(BFM Bourse) - L'indice parisien a ouvert en très forte baisse ce lundi 9 mars alors que le pétrole s'envole, propulsé par la décision de nombreux pays du Golfe de réduire leur production alors que le conflit s'envenime au Moyen-Orient.
La guerre au Moyen-Orient ne présente aucun signe d'accalmie et la Bourse de Paris prend l'eau. Ce lundi 9 mars, le CAC 40 a ouvert en très nette baisse, perdant 2,66% à 7.781,16 points dans les premiers échanges.
L'ensemble des indices européens. À Francfort, le DAX 40 perd 2,5% tandis qu'à Londres le FTSE 100 limite son repli à 1,8%.
Comme l'ensemble des autres places boursières mondiales, la place parisienne est plombée par la violente poussée de fièvre des cours du pétole.
Les cours du baril ont largement dépassé, dans la nuit de dimanche à lundi, le seuil des 100 dollars le baril et ont même tutoyé les 120 dollars.
Vers 9h ce lundi 9 mars, le contrat de mai sur le Brent de mer du Nord s'envole de 15,5% à 107,07 dollars le baril tandis que celui de même échéance sur le WTI coté à New York grimpe de 12,2% à 101,99 dollars le baril. Au plus de la journée le Brent a touché 119,5 dollars le baril et le WTI 119,48 dollars le baril.
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Interruption de production
Depuis maintenant plus d'une semaine, le trafic est quasiment nul dans le détroit d'Ormuz, par lequel transite l'équivalent de 20% de la consommation mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié. Cette fermeture effective d'un carrefour crucial pour le commerce d'hydrocarbures avait mis sous pression les prix de l'or noir.
De plus, plusieurs pays du Golfe ont décidé de réduire, ces derniers jours de leur production au vu de la situation. Ce qui a provoqué la nouvelle poussée de fièvre sur les cours.
"Depuis vendredi, les Émirats arabes unis et le Koweït se sont joints à l'Irak pour réduire leur production pétrolière", constate Deutsche Bank.
"Le choc plus profond se propage à travers toute la chaîne de production. Les producteurs du Golfe réduisent leur production car les centres de stockage sont saturés et les flux d'exportation sont paralysés", écrit Stephen Innes de Spi Am.
Cette hausse des cours n'est évidemment pas anodine pour les marchés actions.
"Pour les traders en actions, l'histoire nous enseigne une leçon douloureusement claire. Les actions souffrent déjà lorsque le prix du brut grimpe vers les 85 dollars, car l'énergie commence à saper le pouvoir d'achat des consommateurs et les marges des entreprises. Mais dès que le prix du brut dépasse les 110 dollars, le marché entre dans une période qui s'apparente à une saison des cygnes noirs, où la volatilité augmente plus rapidement que les analystes ne peuvent mettre à jour leurs feuilles de calcul", développe Stephen Innes.
Utilisation des réserves stratégiques
La flambée des cours du pétrole s'est toutefois atténuée lundi matin après que le Financial Times a rapporté que le pays du G7 tiendrait une conférence ce même jour. Les sept pays discuteront de la possibilité de se coordonner pour utiliser les stocks stratégiques de pétrole au sein de l'Agence internationale de l'énergie. L'idée seraient de puiser dans ces réserves pour enrayer la hausse du brut.
La progression des cours du brut fait craindre un regain d'inflation qui fragiliserait l'économie mondiale et contraindrait les banques centrales à potentiellement rehausser leurs taux.
"Une hausse marquée du prix du pétrole ne constitue jamais un simple mouvement de marché, elle agit comme un choc direct sur l’économie réelle en augmentant immédiatement les coûts de transport, de production et de logistique", rappelle John Plassard de Cité Gestion.
"Tout dépend désormais de la durée de la tension énergétique : quelques semaines de volatilité ne changent pas un cycle, plusieurs mois peuvent en revanche en modifier la trajectoire", ajoute-t-il.
