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KERING

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Kering : Kering dégringole, pénalisé par Gucci

Aujourd'hui à 12:27
BFM Bourse

(Zonebourse.com) - Kering chute d'environ 13% à 186,76 euros, signant la plus forte baisse du CAC 40 ce vendredi matin. L'action du géant du luxe est sanctionnée par les investisseurs en raison de chiffres de ventes décevants au 3e trimestre. Cette période a été marquée par les difficultés persistantes de sa marque phare Gucci et l'abandon d'un objectif de marge clé pour le 2e semestre.

Sur ce trimestre, les ventes de Kering se sont repliées de 1% à données comparables à 3,345 milliards d'euros. Elles sont inférieures au consensus : 3,365 MdsEUR.

Au cours des neuf premiers mois de 2026, Kering a généré un chiffre d'affaires de 10,565 MdsEUR, en baisse de 2% en données publiées et stable en données comparables, tout en poursuivant l'optimisation de son réseau de magasins.

Gucci peine toujours à se relancer

Le chiffre d'affaires de la division Mode & Maroquinerie recule de 3% en comparables sur ce trimestre à 2,743 milliards d'euros, pénalisée par Gucci. Sur cette période, les ventes de cette marque phare s'élèvent à 1,291 MdEUR, soit un recul de 6% à données comparables et 60 points de base sous le consensus établi par la société et 270 points sous le consensus Bloomberg, qui tablait sur 3,3%. Invest Securities rapporte que d'autres analystes tablaient sur un repli de 4,8%. "La performance de Gucci a reflété une base de comparaison plus exigeante et un effet de nouveauté moins marqué qu'au 2e trimestre. Si le trafic est resté la principale contrainte à la performance, le taux de conversion, le prix moyen et le panier moyen se sont encore améliorés grâce au déploiement progressif des nouvelles collections", explique le groupe de luxe.

Toujours concernant Gucci, plus alarmant encore, les ventes du réseau de boutiques en propre, celles qui mesurent la demande réelle, chutent de 9%, soit près de trois points sous le consensus de la société. A l'inverse, les ventes en gros bondissent de 45%, à 120 MEUR, et représentent désormais 9% du chiffre d'affaires de la marque. Kering explique "cette envolée par une base de comparaison faible et des effets de carnet de commandes". Les analystes de Bernstein sont moins indulgents et se demandent s'il s'agit du signe d'une pression commerciale accrue sur le canal de distribution, ce qui serait selon eux négatif.

Les ventes de Gucci par zone géographique restent tout aussi inquiétantes que le chiffre global. Elles ont été communiquées lors de l'audioconférence hier soir. Les ventes du réseau en propre progressent de 1% en Amérique du Nord, contre 10% au 2e trimestre. L'Europe de l'Ouest est stable après un recul de 1%, le Japon ralentit de 9% à 4%, et l'Asie-Pacifique passe de 1 à 8% de baisse, la Chine continentale restant le principal frein. Selon Jefferies, les clientèles chinoise et américaine ont toutes deux ralenti d'environ 500 points de base par rapport au 2e trimestre. Le consommateur américain aspirationnel, celui qui achète le premier sac d'une marque, s'est retiré.

Hors Gucci, les ventes du réseau en propre de la division Mode et Maroquinerie gagnent 2%, Saint Laurent confirmant son retour à la croissance et Bottega Veneta affichant une progression à un chiffre élevé.

En outre, les performances des autres divisions du groupe montrent des signes encourageants. Le chiffre d'affaires de Kering Jewelry progresse de 12% en données publiées et de 11% en données comparables, celui de Kering Eyewear de 6% en données publiées et de 4% en données comparables.

Par canal de distribution, au 3e trimestre, les ventes globales du réseau en propre, qui incluent l'e-commerce, ont reculé de 3% en données comparables, avec des évolutions qui restent contrastées selon les régions et les Maisons. Les revenus Wholesale et Autres ont progressé de 3% en données comparables.

Commentant cette publication trimestrielle, Deutsche Bank estime que "le redressement de Kering demeure complexe, Gucci ne montrant pas encore de signes convaincants de stabilisation, avec ce repli des ventes de 6% à taux de change constants, soit un niveau légèrement inférieur au consensus. Ce résultat s'explique par la combinaison d'une base de comparaison plus exigeante de 11 points de pourcentage et du calendrier de lancement des collections en septembre."

La banque allemande souligne que la confiance des investisseurs quant au redressement de Gucci devrait rester fragile, bien que la direction ait souligné que septembre a été le mois le plus solide du trimestre et que de nouvelles collections sont prévues pour le 4e trimestre.

De son côté, UBS rélève aussi une nette détérioration chez Gucci. Les ventes au détail y ont chuté de 9% (contre -2% au 2e trimestre), un repli tiré par la quasi-totalité des régions, ce qui suggère que le redressement perd de son élan. Bien que Kering continue de tenir ses engagements sur les coûts sous la direction du PDG de Meo, l'absence de progrès significatifs dans la relance de la croissance chez Gucci - qui reste le point d'attention majeur des investisseurs - risque selon nous de décevoir. Cela remet en question à la fois les attentes du consensus quant à une croissance du bénéfice net par action d'environ 50% en 2027 et la valorisation actuelle.

Par conséquent, la banque suisse abaisse de nouveau ses estimations de bénéfices par action récemment révisées de -7% / -2% / -3% pour les exercices 2026, 2027 et 2028. Elle maintient sa recommandation à Neutre, dans l'attente de preuves plus tangibles d'une reprise durable de la dynamique des ventes de Gucci.

Jefferies en a fait de même : le bureau d'études anticipe des prévisions de bénéfices par action de 4,3% pour 2026 et de 9,5% pour 2027, se plaçant ainsi 11,6% et 15,9% sous le consensus d'avant publication.

Déception attendue sur la marge du 2e semestre

Les prévisions de marge sont l'autre sujet qui a déçu les investisseurs. Lors de l'audioconférence d'hier soir, la direction de Kering a confirmé que la marge opérationnelle courante de 2026 s'améliorerait par rapport à 2025 (11,1%). Mais celle du 2e semestre ne dépasserait pas la marge de 12,8% réalisée au 1er, renonçant ainsi à l'un des jalons clés attendus par le marché.

Interrogée par ailleurs sur le maintien de l'objectif d'un retour à la croissance cette année, Armelle Poulou, la directrice financière, a refusé de commenter et renvoyé à la publication des résultats annuels. Toutefois, elle a reconnu qu'il restait encore beaucoup de travail à faire en Chine", comme le confie Invest Securities.

Reconfigurations et fermetures de magasins

Outre la publication de ses chiffres de ventes au 3e trimestre, Kering a annoncé qu'il accélère sa restructuration sous la houlette de son PDG Luca de Meo, pour faire face à cette conjoncture, après 75 fermetures nettes de magasins en 2025, Kering en a fermé 105 au cours des 9 mois 2026. Le groupe a ainsi dépassé, en avance sur le calendrier, son objectif annuel de 100 fermetures nettes et anticipe désormais au moins 125 fermetures nettes sur l'exercice 2026.

Le géant du luxe mise désormais sur la gamme Gucci Core (sacs emblématiques, mocassins à mors, pièces en cuir classiques avec le logo), attendue en boutique dès novembre, pour relancer l'attractivité de la marque et maintenir son cap à long terme : doubler la marge opérationnelle courante d'ici la fin de la décennie.

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