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EOS IMAGING

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Eos imaging : Spécialiste de la radiographie, le français EOS bientôt avalé par un groupe américain

samedi 29 février 2020 à 07h30
Le plate-forme de radiographie en 3D EOS

(BFM Bourse) - Introduit en Bourse en 2012 (à 6,87 euros par action), la société EOS Imaging, pionnière de l'imagerie orthopédique en trois dimensions, fait l'objet d'une offre publique d'achat de la part d'un concurrent américain, Atec Spine.

Les huit années de cotation de la société EOS Imaging -issue des travaux de Georges Charpak, Prix Nobel de physique 1992 pour son invention des détecteurs de particules- n'ont pas été un long fleuve tranquille. Les ventes ont certes progressé année après année (à l'exception de 2018) à mesure que son dispositif de radiographie en trois dimensions et à faible dose de rayons X, aujourd'hui utilisé dans plus de 50 pays, était adopté par de nouveaux hôpitaux dans le monde. Mais les investissements nécessaires à assurer ce déploiement commercial -tout en continuant à innover pour conserver son avance technologique- ont jusqu'ici plombé les résultats, et le cours, pénalisé par la nécessité de recourir à des financements dilutifs, est resté orienté à la baisse. Depuis l'introduction, seulement deux années ont donné lieu à une performance positive, l'action se voyant même reléguée à l'été 2019 au statut de "penny stock", cotant moins de 1 euro.

Depuis, le cours a opéré un rebond significatif, d'environ 85% en six mois, revigoré par une série de bonnes nouvelles, dont celle du lancement de la nouvelle génération de son appareil, baptisée EOSedge. Mais le périple boursier de la société pourrait trouver prochainement épilogue abrupt... À savoir son rachat par Alphatec Holdings ("ATEC Spine"). Une entreprise américaine qui avait d'ailleurs déjà mis la main, il y a une dizaine d'années, sur une jeune pousse tricolore des prothèses orthopédiques, Scient'X.

OPA avec une prime de 58%

Vendredi, les deux sociétés ont annoncé avoir conclu un accord en vue du rachat d'EOS Imaging par le biais d'une offre publique, prévoyant une OPA en numéraire au prix de 2,80 euros par action ou, à titre subsidiaire, une OPE selon un ratio d'échage d'un titre Alphatec pour deux actions EOS.

Le prix en numéraire reflète une prime de 58% sur le cours moyen pondéré par le volume de l'action EOS au cours des six mois précédant l'annonce (64% de prime selon la parité de l'offre d'échange). Mais reste évidemment bien loin du prix d'introduction de 6,87 euros et du plus haut historique de la société française, supérieur à 8 euros en 2014.

Le conseil d'administration d'EOS s'est exprimé favorablement, approuvant à l'unanimité la signature d'un accord en vue de l'offre, celle-ci restant soumis aux conditions usuelles, le conseil devant notamment rendre un avis motivé après remise du rapport d'un expert indépendant. L'accord prévoit une indemnisation de 2,5 millions d'euros si l'une des parties renonce au projet. Le calendrier estimatif prévoit un dépôt du projet d'offre publique auprès de l'AMF fin avril.

Deux précurseurs dans leur domaine

Les principaux actionnaires d'EOS, le groupe chinois Fosun Pharma et Bpifrance, se sont d'ores et déjà engagés à apporter leurs actions (au total 21,35% du capital) à l'offre à venir. La fondatrice, Marie Meynadier, et l'actuel directeur généra, Mike Lobinsky, également.

Les deux entreprises, précurseurs dans leurs domaines respectifs face aux quatre géants américains qui se partagent 80% du marché, mettent en avant les bénéfices de l'opération, qui renforcerait leur position sur le marché global de l'orthopédie.

ATEC a développé une solution qui permet au chirurgien de disposer au bloc opératoire d'une information qui associe voie d'approche, implants spécifiques, système de monitoring des voies nerveuses et la plateforme Informatix. EOS apporte une solution unique au monde pour fournir au chirurgien, à partir d'images du patient en position debout, des mesures biomécaniques 3D à partir desquelles le clinicien peut entre autres analyser l'équilibre sagittal du patient, planifier son geste et évaluer le résultat post-opératoire.

Complémentarité des expertises

La combinaison des offres des deux entreprises permettrait d'améliorer la prise en charge du patient, du diagnostic au contrôle post-opératoire et au suivi long terme. La complémentarité des expertises permettrait de renforcer la prise en compte des caractéristiques propres de l'implant et de sa mise en œuvre lors de la planification de l'intervention chirurgicale, apportant ainsi un meilleur contrôle aux praticiens. "En associant les solutions basées sur les technologies d'approche d'ATEC à l'imagerie fondée sur la technologie récompensée par un prix Nobel, nous allons accroître considérablement la demande de dispositifs ATEC et de systèmes EOS et créer un formidable avantage concurrentiel", estime Pat Miles, le patron de l'entreprise américaine, qui capitalise 390 millions de dollars au Nasdaq.

"Nous avons la conviction que nos organisations ont le potentiel de créer une offre différenciée et intégrée qui permettrait d'accélérer la croissance aux États-Unis à court terme, tout en poursuivant notre expansion internationale, ouvrant ainsi la voie à la future croissance mondiale de l'entreprise combinée", note Mike Lobinsky, directeur général d'EOS imaging.

De nombreuses medtech françaises passées sous pavillon étranger

Reste que l'opération -qui verrait EOS sortir de la cote dès lors qu'ATEC atteindrait le seuil requis pour un retrait- va à nouveau appauvrir un secteur du marché de la santé où la France est pourtant en pointe (jusqu'à quand ?), celui de la chirurgie orthopédique. Outre Scient'X cité plus haut, de nombreux acteurs tricolores prometteurs sont passés sous pavillon étranger ces dernières années.

En 2017, le spécialiste des implants dédiés à la réparation des fractures vertébrales, Vexim, a été racheté par le géant Stryker pour 183 millions d'euros. Son cours de Bourse était lui aussi resté longtemps déprimé par rapport à son introduction en 2006. Avant son rachat par Stryker, Vexim était en discussion avec trois autres acquéreurs industriels, mais aucun français, ni même européen. Medtech, pionnier mondial des robots d'assistance chirurgicale, a lui été repris par Zimmer Biomet pour 164 millions en 2016.

Et à l'heure actuelle, l'avenir de la société Medicrea semble lui aussi en suspens. La société lyonnaise a fait savoir qu'elle était "en discussions actives avec des acteurs américains leaders mondiaux du secteur de la colonne vertébrale en vue de conclure un ou des accords stratégiques pouvant se concrétiser par un rachat de la société", précisant à cette occasion qu'elle avait déjà examiné courant 2019 des offres de rachat "à des prix sensiblement supérieurs au cours de bourse", mais décidé de ne pas y donner suite.

Guillaume Bayre - ©2020 BFM Bourse
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