(BFM Bourse) - Le spécialiste des cosmétiques a livré une progression de ses revenus nettement inférieure aux attentes en raison de la faiblesse de l'Asie du Nord et de sa division luxe. La faute à un "travel retail" compliqué en Chine. La direction se montre toutefois optimiste pour 2026.
"Hmmm"… Le titre de la note de Royal Bank of Canada dédiée aux résultats 2025 de L'Oréal résume assez bien la circonspection des investisseurs ce vendredi 13 février.
Le groupe de luxe et de cosmétiques chute de 3,8% à la Bourse de Paris, vers 10h50, alors que la société a livré une dynamique insuffisante aux yeux du marché, sur la fin de 2025.
L'Oréal reste une source de débats récurrents au sein de la communauté financière pour sa valorisation (environ 28 fois les bénéfices attendus au cours des douze prochains mois) jugée généreuse et exigeante par beaucoup d'analystes.
La société dirigée par Nicolas Hieronimus se doit en conséquence de répondre à des attentes élevées en matière de croissance à chaque publication, pour conserver voire consolider son crédit auprès du marché.
>> Accédez à nos analyses graphiques exclusives, et entrez dans la confidence du Portefeuille Trading
Les investisseurs espéraient mieux
Le groupe avait nettement manqué le coche au troisième trimestre. Malheureusement pour ses actionnaires, c'est encore le cas pour le quatrième.
Sur la période allant d'octobre à fin décembre, L'Oréal a dégagé des revenus de 11,25 milliards d'euros, traduisant une croissance en données comparables de 6%.
Ce rythme, certes soutenu, reste trop timoré pour le marché. Selon Citi, le consensus (la prévision moyenne des analystes) était calé à 6,3% en données comparables. Surtout, les "buy-side", c'est-à-dire les investisseurs, avaient placé la barre encore plus haute, ajoute la banque américaine.
"La croissance globale des ventes de 6% (…) est légèrement inférieure aux attentes des 'buy-sides' que nous estimons autour de 7%", confirme Jefferies.
Par divisions, L'Oréal a connu des fortunes assez diverses. La beauté dermatologique, qui inclut par exemple les marques La Roche Posay et Cerave, affiche une croissance robuste de 11,5%, nettement supérieure au consensus, tandis que les produits grands publics (Garnier, Mixa, Nyx) ont répondu aux attentes avec une progression de 4,8%.
Les produits destinés aux professionnels, comme les coiffeurs, se sont légèrement inscrits en deçà du consensus, avec une croissance de 7,6% contre 8,6% attendu.
La principale source de déception provient de la division "Luxe" (parfums, soins de la peau Aesop ou Takami) de L'Oréal où la croissance s'est seulement établie à 4,5%, là où les analystes retenaient un taux de 7,3%.
Le "travel retail" pèse en Chine
Par régions, cette fois, L'Oréal a dépassé le consensus en Europe (6,6% contre 4,5%) et surtout en Amérique du Nord (8,6% contre 7,9%), zone sur laquelle le marché avait de fortes attentes.
A contrario, l'Asie du Nord, qui inclut la Chine, grande source de croissance de L'Oréal, a "été la véritable déception" de la publication, explique Oddo BHF.
L'Oréal a connu une croissance de seulement 0,6% dans cette région en données comparables, en nette décélération par rapport au précédent trimestre (4,7%) et largement inférieure aux attentes (5,6%).
Lors d'une conférence téléphonique, le directeur financier Christophe Babule a expliqué aux analystes que L'Oréal avait encore pâti de la faiblesse du "travel retail".
Ces ventes réalisées dans les boutiques détaxées, comme celles présentes dans les aéroports, ont particulièrement souffert en Corée du Sud et en Chine continentale, a ajouté le dirigeant.
Pour donner un ordre d'idée, le "travel retail" en Asie a retiré 70 points de base de croissance (0,7 point) au niveau du groupe au quatrième trimestre, selon une présentation partagée par l'entreprise.
Le directeur général, Nicolas Hieronimus, a expliqué que la principale application de duty free en Chine, Sunrise, a été fermée pendant plusieurs jours, et que plusieurs changements ont eu lieu chez des opérateurs d'aéroports. Ce qui a conduit à des déstockages, a-t-il poursuivi.
Le dirigeant a toutefois évoqué un impact "temporaire". "Je pense que nous avons atteint le plancher", a-t-il ajouté.
Optimisme pour 2026
Sur l'ensemble de 2025, L'Oréal a dégagé des revenus de 44,05 milliards d'euros, en hausse de 4% en données comparables. La marge d'exploitation a progressé de 0,2 point de pourcentage à 20,2% tandis que le bénéfice net a baissé de 4,4% à 6,13 milliards d'euros.
Interrogé par les analystes sur les perspectives pour 2026, Nicolas Hieronimus a préféré ne pas donner de chiffres précis sur le marché de la beauté. "J'ai compris qui si vous faites une prévision trop précise, cela crée beaucoup de discussions", a-t-il déclaré.
Le directeur général a néanmoins assuré que l'année "démarrait bien", avec de bonnes tendances en Chine et aux États-Unis. Nicolas Hieronimus a ajouté que la société se montrait "ambitieuse" pour 2026.
"Le marché sera ce qu'il sera mais nous voulons faire mieux" qu'en 2025, a-t-il conclu. Nicolas Hieronimus a, dans cette optique, indiqué que le "stimulus beauté" de L'Oréal aurait davantage d'impact en 2025 qu'en 2026.
Ce plan a été lancé l'an dernier et prévoit un nombre élevé de lancements de produits innovants dans différentes catégories, comme de nouveaux parfums. Citons à titre d'exemple le fond de teint "Skin Ink Infaillible", ou encore, au second semestre 2025, la gamme de soin anti-âge HR "Replasty age recovery" ou encore le lancement d'une ligne de parfums pour homme Prada.
Les commentaires de Nicolas Hieronimus sur la Chine et les perspectives ont permis à l'action, qui perdait plus de 6% en début de séance, de regagner un peu de terrain.
Recevez toutes les infos sur LOREAL en temps réel :
Par « push » sur votre mobile grâce à l’application BFM Bourse
Par email
