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Cac 40 : Où sont les patronnes?

lundi 8 mars 2021 à 18h00
Catherine MacGregor, seule PDG du CAC 40

(BFM Bourse) - La place des femmes dans les conseils d'administration et de surveillance des fleurons tricolores s'est accrue à marche forcée ces dernières années, sous l'effet d'une loi de 2011, mais elles n'arrivent encore que très rarement à prendre les rênes de leur groupe.

Dix ans après la promulgation de la loi Copé-Zimmerman, qui imposait un quota de 40% de femmes dans les conseils d'administration des grande et moyennes entreprises, la France fait figure de (très) bon élève dans ce domaine. Avec 45,6% des postes d'administrateurs (contre 12,5% selon en 2010) selon une récente étude du cabinet Ethic & Boards, les organes dits de "surveillance" des groupes français sont les plus féminisés au monde. Devant ceux des groupes norvégiens, alors que ce pays scandinave a adopté une loi identique dès 2003.

Force est toutefois de constater que les femmes ne parviennent qu'en de très rares occasions à se hisser à la tête des organes dits "de direction". Les femmes ne représentent ainsi que 22% des effectifs dans les comités exécutifs (composés des directeurs opérationnels, financiers et des ressources humaines) au sein du SBF 120, un chiffre qui a néanmoins triplé sur les dix dernières années (7% en 2009).

Une seule femme à la tête d'une entreprise du CAC 40

Parmi les 40 poids lourds de l'indice phare du marché parisien, un seul groupe est actuellement dirigée par une femme: Engie. Ce dernier a promu au poste de directrice générale Catherine MacGregor en début d'année, en remplacement d'Isabelle Kocher après un intérim assuré par Claire Waysand.

Le tableau n'est pas plus rose si on élargit aux 120 groupes cotés au sein du SBF, puisque les femmes sont à la tête de 10 d'entre eux, mais seulement trois concentrent les fonctions de présidente et directrice générale, à savoir Christel Bories chez Eramet, Stéphane Pallez chez la Française des Jeux et Marie Cheval du côté de Carmila (la foncière dédiée de Carrefour).

On peut également citer Sophie Bellon, présidente du conseil d'administration de Sodexo, Caroline Parot (présidente du directoire d'Europcar), Valérie Chapoulaud-Floquet (directrice générale de Rémy Cointreau), Méka Brunel (directrice générale de Gecina) ou encore Sophie Boissard (directrice générale de Korian). Dernière femme arrivée à la tête d'un groupe du SBF 120, Virginie Morgon est présidente du directoire d'Eurazeo depuis mars 2018.

D'autres entreprises importantes, mais non cotées, sont elles aussi dirigées par une femme, à l'image de la RATP avec Catherine Guillouard, qui a succédé à Elisabeth Borne lorsque celle-ci est devenue ministre.

Quelles pistes d'amélioration?

Après avoir réussi à féminiser les conseils d'administration, l'attention se porte donc désormais sur les comités exécutifs et de direction, où on dénombre seulement 33,6% de femmes, en moyenne, parmi les dix groupes dirigées par une femme, une part qui tombe à 21,6% dans le reste du panel. D'où l'idée, promue en début d'année par le Haut conseil à l'égalité hommes-femmes (HCE), d'étendre la loi Copé-Zimmermann à ces deux comités. Pour le HCE, il s'agirait d'y imposer 20% de femmes dans trois ans, 40% dans six ans.

Lundi, c'est le centre de réflexion Terra Nova qui a appuyé la démarche: "Sans la contrainte de la loi, la composition des comités exécutifs évolue (...) beaucoup trop lentement et ne permettrait d'atteindre une juste représentation des femmes, au rythme de progression actuel, qu'en... 2090."

Les députés LREM ont déposé une proposition de loi visant à "accélérer l'égalité économique et professionnelle", en utilisant éventuellement des quotas de femmes aux plus hauts postes dans les entreprises. Ils espèrent qu'elle soit adoptée avant la fin de l'année. "Il faut des quotas pour renverser la table" car "on ne peut pas se contenter d'avoir 20% de femmes dans les postes de cadres dirigeants", a martelé dimanche Elisabeth Moreno, tout en indiquant ne pas vouloir s'"immiscer" dans le travail parlementaire en cours.

De son côté, le président de l'organisation patronale Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, a déploré lundi le manque de présence féminine dans ces instances dirigeantes, sans toutefois réclamer l'élargissement de la loi de 2011. Et de rappeler que les administrateurs sont nommés pour trois ans et peuvent être éventuellement reconduits, tandis qu'aucune rotation automatique n'a lieu au sein des comités de direction. "Il faut que les gens démissionnent ou, pour dire les choses en français, qu'ils soient licenciés. Si on licence des hommes pour faire de la place aux femmes, il y a un problème de discrimination, il y a un problème de légalité", a-t-il prévenu.

(avec AFP)

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