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Airbus group : Eads ne compte pas surpayer ses acquisitions

tradingsat

par Tim Hepher

PARIS (Reuters) - EADS a beau disposer d'une trésorerie imposante, son directeur des fusions et acquisitions (M&A) prévient que le géant européen de l'aéronautique ne compte pas dilapider son pécule en surpayant ses proies.

Malgré les vacances estivales, Boris Zaïtra et son équipe n'ont pas chômé ces derniers jours avec le rachat consécutif de trois sociétés de services.

Ces acquisitions doivent permettre à EADS d'utiliser au mieux les 11,0 milliards d'euros de cash dont il disposait fin juin et de réduire sa dépendance vis-à-vis de l'avionneur Airbus, sa principale filiale.

La dernière opération en date concerne le fournisseur de services de communications mobiles par satellite Vizada, dont le rachat pour 673 millions d'euros a été annoncé lundi et doit permettre de renforcer la division spatiale Astrium.

Certains analystes se sont inquiétés de voir EADS se montrer dispendieux en tentant de répondre à la pression du marché, désireux que le groupe européen utilise au mieux son trésor de guerre.

Mais Boris Zaïtra, qui dirige une équipe de 13 personnes, assure qu'EADS n'est pas sous pression au point de vouloir réaliser des achats à n'importe quel prix, même si la maison mère d'Airbus souhaite réorienter son activité vers des sources de revenus moins cycliques et moins gourmandes en investissements.

"Nous avons un processus solide pour les fusions et acquisitions, et je dirais que c'est une question d'offre et de demande", a expliqué Boris Zaïtra dans une interview à Reuters.

"Avec Vizada, nous sommes clairement dans la fourchette de ce qui a été payé sur ce segment."

Le rachat de Vizada, qui compte 200.000 utilisateurs dans le monde pour ses services de communication par satellite, étend le champ d'opérations d'Astrium du côté du lucratif secteur des services.

EADS va payer cette acquisition 10,1 fois le résultat d'exploitation (Ebitda) estimé pour 2011, hors dette.

Harris Corp a racheté l'an dernier la division de communications par satellite de Schlumberger et le fournisseur de communications CapRock, à chaque fois pour un ratio d'environ 9,7 fois l'Ebitda.

VAGUE D'ACQUISITIONS

"Les services de satellites sont en train de se consolider, et ce sont des sociétés qui sont capables de générer du cash et affichent des marges plutôt bonnes, dans un segment à forte croissance", a estimé Boris Zaïtra.

Ancien banquier, réserviste d'une unité de parachutistes de la Légion étrangère, Boris Zaïtra a négocié pour près de 1,5 milliard d'euros d'acquisitions ces derniers mois.

En juin, EADS a finalisé le rachat du canadien Vector Aerospace pour environ 450 millions d'euros, et Airbus a annoncé la semaine dernière une offre de 500 millions de dollars (347 millions d'euros) pour l'équipementier danois Satair.

Airbus a également racheté Metron Aviation, fournisseur de services pour le contrôle aérien, pour un montant non dévoilé.

Même si Hans-Peter Ring, directeur financier du groupe, a déclaré vendredi que le groupe n'en avait pas terminé avec la croissance externe cette année et qu'elle restait la principale utilisation envisagée pour sa trésorerie, Boris Zaïtra a refusé de dire si EADS allait continuer sa vague d'achats ou en ralentir le rythme.

Des sources industrielles s'attendent à un relèvement de l'objectif du groupe de réaliser un à deux milliards d'euros d'acquisitions, pour empêcher que l'envolée des commandes d'Airbus ne déséquilibre davantage les sources de revenus d'EADS.

L'avionneur représente 66% des revenus du groupe, qui veut ramener cette part à 50% d'ici 2020. EADS souhaite également porter à 25% la proportion de son chiffre d'affaires dans les services, contre 11% en 2010.

"Nous sommes dépendants des plates-formes (les appareils que construit EADS, NDLR), donc il est important d'être présent dans les services. C'est un modèle d'activité différent", a jugé Boris Zaïtra.

"Les plates-formes nécessitent de longs délais, d'importantes dépenses d'investissements, avec des risques pour les programmes, et leurs ventes ont tendance à être cycliques. Les services sont moins cycliques, plus dynamiques et demandent généralement moins d'investissement."

Jean Décotte pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

Copyright © 2011 Thomson Reuters


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