(BFM Bourse) - Le groupe de cosmétiques a livré une activité supérieure aux attentes au deuxième trimestre, aidé par l'ensemble de ses divisions à l'exception du luxe. Ce qui démontre une fois de plus la vigueur du modèle du groupe face à la concurrence, qui, elle, patine.
Et si L'Oréal devenait la plus importante société de la Bourse de Paris ? La question paraît de moins en moins incongrue. À l'heure actuelle, le groupe de cosmétiques affiche une capitalisation boursière (la valeur de la totalité des actions) de 212,5 milliards d'euros, et ne se situe plus qu'à une vingtaine de milliards d'euros de LVMH (234 milliards d'euros).
Si LVMH et le luxe dans son ensemble souffrent d'une faiblesse de la reprise en Chine et de l'impact du conflit au Moyen-Orient, L'Oréal enchaîne, pour sa part, les publications solides.
L'activité du groupe au premier trimestre, qui avait été portée par les produits professionnels c'est-à-dire l'offre aux salons de coiffure, avait été saluée par le marché, l'action prenant quasiment 9% dans la foulée de cette publication.
L'Oréal avait notamment démontré que son "beauty stimulus" fonctionnait. Ce plan a été lancé l'an dernier et prévoit un nombre élevé de lancements de produits innovants dans différentes catégories, comme de nouveaux parfums. Citons à titre d'exemple le fond de teint "Skin Ink Infaillible", ou encore, au second semestre 2025, la gamme de soin anti-âge HR "Replasty age recovery" ou encore le lancement d'une ligne de parfums pour homme Prada.
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Une croissance à deux chiffres en Chine
Les résultats semestriels du groupe de beauté et de cosmétiques s'inscrivent dans cette bonne tendance. L'Oréal a une nouvelle fois dépassé les attentes et son action grimpe encore de 4,3% ce jeudi 30 juillet à la Bourse de Paris vers 11h20, signant l'une des plus fortes hausses du CAC 40.
Sur le seul deuxième trimestre, L'Oréal a dégagé une croissance de 8,2% en données publiées et de 6% en données comparables, à 11,62 milliards d'euros.
Retraitée des impacts liés aux déploiements des nouveaux systèmes informatiques SAP (qui ont conduit le groupe à surstocker dans certaines régions et divisions), la croissance en données comparables s'établit à 6,3%.
L'Oréal a dépassé les attentes du consensus (la prévision moyenne des analystes), logées à 5,6%.
Par division, les produits professionnels ont encore signé une croissance robuste, avec une progression des revenus de 10,1%, contre un chiffre de 9,6% attendu par les analystes.
L'Oréal a surtout pu compter sur la beauté dermatologique (Cerave, La Roche Posay) pour dépasser les attentes. Cette division a grimpé de 11,1% sur le trimestre en données comparables, atomisant le consensus logé à 7,3%.
Les produits de grande consommation ont également dépassé les attentes (4,6% contre 3,6%).
Le seul "raté" provient de la vision luxe, qui rassemble les parfums ou les crèmes Kiehl ou Aesop. Cette division a enregistré une croissance de 4,7% contre 5,6% attendu.
Barclays note que le segment a pâti de la faiblesse du "travel retail", c'est-à-dire les ventes détaxées dans les aéroports, et de l'activité plus faible à Hainan, un haut lieu de villégiature des touristes en Chine.
"Mais la bonne nouvelle, c'est que L'Oréal a réussi à faire progresser son chiffre d'affaires en Chine dans le segment du luxe, malgré un marché qui reste difficile", tranche toutefois la banque britannique.
Confiance sur le second semestre
Sur l'ensemble du premier semestre, L'Oréal a dégagé des revenus de 22,47 milliards d'euros, en hausse de 6,5% en données comparables et retraitée des impacts informatiques.
Le résultat d'exploitation a progressé de 6,8% à 5,06 milliards d'euros, pour une marge correspondante de 21,3% contre 20,2% un an plus tôt. Le bénéfice net par action a grimpé de 4,8% à 7,4 euros.
Le résultat d'exploitation a dépassé les attentes de 1%, le bénéfice par action de 2%.
"La très bonne croissance organique du deuxième trimestre à données ajustées des effets informatiques ainsi que la qualité de l’amélioration de la marge opérationnelle courante du premier semestre (une hausse de 0,2 point de pourcentage quand le consensus Visible Alpha tablait sur 0,11 point) devraient être bien accueillis", juge Oddo BHF.
Pourtant à sous-performance sur le titre (équivalent de vendre), Jefferies juge que le groupe a livré "des résultats solides".
"Notre principale conclusion est qu'il s'agit là d'une solide performance de croissance, d'autant plus que les entreprises du secteur sont confrontées à une baisse de la demande depuis le début de l'année, et que cette performance marque une accélération par rapport aux tendances sous-jacentes récentes", apprécie la banque.
"L'Oréal est dans une classe à part et gagne des parts de marché", loue de son côté Barclays.
La banque britannique rapporte que la direction de la société a, lors de la conférence téléphonique avec les analystes, fait preuve de confiance sur le second semestre, malgré une base de comparaison plus exigeante. La société sera soutenue par son "beauty stimulus" et par l'accélération du marché des cosmétiques, écrit l'établissement.
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