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HERMES INTL

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Hermes intl : Avec une action en baisse de 23% cette année, la réputation et le statut boursiers d'Hermès sont sérieusement écornés… À tort?

Aujourd'hui à 16:19
Hermès est dans le dur en Bourse

(BFM Bourse) - Réputé pour ses qualités qui conjuguent croissance et vertus défensives, le sellier-maroquinier a souffert en Bourse ces dernières semaines. Sa capacité à surperformer son secteur est remise en cause. Mais certains analystes restent confiants sur le titre, jugeant qu'il a été survendu.

Pour les spécialistes de marché, Hermès est censé être synonyme de valeur "sûre". Le sellier maroquinier reste la meilleure performance du CAC 40 sur le long terme, comme nous l'avions encore souligné dans un récent article. Sur dix ans, le groupe affiche une hausse de 430%.

Hermès est connu pour être capable d'affronter les pires tempêtes, avec une croissance à toute épreuve (21% en 2023, 15% en 2024, 9% en 2025). En 2024, année durant laquelle le luxe avait commencé à souffrir en Bourse, l'action du groupe avait enregistré une hausse de 21% quand celle de LVMH avait accusé une baisse de 13,4% et celle de Kering avait chuté de plus de 40%.

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Le modèle d'entreprise d'Hermès, en particulier dans le segment le plus important de la maroquinerie, repose sur une offre limitée par les capacités de production, ce qui permet de mieux contrôler les volumes, les prix et les marges que les concurrents, expliquait l'an passé Deutsche Bank.

"La demande soutenue pour les sacs phares Birkin et Kelly contribue à soutenir les ventes des autres catégories et Hermès propose des prix plus accessibles dans des domaines tels que la soie et les parfums", rappelait l'établissement. "Il y a peu de domaine dans lequel Hermès n'est pas le meilleur élève de la classe", assurait encore la banque.

Le conflit au Moyen-Orient pèse

Mais le statut boursier du groupe est grandement mis à mal cette année. L'action Hermès chute de 23,2% depuis le 1er janvier, sept fois plus que le CAC 40 (-3,4%).

Comme l'ensemble du luxe, le groupe a pâti des craintes liées aux répercussions du conflit au Moyen-Orient sur la demande de produits de luxe.

Cette guerre provoque une baisse des ventes de ce type d'articles dans la région, une des rares à s'être montrée dynamique pour le secteur du luxe depuis 2024, et pénalise également le tourisme. La clientèle provenant des pays du Golfe voyage forcément beaucoup moins, réduisant ainsi ses dépenses touristiques, notamment en France. Rappelons qu'environ 30% des achats de luxe sont effectués à l'étranger.

Or UBS estime qu'Hermès affiche une exposition relativement élevée à la clientèle du Golfe, l'établissement la chiffrant autour de 8%, contre un taux "mid-single-digit" (autour de 5%) pour l'ensemble des autres acteurs du secteur.

Barclays s'attend notamment à ce que la France affiche, chez Hermès, un repli de 1,5% de ses revenus en données comparables au premier trimestre, l'Hexagone étant privé d'une importante source de revenus avec la clientèle du Golfe.

Par ailleurs, "nos vérifications de canaux en Chine suggèrent que les grandes marques mondiales sous-performent en matière de reprise des volumes", ajoute Barclays. En conséquence, la banque s'attend à une contribution négative des volumes dans cette zone et retient un taux de croissance de la zone Asie-Pacifique chez Hermès de seulement 4,5%.

Un premier trimestre dans le dur

Plus largement, les analystes ont nettement revu à la baisse leurs prévisions de croissance pour le groupe au titre du premier trimestre 2026. HSBC retient une hausse de 7,6% en données comparables, UBS est à 7%, Royal Bank of Canada à 5,9% et Barclays à 6% également.

Comme le souligne la banque britannique, si le sellier-maroquinier publiait effectivement une progression de ses revenus en ligne avec ses attentes, il s'agirait tout simplement de la plus faible croissance du groupe depuis le Covid.

"Si notre analyse s'avère juste, les investisseurs risquent de s'interroger sur la viabilité du modèle de croissance à long terme d'Hermès, sur le moment et la certitude d'un retournement de tendance, ainsi que sur la prime de valorisation dont bénéficie Hermès par rapport à ses concurrents", prévient Barclays.

De son côté, UBS a réitéré sa thèse sur le titre, lundi. La banque suisse écrit depuis l'été dernier que la taille et l'explosion des revenus - ils ont doublé depuis 2019 - du groupe français ont pu devenir préjudiciables à l'attrait de ses produits. Ce qui limite la capacité de la société à surperformer son marché.

"À notre avis, sa taille croissante pourrait le rendre un peu moins à l'abri des tendances générales du secteur que ce à quoi le marché est habitué, ce qui exercerait une pression continue sur ses multiples de valorisation", a encore écrit UBS lundi.

"Hermès semble connaître un ralentissement de sa dynamique : le prix des produits emblématiques de la marque sur le marché secondaire s'est stabilisé après avoir atteint un pic en 2022, à l'instar d'autres marques emblématiques du secteur", a estimé mercredi Bernstein.

L'intermédiaire financier évoque le risque que le sellier-maroquinier subisse un scénario à la Ferrari, qui l'an passé, avait "vu sa 'formule de croissance être mise à rude épreuve'".

Hermès reste le plus beau nom du secteur

Néanmoins, Bernstein relativise cette menace. Primo, la valorisation d'Hermès intègre déjà ce scénario noir. Secundo, Hermès dispose, contrairement au groupe automobile, encore d'une importante "marge de manœuvre sur les prix inexploitée". Tertio, Hermès semble immune aux changements technologiques sur ses produits, ce qui n'est pas là encore le cas pour Ferrari avec les véhicules électriques et autonomes.

Par ailleurs, l'intermédiaire financier se veut rassurant sur les tendances globales et structurelles du luxe.

"Il est certain que les Chinois sont confrontés à une crise immobilière dont la résolution prendra des années – mais, d’après nos dernières observations, la demande chinoise se redressait progressivement, même si ce regain s’appuyait sur un moral des consommateurs encore fragile", explique Bernstein.

"Une polarisation accrue des richesses et des revenus pourrait remettre en cause la formule de croissance éprouvée des grandes marques de luxe – mais Hermès devrait être mieux armé que la plupart de ses concurrents du secteur du luxe 'soft' (les vêtements et la maroquinerie, NDLR) pour s’adapter à ce nouvel environnement", poursuit le bureau d'études.

In fine, Bernstein penche pour un diagnostic "bénin" sur l'état de santé d'Hermès. L'intermédiaire financier évoque "un ralentissement temporaire dû en grande partie à une combinaison de la distraction des consommateurs, de bases de comparaison plus difficiles et – peut-être – d'une gestion tactique des stocks".

Hermès reste selon le bureau d'études le nom "le plus structurellement" attrayant sur le luxe.

Bernstein reconnaît qu'il est difficile d'être positif à court terme sur le titre en raison du début d'année "faible" qui se profile.

Mais l'intermédiaire financier conseille de faire le dos rond, confirmant son conseil à "surperformance", équivalent d'acheter, avec un objectif de cours de 2.250 euros. Cette cible accorde un potentiel de plus de 35% sur le titre.

Bernstein anticipe par ailleurs une croissance encore robuste pour la société en 2026, de 9,7% en 2026.

D'autres bureaux d'études plaident pour se positionner sur l'action. Royal Bank of Canada estime que la valeur a, au même titre que Moncler, été "survendue" ces dernières semaines. Deutsche Bank recommande d'acheter l'action, croyant encore que la "nature défensive" du groupe résistera à la dégradation des perspectives macroéconomiques.

HSBC se montre confiante. Malgré un début d'année timide donc, l'établissement sino-britannique anticipe une croissance hors changes de 9,2% pour 2026, contre 7% pour le secteur, en moyenne.

"Hermès reste le nom le plus résilient dans notre couverture du luxe lorsque l'environnement macroéconomique devient plus difficile, notamment en raison de la rareté de ses produits en maroquinerie, où la demande dépasse encore l'offre pour ses sacs à main les plus emblématiques", a fait valoir HSBC dans une note publiée le 20 mars. Pour cela le titre reste "attrayant", estime la banque qui a confirmé son conseil à l'achat sur l'action.

Julien Marion - ©2026 BFM Bourse
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