(BFM Bourse) - Le groupe informatique a rasséréné les investisseurs mercredi soir en livrant une croissance supérieure aux attentes dans le cloud et en donnant une cible d'investissements moins élevée que redouté par les investisseurs.
Microsoft a vu son statut boursier être durement écorné en Bourse, cette année. Le groupe informatique accuse une baisse de son action de 19% depuis le 1er janvier et de 27% sur un an.
Sa capitalisation boursière a fondu et la société, qui était encore au coude à coude avec Nvidia l'an passé pour le titre de première capitalisation boursière mondiale, est désormais distancé du podium composé d'Apple, Nvidia et Alphabet.
Microsoft a déçu à plusieurs reprises au niveau de sa croissance dans le cloud, l'informatique dématérialisée, avec sa division Azure, celle qui est censée récolter le gros des fruits des méga-investissements de la société dans l'intelligence artificielle (IA). Ce qui a jeté le doute sur la pertinence des dépenses somptuaires de Microsoft dans ces technologies.
Plus largement, le groupe de Redmond a été malmené par un mouvement d'aversion au risque frappant les éditeurs de logiciels, phénomène parfois surnommé 'Saaspocalypse" mot valise entre "apocalypse" et "Saas" pour "software as a service" (le logiciel en tant que service). En clair, les investisseurs ont redouté à tort ou à raison que ces éditeurs voient leurs modèles économiques être remis en cause par les outils des jeunes acteurs innovants de l'IA, comme Anthropic.
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Azure répond aux attentes
Dans le cas de Microsoft, les investisseurs ont également pu émettre des doutes sur l'adoption de son outil d'IA pour la bureautique, Copilot, et plus largement sur sa capacité à monétiser ses technologies d'IA.
Avant la publication des résultats trimestriels du groupe, survenue mercredi soir, Bank of America avait listé les cases que Microsoft devait cocher pour rassurer le marché.
L'entreprise devait livrer une croissance satisfaisante chez Azure, rassurer sur ses dépenses d'investissements (capex) et sur les pressions en résultat sur les marges et la génération de trésorerie, et démontrer que l'adoption de Copilot décolle.
In fine, l'exercice a été réussi par Microsoft. Le groupe "a livré un trimestre impressionnant", apprécie Citi. À Wall Street, l'action Microsoft a bondi de 8,8% dans les échanges post-clôture.
Sur le trimestre allant d'avril à fin juin, période qui correspond au quatrième trimestre de l'exercice décalé 2025-2026 de la société, Microsoft a généré des revenus de 90 milliards de dollars, en hausse de 18% sur un an et de 17% hors effets des devises.
Le bénéfice par action s'est inscrit à 4,81 dollars, en progression de 32% sur un an. Selon un consensus cité par Bank of America, les analystes tablaient sur des revenus de 87,7 milliards de dollars et un bénéfice par action de 4,24 dollars.
Azure a répondu aux attentes. La division cloud de Microsoft a affiché une croissance de 43% sur un, soit le taux le plus important depuis quatre ans, remarque Citi. Selon la banque, le consensus retenait un taux de 39,7%.
"Ce résultat constitue le point positif le plus marquant du trimestre, compte tenu du contexte antérieur de contraintes de capacité, et montre que l'augmentation de l'offre a favorisé une meilleure conversion de la demande", souligne la banque américaine.
Certes cette croissance s'avère bien moindre que les 82% affiché par Google Cloud. Mais elle démontre que Microsoft parvient à rester numéro deux du marché derrière Amazon Web Services.
"On avait un peu l'impression que Google grignotait des parts de marché à tout le monde et qu'il pourrait rattraper Azure si elle continuait sur cette lancée", a déclaré à Reuters Dave Wagner, gestionnaire de portefeuille chez Aptus Capital Advisors. "Mais ce qu'Azure nous montre, c'est qu'elle reste bien dans la course", a-t-il ajouté.
Les "capex" n'effraient pas les investisseurs
Lors de la conférence téléphonique avec les analystes, la directrice financière, Amy Hood, a indiqué que la société tablait, pour le trimestre en cours, sur une nouvelle accélération chez Azure, avec une croissance de 45% hors effets de changes. La dirigeante a expliqué que la demande des clients continuait d'excéder l'offre.
Gene Munster, gérant chez Deepwater AM, évoque une cible "impressionnante". "C'est maintenant que les choses sérieuses commencent : les investisseurs seront-ils rassurés de constater que le secteur des logiciels se porte mieux ?", s'interroge-t-il sur X.
Autre point de nature à rassurer le marché, note Citi, le nombre de licences payantes de Copilot monte en puissance, avec 30 millions d'unités à fin juin, contre 20 millions sur le précédent trimestre, alors que Citi misait sur 28 millions de licences. Sur le précédent trimestre, le nombre de licences payantes avait augmenté de 5 millions seulement.
Amy Hood a par ailleurs indiqué que les "capex" pour le premier trimestre de l'exercice 2026-2027 se situeraient autour de 50 milliards de dollars, soit moins que les 56 milliards de dollars attendus par un consensus cité par Bank of America. Sur l'année civile 2026, ces "capex" atteindront 175 milliards de dollars contre une précédente prévision du groupe de 190 milliards de dollars en raison d'un changement de méthodologie comptable.
"Au final, ces chiffres montrent que les investissements colossaux de Microsoft dans l'IA portaient leurs fruits, apaisant ainsi les inquiétudes des investisseurs qui craignent que l'une des entreprises les plus rentables du secteur technologique ne dépense sans compter pour tenter de dégager des bénéfices qui ne sont pas encore au rendez-vous", résume Reuters.
