Connexion
Mot de passe oublié Pas encore de compte ?

KERING

KER - FR0000121485 SRD PEA PEA-PME
288.900 € +11.24 % Temps réel Euronext Paris

Kering : Malgré un bénéfice en chute libre de 94% , la promesse d'un retour à la croissance et les importantes fermetures de magasins de Kering ravissent la Bourse, l'action bondit de 11%

Aujourd'hui à 11:46
Kering à la relance?

(BFM Bourse) - Le groupe de luxe a publié ce mardi 10 février ses résultats annuels, avec des revenus supérieurs aux attentes, une dette nette plus faible qu'anticipé par les analystes et un engagement à revenir à la croissance et une hausse des marges dès cette année. Luca de Meo a par ailleurs réussi sa prise de parole.

Kering a servi au marché à peu près tout ce qu'il voulait entendre, ce mardi 10 février. Les investisseurs apprécient et le titre bondit de 11% vers 12h, alors que la société a livré des résultats supérieurs aux attentes et que sa direction a envoyé des messages forts pour revenir à la croissance en 2026.

"Kering n'en est qu'au début d'un redressement qui s'étendra sur plusieurs années, et les résultats de l'exercice 2025 devraient suffire à rappeler aux investisseurs la direction prise, compte tenu d'une amélioration séquentielle (d'un trimestre sur l'autre) satisfaisante entre le troisième et le quatrième trimestre", écrit Deutsche Bank.

>> Accédez à nos analyses graphiques exclusives, et entrez dans la confidence du Portefeuille Trading

Gucci fait (un peu) mieux qu'attendu

Le groupe de luxe est dans le dur depuis plus de deux ans, la faute à des ventes de Gucci en chute libre. En 2025, les revenus de la griffe italienne se sont d'ailleurs effondrés de 19% en données comparables, alors que la marque représente toujours 40% des ventes du groupe et 60% de son résultat opérationnel.

L'espoir a toutefois regagné le marché l'an passé, avec un choix audacieux. La famille Pinault s'est retirée de la direction et a décidé de confier les rênes de la société à Luca de Meo, le désormais ex-patron de Renault.

Inconnu du monde du luxe, le "car guy" a pris une série de décisions radicales, avec une réorganisation managériale, le report à 2028 au plus tôt du rachat de Valentino, et la cession de la division "beauté" (c'est-à-dire les parfums) à L'Oréal.

En parallèle, l'activité du groupe, certes en fort repli, a dépassé les attentes au troisième trimestre. Tous ces éléments on permis à l'action de bondir de plus de 70% entre la nomination de Luca de Meo en juin et la fin 2025.

Kering a, donc, entretenu cette confiance retrouvée du marché, ce mardi. Les résultats au titre de 2025 ont légèrement dépassé les attentes à tous les étages.

Sur le seul quatrième trimestre, Kering a affiché des ventes en repli de 3% en données comparables, atteignant 3,905 milliards d'euros, après une baisse de 5% sur le trimestre précédent.

Le chiffre global a encore été lesté par Gucci dont l'activité a reculé de 10%, repli qui marque toutefois une amélioration par rapport au trimestre précédent (-14% en données comparables).

Les ventes de Yves Saint Laurent ont été stables, tandis que celles de Bottega Veneta et des "autres Maisons (dont Balenciaga)" ont grimpé de 3% en données comparables.

Selon un consensus cité par Barclays, les analystes tablaient sur un repli des ventes globales de 5% en données comparables, avec une baisse de 11% pour Gucci.

La dette nette nettement réduite

Sur l'ensemble de l'année, les revenus de Kering ont baissé de 10% en données comparables à 14,675 milliards d'euros.

Le résultat opérationnel courant a chuté de 33% à 1,63 milliard d'euros, contre 1,61 milliard d'euros attendu par le consensus.

Le bénéfice net est passé de 1,133 milliard d'euros en 2024 à 72 millions d'euros en 2025, soit une chute de 93,6%.

Cette ligne de compte a été plombée par des charges de restructuration. Hors éléments exceptionnels, le résultat net récurrent des activités poursuivies part du groupe à 532 millions d'euros en baisse de 56% sur un an.

Point important: la dette nette de Kering s'est réduite de 2,5 milliards d'euros pour atteindre 8 milliards d'euros "grâce un meilleur flux de trésorerie et aux cessions d'immobiliers", remarque Citi qui évoque un "élément positif".

Kering a annoncé qu'il verserait un dividende de 3 euros par action au titre de 2025, avec, en plus, 1 euro par action de dividende exceptionnel lié à la cession des activités "beauté" à L'Oréal.

Pour 2026, Kering a déclaré "avoir un objectif clair" à savoir "renouer avec la croissance et améliorer ses marges, dès cette année".

Ces perspectives, davantage qualitatives que chiffrées sont plus ou moins en phase avec les attentes, les analystes tablant sur un retour à la croissance pour 2026, avec un notamment un rebond de 5% chez Kering, note Barclays.

Point important: la dette nette de Kering s'est réduite de 2,5 milliards d'euros pour atteindre 8 milliards d'euros "grâce un meilleur flux de trésorerie et aux cessions d'immobiliers", remarque Citi qui évoque un "élément positif".

Kering a annoncé qu'il verserait un dividende de 3 euros par action au titre de 2025, avec, en plus, 1 euro par action de dividende exceptionnel lié à la cession des activités "beauté" à L'Oréal.

De Meo séduit la Bourse

Pour 2026, Kering a déclaré "avoir un objectif clair" à savoir "renouer avec la croissance et améliorer ses marges, dès cette année".

Ces perspectives, davantage qualitatives que chiffrées, sont plus ou moins en phase avec les attentes, les analystes tablant sur un retour à la croissance pour 2026, avec un notamment un rebond de 5% chez Kering.

"Ces résultats indiquent une légère amélioration dans l'ensemble du portefeuille de marques et des activités de Kering (…) la question clé pour les investisseurs sera de savoir si cela pourrait être le signe avant-coureur d'un tournant, permettant à des marques telles que Gucci de renouer avec la croissance", écrit Luca Solca de Bernstein.

Peut-être davantage que les résultats financier, l'intervention de Luca de Meo a marqué les esprits. Le dirigeant italien a pris la parole lors d'une conférence téléphonique organisée à 8h avec les analystes. Jefferies s'attendait à ce que cette première intervention devant la communauté financière soit très suivie.

Luca de Meo n'a pas déçu. Sans livrer toutes les pistes du redressement qu'il prévoit pour la société (cela surviendra lors d'un Capital Market Day, le 16 avril prochain), le dirigeant italien a donné de nombreux indices. "Le ton était confiant", résume Barclays.

"Le marché a apprécié plusieurs éléments de l'intervention de Luca de Meo, notamment le commentaire sur le fait que la 'topline' (l'activité) a atteint un point bas sur 2025 et qu'il était confiant sur la reprise pour 2026. Les indications du directeur financier quant au potentiel de rebond de la marge sont également encourageantes", explique à BFM Bourse, Charles-Louis Scotti, analyste chez Kepler Cheuvreux.

"Le marché est, par ailleurs, assez convaincu par le renouveau créatif de Gucci, Luca de Meo ayant indiqué une bonne réception des nouvelles collections de Demna", poursuit l'analyste.

Luca de Meo a notamment expliqué qu'il avait des signes positifs y compris chez Gucci où les premiers articles de "La Famiglia", la nouvelle collection du directeur artistique Demna, ont été bien reçus. Le dirigeant a convenu que l'étendue de la distribution de ces articles portait sur "une partie limitée de l'offre" et que Gucci avait encore du chemin à faire pour se redresser.

Environ 20% des magasins seront fermés d'ici 2028

Le dirigeant italien a aussi expliqué qu'il comptait davantage travailler sur la partie "amont" de l'activité de Kering, ce qui recoupe notamment la procédure manufacturière, les achats et la logistique. Pour cela, des prochaines personnes extérieures au monde du luxe seront nommées au sein de Kering, de sorte à "apporter de nouvelles perspectives au management", a expliqué Luca de Meo.

Le dirigeant a également indiqué que le groupe serrerait encore les coûts. "Quant aux mesures d'économies et notamment d'optimisation des réseaux de magasins, le groupe annonce une réduction de 20% attendue sur la période 2025 et 2028, quand nous nous attendions à une baisse autour de 15%", souligne, sur ce point, Charles-Louis Scotti.

En 2025, le groupe a fermé 75 magasins en nets, et compte encore baisser le rideau cette année sur un total d'au moins 100 magasins. À fin 2025, Kering opérait en direct 1.719 magasins.

Le directeur des opérations, Jean-Marc Dupleix, a expliqué que ces décisions auraient un impact négatif sur la croissance de la société. Mais les fermetures de ces magasins dilutifs (c'est-à-dire qui ont un impact négatif sur la rentabilité) permettront d'améliorer la productivité moyenne de la société et "d'accroître la densité des ventes" au mètre carré, a ajouté le dirigeant.

Au-delà de ces éléments "plus largement, le marché fait le pari de Kering va retrouver le chemin de la croissance avec un potentiel de rebond", conclut Charles-Louis Scotti.

Interrogé sur l'évolution des principales marques de la société, Luca de Meo a estimé que Bottega Veneta et Saint Laurent sont "là où elles doivent être" et l'objectif sera de se focaliser sur "le potentiel de croissance" de ces deux griffes.

Gucci pour sa part "est dans une différente situation après avoir souffert sur sa désirabilité" et doit donc être relancé par son nouvelle équipe dirigeante.

Quant à Balenciaga, Luca de Meo a déclaré qu'un "point d'interrogation" existait sur cette marque, tout considérant que cette marque servait de "pont pour attirer de nouvelles générations".

Julien Marion - ©2026 BFM Bourse
Vous suivez cette action ?

Recevez toutes les infos sur KERING en temps réel :

Par « push » sur votre mobile grâce à l’application BFM Bourse


Par email

Forum suspendu temporairement
Portefeuille Trading
+336.50 % vs +68.08 % pour le CAC 40
Performance depuis le 28 mai 2008

Newsletter bfm bourse

Recevez gratuitement chaque matin la valeur du jour