BNP Paribas a débuté sur une note tiède voire terne la saison des résultats des banques françaises.
L'action de la banque de la rue d'Antin a terminé sur une baisse de 2,8% dans un contexte de marché qui n'a guère aidé les valeurs considérées comme cycliques, telles que les banques ou les constructeurs automobiles. D'ailleurs, outre BNP Paribas, Société Générale a accusé une baisse de 2,95% et Crédit Agricole SA a abandonné 1,1%. Le CAC 40 a lui perdu 1,64%, lesté par la hausse du pétrole et des rendements obligataires.
Pas le meilleur jour donc pour publier des résultats, 35 des 40 valeurs de l'indice ayant terminé dans le rouge.
Les résultats de BNP Paribas ont pourtant été appréciés par les analystes. Au deuxième trimestre, le groupe a publié un bénéfice net de 4,34 milliards d'euros en hausse de 33,4% et supérieur de 4% aux prévisions des bureaux d'études.
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Les métiers actions grimpent
Le produit net bancaire, équivalent du chiffre d'affaires chez les banques, a progressé de 12% à 14,091 milliards d'euros, tandis que les frais de gestion, c'est-à-dire les coûts, ont progressé de 10%. "L'effet ciseau" (la différence de variation entre revenus et coûts) s'avère positif à hauteur de 1,6 point de pourcentage.
Selon un consensus cité par Jefferies, le produit net bancaire a dépassé les attentes de 4% tandis que les coûts ont été plus élevés à hauteur de 2%.
Par division, plusieurs métiers se sont particulièrement mis en avant. C'est le cas avant tout de la Banque de financement et d'investissement (CIB) de l'établissement de la rue d'Antin. Ses revenus ont dépassé le consensus à hauteur de 6%.
Cette surperformance est avant tout tirée par les activités de marché, et plus exactement les métiers "Equity and Prime Services", c'est-à-dire actions et dérivés actions.
Ces métiers ont bondi de 43% sur un an pour générer des revenus de 1,41 milliard d'euros, dépassant les 1,12 milliard attendus par les analystes.
Citi note que cette performance sur les métiers actions a permis presque à elle seule au groupe de dépasser les attentes sur son produit net bancaire.
Du côté de la banque de détail, la division a dépassé les attentes de 3%, grâce notamment à une bonne performance de la France. Le produit net bancaire a battu le consensus de 5% dans l'Hexagone à 1,81 milliard d'euros tandis que le bénéfice avant impôts l'a battu de 10%.
KBW note une "solide croissance des revenus nets d'intérêts en France", c'est-à-dire l'agent que dégage une banque sur les prêts diminué de la rémunération des dépôts et livrets (comme le livret A). Ces revenus ont bondi de 17% au deuxième trimestre, portés par la décollecte sur le livret A.
A contrario, certaines divisions ont déçu, c'est le cas notamment d'Arval, la filiale du groupe spécialisée dans le leasing automobile dont les résultats ont été pénalisés par une pression sur les prix des véhicules d’occasion chez Arval, "la détérioration observée au mois de mars s’étant prolongée au cours du deuxième trimestre dans un contexte géopolitique défavorable", souligne BNP Paribas. Les revenus de cette filiale se sont avérés inférieurs de 17% aux attentes.
La cible de CET 1 atteinte avec un an d'avance
Point crucial pour BNP Paribas: la solvabilité. La société s'est fixée comme objectif un ratio CET 1 (qui rapporte le capital à l'encours pondéré des risques d'une banque) de 13%, seuil au-delà duquel elle restituera l'excès de cash à ses actionnaires, par exemple sous forme de rachats d'actions.
BNP Paribas a justement atteint ce palier de 13% au premier trimestre, dépassant légèrement les attentes, calées à 12,9%. La banque comptait initialement atteindre ce taux en 2027.
Pour cette raison, Citi s'attend désormais à ce que la banque annonce un programme de rachats d'actions pour la fin de l'année à 1 milliard d'euros, enveloppe qui passerait à 2 milliards d'euros les années suivantes dans ses projections.
"Dans l'ensemble, il s'agit d'un bon ensemble de résultats. Si l'amélioration des résultats sur les métiers actions était largement attendue après la saison des résultats des banques américaines, le fait que BNP Paribas ait déjà atteint le ratio CET1 souhaité de 13% devrait être bien accueilli", a écrit Citi dans une note.
Jefferies considère de son côté que l'établissement a tenu ses promesses "là où il faut".
KBW pense que ces résultats seront appréciés au fil du temps. "Le groupe affiche une bonne dynamique, et ces résultats devraient, à terme, suffire à combler l'écart de valorisation par rapport à ses concurrents", estime l'intermédiaire financier.