(BFM Bourse) - L'indice parisien chute nettement à la mi-séance de ce jeudi 19 mars, alors que le Brent s'est rapproché des 120 dollars le baril.
Après avoir résisté pendant trois séances, le CAC 40 plie ce jeudi 19 mars. L'indice phare de la Bourse de Paris chute de 1,8% à la mi-séance, à 7.826,54 points.
Paris limite la casse par rapport aux autres places. Le DAX 40 de Francfort abandonne 2,3% et le FTSE 100 de Londres 2,3% également.
Une escalade est désormais redoutée au Moyen-Orient. Mercredi, les États-Unis et Israël ont mené une frappe touchant des installations gazières en Iran. L'immense champ gazier de South Pars/North Dome, la plus grande réserve de gaz connue au monde et qui est opérée conjointement par l'Iran et le Qatar, a été visé.
"C'est important car cela a marqué la première frappe contre leurs installations en amont depuis le début de la guerre actuelle", observe Deutsche Bank.
"Cela a conduit à son tour l'Iran à menacer de représailles, en publiant une liste de sites énergétiques à travers le Golfe qu'ils ont déclarés comme étant des cibles. Et tard lors de la séance américaine (de mercredi, NDLR), nous avons vu l'information, rapportant qu'une frappe de missile contre les installations d'exportation de GNL (gaz naturel liquéfié) du Qatar a entraîné des 'dommages importants'", explique la banque allemande.
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Le pétrole remonte
L'armée iranienne a réitéré ce jeudi sa menace d'attaquer des infrastructures énergétiques en riposte. Le président français, Emmanuel Macron, a lui dénoncé "une escalade inconsidérée" du conflit.
Les cours du pétrole bondissent. Le contrat de mai sur le Brent de mer du Nord prend 6,6% à 114,42 dollars le baril après avoir atteint jusqu'à 118 dollars, tandis que celui sur le WTI prend 1,5% à 97,5 dollars le baril.
Les marchés doivent par ailleurs digérer les annonces de la Réserve fédérale américaine (Fed) qui a comme attendu maintenu inchangés ses taux directeurs. Les investisseurs ont davantage regardé les "dots", c'est-à-dire les projections économiques et monétaires des membres du comité de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (FOMC).
"Alors que toute la planète essaie d’évaluer le coût de la hausse des prix de l’énergie sur l’activité économique, les membres du comité de politique monétaire ont… relevé leurs prévisions de croissance sur tout l’horizon de projection, avec l’hypothèse de plus forte croissance de la productivité", explique Bastien Drut de CPR AM.
"La Fed s’inscrit ainsi de plus en plus dans un scénario de 'jobless boom' assez inhabituel. La fragilité du marché du travail et le fait que la politique de la Fed soit encore légèrement restrictive font que la Fed conserve dans ses 'dots ' un léger biais accommodant et attend de voir comment évolueront les prix de l’énergie", poursuit l'économiste. "Le statu quo devrait prédominer un moment", conclut Bastien Drut.
La Banque centrale européenne tient de son coté sa réunion à 14h45, ce jeudi.
Du côté des valeurs, Totalenergies grimpe de 2,7% soutenu part la hausse des cours du brut. ADP prend 1,3%, aidé par UBS qui a rehaussé son avis à l'achat.
A contrario, Air France-KLM chute de 5%, plombé par la hausse du pétrole synonyme de facture carburant alourdie.
Accor plonge de 9,7%. Le groupe est très exposé au Moyen-Orient et, surtout, la société fait face à des lourdes accusations de la part d'un vendeur à découvert, Grizzly, qui affirme que des hôtels du groupe ont facilité la traite d'être humains. Contacté par BFM Bourse, Accor n'avait pas répondu à une demande de commentaire dans l'immédiat.
Sur les autres marchés, l'euro reprend 0,2% face au dollar à 1,148 dollar.
