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Lvmh : Les marges de LVMH surprennent mais la croissance de la mode et maroquinerie est trop juste et la demande chinoise stagne, l'action est dans le rouge

Aujourd'hui à 11:29
LVMH recule en Bourse

(BFM Bourse) - Le groupe de luxe a livré une copie mitigée lundi soir à l'occasion de la publication de ses résultats semestriels avec une croissance de sa division phare moins bonne qu'escompté alors que la marge opérationnelle courante a dépassé les attentes.

LVMH reste toujours très attendu au tournant sur la publication de ses résultats et de son activité. D'abord parce que le groupe aux 75 maisons demeure la plus importante capitalisation de la Bourse de Paris, avec 227 milliards d'euros.

Ensuite parce qu'avec la diversité de ses métiers (mode, maroquinerie, bijouterie, parfums, horlogeries, spiritueux…), la société présidée et dirigée par Bernard Arnault constitue le grand baromètre de la santé du luxe.

In fine, la copie rendue par l'entreprise à l'occasion de la publication de ses résultats semestriels, lundi soir, s'avère mi-figue mi-raisin. Ce qui se traduit par une sanction boursière relativement mesurée. L'action baisse ainsi de 0,9% en fin de matinée, ce mardi 28 juillet.

Côté pile, la croissance globale de LVMH a dépassé les attentes au deuxième trimestre, avec une progression des revenus en données comparables de 3%, supérieure au consensus (+2%), c'est-à-dire la prévision moyenne des analystes.

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La mode et maroquinerie n'accélère pas assez

Le groupe a notamment été aidé par l'accélération de la division d'horlogerie et joaillerie qui a affiché une accélération de sa croissance à 11% (contre 6% au premier trimestre et 7% attendu). Cette progression s'avère cohérente avec la santé étincelante de la joaillerie du rival Richemont (Cartier Van Cleef & Arpels) dont la croissance a atteint 20% en données comparables sur le même trimestre.

D'autre part, LVMH a généré une rentabilité nettement supérieure aux attentes, la direction recevant plusieurs compliments d'analystes à ce titre lors de la conférence téléphonique de lundi soir.

Au premier semestre 2026, le résultat opérationnel courant a reculé de 4% à 8,69 milliards d'euros, traduisant une marge de 22,5% alors que le consensus était calé à 21,8%.

"Les marges ont été nettement plus élevées, ce qui témoigne d'une maîtrise impressionnante des coûts dans toutes les divisions", apprécie UBS.

Côté face, la division phare du groupe, la mode et maroquinerie (Dior, Louis Vuitton, Fendi, Celine) a certes renoué avec la croissance pour la première fois depuis sept trimestres, mais elle a aussi manqué le coche.

Cette division, qui représente plus de 70% du résultat opérationnel courant, a affiché une progression de ses ventes en données comparables de 1%, contre un consensus logé à 1,7% selon Bernstein. Deutsche Bank estime même que le marché avait même placé la barre à 2%.

La demande chinoise ne s'améliore pas

Par ailleurs, lors de la conférence téléphonique, la direction de la société a indiqué que la demande en Chine avait été globalement stable sur le deuxième trimestre par rapport au premier, rapporte Deutsche Bank.

Pour la banque allemande, "l'absence d'amélioration séquentielle (d'un trimestre sur l'autre, NDLR) du cluster chinois (les dépenses des Chinois en Chine ainsi qu'à l'étranger) et en Asie va probablement éclipser les éléments plus positifs auprès des investisseurs".

"Les commentaires selon lesquels la demande chinoise serait de plus en plus influencée par les évènements ne sont pas non plus de nature à fournir aux investisseurs des preuves tangibles d'une reprise durable. De même, plusieurs éléments positifs concernant Dior ont été mis en avant, tels que la croissance à deux chiffres enregistrée par les clients américains et japonais, mais aucune mention n'a été faite des performances du cluster chinois pour la marque", commente encore Deutsche Bank.

La banque allemande juge que la copie du groupe devrait se traduire par une baisse de l'action entre 1% et 3%, ce qui est effectivement le cas.

In fine, les conclusions des analystes à la publication du groupe s'avèrent assez diverses.

Royal Bank of Canada la juge "rassurante", même si l'absence de surprise lors de la conférence téléphonique ramène l'avenir de l'action à une question. Celle de savoir si la mode et maroquinerie parviendra à accélérer au troisième trimestre, malgré une base de comparaison plus exigeante, pour répondre aux attentes et permettre à l'action de progresser.

Citi est optimiste considérant que ces résultats et le ton relativement rassurant de la direction lors de la conférence téléphonique devraient fournir "de solides fondations" pour la suite. Ce alors que le groupe s'approche d'un point d'inflexion positif sur sa croissance.

Polémique en Chine

Barclays confirme son opinion à "surpondérer" sur le titre, équivalent d'"acheter". La banque pense par ailleurs, à plus long terme, que les marges de la division joaillerie et horlogerie du groupe devraient se rapprocher de celles de Richemont (30,5% contre 16% pour la division de LVMH au premier semestre). Dans cette optique, Barclays pense que le bijoutier Tiffanys sera le grand moteur de croissance, Barclays estimant la progression de ses revenus à 20% au deuxième trimestre.

Oddo BHF confirme aussi son opinion positive, soulignant que "la réaccélération est un peu plus perceptible à présent" et que la mode et maroquinerie est en bonne voie pour retrouver une croissance annuelle supérieure à 5%.

UBS s'avère plus prudente. "Dans l'ensemble, il est peu probable que le deuxième trimestre permette de trancher le débat sur la capacité de LVMH à renouer avec une croissance plus solide des ventes à chiffre 'mid-single-digit' (autour de 5%), compte tenu notamment de la controverse qui perdure en Chine", souligne la banque suisse.

UBS fait référence à un bataille légale qui oppose Louis Vuitton à Molly Tea, une chaîne de thé chinoise, pour des questions de propriété intellectuelle. La société chinoise est accusée par le groupe d'avoir copié le design emblématique de la fleur à quatre pétales de la marque. Le groupe a gagné devant les juges, rapporte la BBC.

Mais sur les médias et réseaux sociaux chinois, "les utilisateurs ont estimé que ce motif ressemblait à des motifs traditionnels chinois, soulevant ainsi des questions concernant l'appropriation culturelle et le comportement des marques de luxe étrangères", souligne UBS.

"Bien que cet événement soit trop récent pour avoir une incidence sur les résultats du deuxième trimestre, nous notons que cette polémique constitue un contexte défavorable alors que les investisseurs s'attendent à une dynamique plus forte en Chine au second semestre, même si des controverses similaires survenues par le passé suggèrent que son impact durable sera limité", déduit la banque.

Lors de la conférence téléphonique, la directrice financière Cécile Cabanis a rappelé que le groupe faisait régulièrement face à des batailles juridiques en matière de propriété intellectuelle, et n'a pas souhaité commenter outre mesure ce dossier.

Julien Marion - ©2026 BFM Bourse
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