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Airbus group : Le projet eads-bae rebat les cartes dans la défense en france

Le projet eads-bae rebat les cartes dans la défense en franceLe projet eads-bae rebat les cartes dans la défense en france

par Matthias Blamont

PARIS (Reuters) - Le rapprochement d'EADS et de BAE Systems, s'il se concrétise, va accélérer la mue attendue du secteur de la défense en France.

L'alliance apparaît à l'évidence pour ses promoteurs comme une contribution idéale à "l'Europe de la défense" avec l'émergence d'un leader mondial. Elle devrait logiquement être présentée comme telle par les directions des deux groupes début octobre.

Les experts interrogés par Reuters notent toutefois qu'elle soulève des préoccupations de souveraineté et de concurrence ainsi que des arbitrages sensibles en matière de programmes, susceptibles d'entraîner d'autres mouvements de consolidation.

"Les mathématiques ne prennent pas nécessairement en compte les hommes. On additionne des périmètres et des chiffres d'affaires et on se félicite de ce que le nouvel ensemble sera beaucoup plus gros que Boeing", explique une source industrielle.

"Sauf que l'on parle de quatre pays différents au capital de l'entité ainsi constituée (Allemagne, France, Espagne et Royaume-Uni, NDLR), peut-être cinq si l'Italie est amenée à participer ultérieurement. Il y aura des problèmes de souveraineté et de culture d'entreprise, rien ne garantit son efficacité industrielle", ajoute cette source selon laquelle des choix en France vont devoir intervenir rapidement.

Les difficultés rencontrées par EADS dans l'assemblage de l'avion de transport militaire A400M sont encore dans les mémoires des états-majors et des gouvernements, contraints de pallier les surcoûts liés aux retards du programme.

DRONES ET AVIONS DE COMBAT

Le ministre de la Défense du gouvernement Ayrault, Jean-Yves Le Drian, va devoir choisir dans les prochaines semaines les industriels retenus pour la fourniture à l'armée française d'une nouvelle génération de drones (avions sans pilote) de surveillance Male (moyenne altitude longue endurance).

Jusqu'ici pressenti pour l'emporter, le tandem Dassault Aviation-BAE Systems attend toujours un contrat ferme.

EADS, en compétition avec Dassault et BAE, a renoncé à aller jusqu'au bout du projet en juillet, une décision qui a précipité l'éviction de Stefan Zoller début septembre de la filiale de défense du groupe, Cassidian.

Un rapprochement EADS-BAE pourrait changer la donne en incitant la maison mère d'Airbus à tenter de revenir dans la course, un risque majeur pour Dassault Aviation.

Les drones revêtent un caractère stratégique. Ils préfigurent les avions de combat de prochaine génération, avec à la clé des marchés estimés à plusieurs milliards d'euros.

En Europe, le Rafale de Dassault et l'Eurofighter d'EADS et de BAE Systems se partagent le marché quand ils ne se font pas une concurrence acharnée. Les spécialistes sont unanimes: les gouvernements confieront à un seul industriel la maîtrise d'oeuvre d'un prochain programme.

LEGO

EADS détient par ailleurs 46% de Dassault Aviation, lequel détient 26% de Thales, société un temps convoitée par EADS.

"Il y a clairement un risque de taille", souligne un expert basé à Paris. "Il est probable que des recompositions seront imposées par les autorités de la concurrence à Bruxelles si BAE Systems entre dans le tour de table."

Des banquiers d'affaires mentionnent fréquemment une éventuelle fusion entre Thales et Safran comme un objectif à terme pour l'industrie de la défense française, préalable à une vague de concentration paneuropéenne.

Les deux entreprises ont annoncé fin 2011 un projet de coentreprise dans l'optronique, bien en deçà d'un schéma d'échange d'actifs ambitieux envisagé pendant plusieurs années par l'Etat, présent au capital de Thales et de Safran.

Compte tenu de la diminution des budgets de défense en Europe et aux Etats-Unis, le délégué général de l'armement, Laurent Collet-Billon, avait estimé en février que la consolidation du secteur français de la défense n'en était qu'à ses débuts.

Selon lui, l'industrie française doit envisager des restructurations radicales avec des fusions d'entreprises plutôt que des opérations de rapprochement limitées.

"Dans un environnement de baisse des budgets, nous estimons qu'il est judicieux de réduire le nombre des acteurs en présence qui offrent les mêmes produits", souligne Neal Dihora, analyste chez Morningstar. Un accord entre EADS et BAE Systems pourrait accélérer la cadence.

Avec la contribution d'Emmanuel Jarry, édité par Marc Joanny

Copyright © 2012 Thomson Reuters


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