son bénéfice par action s'est inscrit à 6,18 dollars. Selon un consensus LSEG cité par CNBC, les analystes tablaient sur des revenus de 60,17 milliards de dollars et un bénéfice par action de 7,22 dollars.
Les dépenses de l'entreprise ont fortement gonflé, progressant de 55% à 42 milliards de dollars. Si bien que la marge opérationnelle de la société a reculé de 8% à 18,8 milliards de dollars, pour un taux de 31% contre 43% un an plus tôt.
Le groupe a par ailleurs dégagé un flux de trésorerie libre de seulement 784 millions de dollars, le chiffre le plus faible depuis le troisième trimestre 2022, selon Bloomberg.
Surtout, Meta a assorti à ces résultats des projections de nature à crisper le marché. Le groupe a indiqué tabler, pour le troisième trimestre, sur des revenus compris entre 61 milliards et 64 milliards de dollars, ce qui s'avère inférieur de 1% aux attentes des analystes en milieu de fourchette, remarque Citi.
Vers une activité dans le cloud?
Meta a également relevé sa prévision de "capex" pour l'exercice en cours, tablant sur des dépenses comprises entre 130 et 145 milliards de dollars, contre 125 milliards à 145 milliards de dollars précédemment.
"La forte croissance des revenus de Meta sera encore une fois éclipsée par ses projections de dépenses en capital ", a écrit Minda Smiley, analyste senior chez Emarketer, cité par Bloomberg.
"Même si Meta n’a pas augmenté ses projections, cela n’empêchera pas les investisseurs de demander plus d’informations sur les plans pour une éventuelle activité dans le domaine de l’informatique — et tous les autres détails sur la façon dont Meta envisage de monétiser l’IA", a-t-il ajouté.
Alors que des informations de presse rapportent que Meta pourrait développer une activité de cloud comme Microsoft, Amazon, et Alphabet, Mark Zuckerberg, le directeur général du groupe, a livré quelques pistes allant plutôt en ce sens.
Le dirigeant a indiqué que Meta voyait d'importantes opportunités pour vendre à des tiers sa puissance de calcul. "Nous recevons un grand nombre d'offres pour la puissance de calcul que nous avons, mais nous avons aussi beaucoup d'utilisations internes que nous pensons être assez précieuses", a poursuivi Mark Zuckerberg.
Meta a massivement investi dans les centres de données pour développer ses propres modèles d'IA. Le groupe a notamment lancé la construction d'un gigantesque data centers dans le Mississippi, projet estimé à 10 milliards de dollars.
Recevez toutes les infos sur META en temps réel :
Par « push » sur votre mobile grâce à l’application BFM Bourse
Par email
