(BFM Bourse) - Le groupe de tests, inspections et certifications grimpe à la Bourse de Paris après avoir dégagé une croissance de 5,5% au deuxième trimestre et relevé des objectifs qui avaient été abaissés en avril. Bureau Veritas a également indiqué avoir passé une provision limitée à 32 millions d'euros sur la sortie de son activité "services aux gouvernements".
Bureau Veritas restait sur une bien mauvaise note auprès du marché. Le spécialiste des "TIC" (tests, inspections, certifications) avait chuté de 10,6% sur une seule séance le 22 avril dernier, après avoir publié son activité du premier trimestre.
Le pensionnaire du CAC 40 avait déçu sur sa croissance et avait été contraint d'abaisser sa prévision de croissance pour 2026. Bureau Veritas invoquait alors les incertitudes politiques et économiques, mais aussi sa décision d'arrêter ses activités dites de "services aux gouvernements".
Le groupe avait alors découvert, dans la zone "Afrique Moyen-Orient" des irrégularités d'ordre éthique et de conformité ("compliance") sur cette activité, qui représente 185 millions d'euros de revenus, et les avaient signalés aux autorités.
Jefferies estimait l'impact de cette décision à environ 1 à 2 points de pourcentage sur la croissance en données comparables.
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Objectifs qui reviennent au point de départ
"Cette révision à la baisse des perspectives de croissance constitue un frein pour le potentiel de valorisation de l'action, qui reposait en partie sur une surperformance relative en termes de croissance. De plus, ces problèmes (sur les 'services aux gouvernements') et leurs éventuelles répercussions financières supplémentaires ajoutent un risque à ce potentiel de valorisation", soulignait alors la banque.
L'annonce de la sortie de ces activités avait alors clairement pesé sur "l'equity story", c'est-à-dire l'histoire que raconte une entreprise au marché pour le séduire.
Mais, avec les résultats semestriels publiés ce mercredi 29 juillet, Bureau Veritas se remet à l'endroit et renverse totalement la vapeur.
"Le premier semestre a été solide, les perspectives relevées et le groupe a donné une clarification sur les 'services au gouvernement", résume Oddo BHF.
L'action grimpe de 8,8% à la Bourse de Paris vers 15h, signant la deuxième plus forte hausse du CAC 40, derrière Kering.
Sur le seul deuxième trimestre, Bureau Veritas a dégagé une croissance en données comparables de 5,5%, porté notamment par le métier historique du groupe, la marine (+6,3%) ainsi que par le segment "bâtiment et infrastructures" (+10,2%).
Le groupe a largement dépassé les attentes du consensus (la prévision moyenne), logée à 4,6% selon Royal Bank of Canada.
Sur l'ensemble du premier semestre, la société a publié une croissance de 5% en données comparables, et généré un résultat opérationnel ajusté de 506,5 millions d'euros, en hausse de 3,1% sur un an et supérieur de 3% au consensus.
À l'issue de ce semestre, le groupe a relevé sa prévision de croissance en données comparables pour revenir à une progression "modérée à élevée à un chiffre", soit entre 4% et 6%, contre une progression "modérée à un chiffre du chiffre d’affaires" précédemment.
Autrement dit, Bureau Veritas revient au point de départ, puisqu'il s'agit ni plus ni moins de l'objectif que la société s'était fixé en début d'année avant de l'abaisser en avril.
Provision modérée pour la fin des 'services au gouvernement'
Le groupe a par ailleurs confirmé vouloir générer "une marge opérationnelle en amélioration" hors effets de changes ainsi qu'un "flux de trésorerie à un niveau élevé".
Toutefois pour Oddo BHF, "le principal point positif de cette publication concerne le dossier 'services aux gouvernements'".
Bureau Veritas a confirmé la sortie de l'intégralité du sous-segment d’ici fin 2026, et "l'impact financier reste limité", avec "une provision de 32 millions d'euros couvrant l'ensemble des coûts associés (amende, coûts de fusions-acquisitions, coûts de fin de contrats anticipés, coûts de réorganisation interne)", note Oddo BHF.
"La provision de 32 millions d'euros liée à l'enquête sur les 'services aux gouvernements' constitue, selon nous, en quelque sorte un événement de régularisation après un manque d'informations depuis fin avril, et ne représente guère plus qu'une erreur d'arrondi sur le cycle stratégique actuel", juge de son côté Royal Bank of Canada.
Jefferies considère que toutes ces annonces s'avèrent "rassurantes". "Dans l'ensemble, nous considérons que les résultats publiés aujourd'hui sont encourageants, après un premier trimestre décevant et une sous-performance récente du cours de l'action", tranche encore la banque.
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