(BFM Bourse) - Le groupe de luxe a publié ce mardi 10 février ses résultats annuels, avec des revenus supérieurs aux attentes, une dette nette plus faible qu'anticipé par les analystes et un engagement à revenir à la croissance et une hausse des marges dès cette année. Luca de Meo évoque "une année de reconstruction" avec davantage de fermetures de magasins.
Kering a servi au marché à peu près tout ce qu'il voulait entendre, ce mardi 10 février. Les investisseurs apprécient et le titre bondit de 13,5% vers 9h20, alors que la société a livré des résultats supérieurs aux attentes et que sa direction a envoyé des messages forts pour revenir à la croissance en 2026.
"Kering n'en est qu'au début d'un redressement qui s'étendra sur plusieurs années, et les résultats de l'exercice 2025 devraient suffire à rappeler aux investisseurs la direction prise, compte tenu d'une amélioration séquentielle (d'un trimestre sur l'autre) satisfaisante entre le troisième et le quatrième trimestre", écrit Deutsche Bank.
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Gucci fait (un peu) mieux qu'attendu
Le groupe de luxe est dans le dur depuis plus de deux ans, la faute à des ventes de Gucci en chute libre. En 2025, les revenus de la griffe italienne se sont d'ailleurs effondrés de 19% en données comparables, alors que la marque représente toujours 40% des ventes du groupe et 60% de son résultat opérationnel.
L'espoir a toutefois regagné le marché l'an passé, avec un choix audacieux. La famille Pinault s'est retirée de la direction et a choisi de confier les rênes de la société à Luca de Meo, le désormais ex-patron de Renault. Inconnu du monde du luxe, le "car guy" a pris une série de décisions radicales, avec une réorganisation managériale, le report à 2028 au plus tôt du rachat de Valentino, et la cession de la division "beauté" (c'est-à-dire les parfums) à L'Oréal.
En parallèle, l'activité du groupe, certes en fort repli, a dépassé les attentes au troisième trimestre. Tous ces éléments on permis à l'action de bondir de plus de 70% entre la nomination de Luca de Meo en juin et la fin 2025.
Kering a, donc, entretenu cette confiance retrouvée du marché, ce mardi. Les résultats au titre de 2025 ont légèrement dépassé les attentes à tous les étages.
Sur le seul quatrième trimestre, Kering a affiché des ventes en repli de 3% en données comparables, atteignant 3,905 milliards d'euros, après un repli de 5% sur le trimestre précédent.
Le chiffre global a encore été lesté par Gucci dont l'activité a reculé de 10%, repli qui marque toutefois une amélioration par rapport au trimestre précédent (-14% en données comparables).
Les ventes de Yves Saint Laurent ont été stables, tandis que celles de Bottega Veneta et des "autres Maisons (dont Balenciaga)" ont grimpé de 3% en données comparables.
Selon un consensus cité par Barclays, les analystes tablaient sur un repli des ventes de 5% en données comparables, avec une baisse de 11% pour Gucci.
La dette nette nettement réduite
Sur l'ensemble de l'année, les revenus de Kering ont baissé de 10% en données comparables à 14,675 milliards d'euros.
Le résultat opérationnel courant a chuté de 33% à 1,63 milliard d'euros, contre 1,61 milliard d'euros attendu par le consensus.
Le bénéfice net est passé de 1,133 milliard d'euros en 2024 à 72 millions d'euros en 2025, soit une chute de 93,6%.
Point important: la dette nette de Kering s'est réduite de 2,5 milliards d'euros pour atteindre 8 milliards d'euros "grâce un meilleur flux de trésorerie et aux cessions d'immobiliers", remarque Citi qui évoque un "élément positif".
Kering a annoncé qu'il verserait un dividende de 3 euros par action au titre de 2025, avec, en plus, 1 euro par action de dividende exceptionnel lié à la cession des activités "beauté" à L'Oréal.
Pour 2026, Kering a déclaré "avoir un objectif clair" à savoir "renouer avec la croissance et améliorer ses marges, dès cette année".
Ces perspectives, davantage qualitatives que chiffrées, sont plus ou moins en phase avec les attentes, les analystes tablant sur un retour à la croissance pour 2026, avec un notamment un rebond de 5% chez Kering.
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