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Airbus group : Ingérence politique en faveur de boeing en indonésie, dit airbus

Ingérence politique en faveur de boeing en indonésie, dit airbusIngérence politique en faveur de boeing en indonésie, dit airbus

par Tim Hepher

(Reuters) - Airbus accuse la Maison Blanche d'avoir faussé la concurrence en aidant Boeing à remporter une commande record en Indonésie.

"Il n'y a qu'une superpuissance dans le monde et je pense que nous savons que ce n'est pas la France; elle est sans doute représentée par le président (Barack) Obama", a dit John Leahy, le directeur commercial de la filiale d'EADS, jeudi à Washington.

"Lorsqu'il fait les gros titres en déclarant qu'il vend des avions et en montrant comment cela ne pourrait se faire sans son implication personnelle, nous observons une distorsion économique; hors de question de parler d'égalité des chances commerciales de par le monde si les USA en viennent à de tels moyens".

Barack Obama avait souligné en novembre le rôle primordial joué par son administration dans une commande de 21,7 milliards de dollars remportée le même mois par Boeing auprès de la compagnie indonésienne Lion Air, la plus grosse commande civile de l'avionneur américain.

Quelques mois plus tôt, Airbus avait éclipsé Boeing auprès d'American Airlines, un de ses clients traditionnels, avec une commande de 260 avions, la plus importante en volume de l'avionneur européen.

Des analystes ont dit qu'un accord entre Lion Air et Airbus aurait été étonnant dans la mesure où la compagnie n'a que des Boeing et où Airbus a par le passé tenté sans succès de s'en faire une cliente.

"N'AVAIT PAS LE CHOIX"

Leahy a toutefois dit qu'Airbus aurait pu remporter un contrat s'il n'y avait pas eu d'intervention politique.

"Le directeur général et propriétaire de cette compagnie aérienne, qui n'a acheté rien d'autre que des Boeing, est dans les faits venu me voir deux fois à Toulouse pour discuter de l'achat d'avions et à la fin il m'a dit qu'il n'avait pas le choix", a-t-il expliqué.

"Je ne suis pas sûr de savoir ce que signifie 'n'avait pas le choix' mais il semble qu'il y a eu une ingérence politique particulièrement envahissante et je pense que la Maison Blanche en est très fière, s'en vante, en déclarant que rien ne serait arrivé sans l'intervention de la Maison Blanche. C'est sans doute vrai mais ça ne présage rien de bon pour la liberté de concurrence et le libre échange".

La Maison Blanche n'a fait aucun commentaire dans l'immédiat. Un porte-parole de Boeing a dit qu'il ne faisait jamais aucun commentaire sur de telles négociations.

Selon une personne ayant une connaissance directe des discussions, Airbus a pu passer un protocole d'accord avec Lion Air, un accord non contraignant mais qui habituellement scelle un marché.

Lion Air s'est abstenu de tout commentaire mais a démenti avoir cédé à la pression. "Je ne veux pas m'exprimer à ce sujet mais tout ce que je peux dire c'est que nous avons acheté en fonction de considérations purement commerciales et nous avons notre indépendance en agissant ainsi", a dit le porte-parole Edward Sirait.

Boeing et Airbus sont en concurrence pour un marché de l'aéronautique civile représentant dans les 80 milliards de dollars annuellement mais les enjeux ont rarement été aussi élevés dans la mesure où les compagnies aériennes se ruent sur de nouveaux courts courriers moins gourmands en kérosène, ce qui a donné lieu à toute une série de grosses commandes cette année.

Chacun des deux constructeurs accuse l'autre de percevoir des subventions illicites. L'Union européenne a annoncé jeudi avoir envoyé à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et aux Etats-Unis un rapport définissant les mesures qu'elle prendra pour se mettre en conformité avec un jugement de l'OMC dénonçant des subventions illégales à Airbus.

Avec Doug Palmer, Matt Spetalnick, Harry Suhartono, Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Matthieu Protard

Copyright © 2011 Thomson Reuters


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