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L'heure était au rebond mardi à la Bourse de Paris, où l'indice phare, le CAC 40, a effacé une partie des pertes subies depuis le début du mois, sur fond d'entrée en guerre des Etats-Unis et d'Israël contre le régime iranien. Mr Market a voulu croire les propos de Donald Trump sur le fait que l'intervention était presque à son terme. En conséquence, les prix du brut, encore très fermes, ont toutefois reflué: après un pic à 119,50$ lundi, le baril de Brent cote actuellement 87,07$.
"CBS a rapporté que Trump avait déclaré : 'je pense que la guerre est pratiquement terminée', les États-Unis ayant 'pris beaucoup d'avance sur le calendrier prévu'", écrit Deutsche Bank.
"Le président a ensuite délivré un message similaire lors d'une conférence de presse après la clôture des marchés américains, suggérant que la guerre 'prendra fin assez rapidement'", écrit encore la banque allemande.
"Ces commentaires de Trump ont aidé à apaiser les craintes du marché quant à un conflit prolongé qui se transformerait en un choc énergétique plus durable. Cependant, le moment où la guerre prendra fin reste loin d'être clair, Trump ayant également déclaré que 'nous n'avons pas suffisamment gagné' et qu'il ne pensait pas que le conflit serait terminé cette semaine", développe encore Deutsche Bank.
De grandes sources d'incertitudes planent encore, et le marché pourrait ne guère y goûter. Oliver Blackbourn, gérant de portefeuille, et Adam Hetts, Responsable mondial Multi-actifs de Janus Henderson l'expliquent:
"Les objectifs ultimes des États-Unis et d'Israël ne sont pas encore clairement définis. Diverses intentions ont été exprimées publiquement, mais il est difficile de déterminer lesquelles constituent des lignes rouges et lesquelles ne sont que des préférences. Une réduction supplémentaire du potentiel de l'Iran à fabriquer des armes nucléaires semble être l'objectif le plus proche d'une exigence. Cependant, étant donné que les frappes de 2025 étaient censées avoir atteint cet objectif, il est difficile de définir le dénouement. De même, le désir de détruire le programme de missiles à longue portée de l'Iran a été exprimé, mais cela pourrait également être difficile à garantir. Enfin, le changement de régime, pour des raisons militaires ou humanitaires, est désormais présenté comme un objectif clé, mais on ne sait toujours pas comment cela pourrait être réalisé uniquement par des frappes aériennes."
Du côté des valeurs, le gros du CAC 40 a évolué dans le vert ce mardi, les plus fortes hausses ayant été signées par Arcelormittal (+7,4%), STMicroelectronics (+5,6%) et Société Générale (+4,3%). Renault sous-performe, prenant 0,4% après avoir livre une feuille de route stratégique sans grande surprise. Au niveau des baisses les plus prononcées, on retrouve Capgemini (-2,4%) et Euronext et Publicis qui ont tous deux perdu 1,1%. Le très volatil segment de l'équipement automobile faisait l'objet de rachats à bon compte, à l'image d'OPMobility (+3,91%), Valeo (+6,84%) ou Forvia (+7,14%).
De l'autre côté de l’Atlantique, les principaux indices sur actions ont effacé une bonne partie de leurs gains initiaux mardi, pour finalement clôture proche de l'équilibre (-0,07% pour le Dow et +0,01% pour le Composite). Le S&P500, baromètre de référence de l'appétit pour le risque aux yeux des gérants de fonds, a perdu 0,21% à 6 781 points.
Un point sur les autres classes d'actifs à risque: vers 08h00 ce matin
> Sur le marché des changes la monnaie unique se traitait à un niveau proche des 1,1630$.
> Le baril de WTI, l'un des baromètres de l'appétit pour le risque sur les marchés financiers, s'échangeait autour de 83,35$.
> Les Treasuries 10 years, rendement des obligations souveraines fédérales à échéance 10 ans, se négociaient légèrement au-dessus des 4,14%.
Le spread France / Allemagne, écart entre l'obligation souveraine française et son homologue référente allemande à 10 ans, vaut 60 points de base.
> Quant au VIX, il valait 24,93 à la dernière clôture du S&P500.
A l'agenda macroéconomique ce mercredi, à suivre en priorité les prix à la consommation aux Etats-Unis à 13h30.
A noter que la côte Est des Etats-Unis étant passée en horaires d'été, Wall Street ouvre, jusqu'à ce que Paris y passe à son tour, à 14h30 heure française.
ELEMENTS GRAPHIQUES CLES
Après un deuxième gap très ample en autant de séances, l'indice phare français a tracé une bougie en marubozu noir d'école mardi 03 mars. Les dégagements se sont construits tout au long de la séance, marquant une mobilisation continue du camp vendeur. Au point de retracer en deux séances seulement les gains engrangés en deux mois. De qui corroborer l'adage boursier qui stipule que "la Bourse monte en prenant l'escalier et descend par l'ascenseur".
Naturellement, la dynamique des volumes d'échanges sera scrutée tout au long de la réaction technique amorcée le 04 mars, sans conviction. La prochaine zone d'achat franc se situe sur les 7 680 points.
Les 8 000 points symboliques ont cédé vendredi 06 mars, et cette rupture est pleinement validée sur gap le lundi 09 mars.
PREVISION
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons mentionnées, notre avis est négatif sur l'indice CAC 40 à court terme.
Ce scénario baissier est valable tant que l'indice CAC 40 cote en dessous de la résistance à 8300.00 points.
Le conseil BFM Bourse
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