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Airbus group : Eads chute en bourse, l'aéronautique sous pression des banques

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PARIS (Reuters) - L'action EADS figure parmi les plus fortes baisses de l'indice CAC 40 jeudi matin à la Bourse de Paris, alors que des craintes se font jour quant à un effet domino sur les constructeurs aéronautiques des difficultés de refinancement en dollars des banques françaises.

Dans un marché qui recule de 3,93%, plombé notamment par la performance des valeurs financières et cycliques, la maison mère d'Airbus accuse une chute de 6,81% à 21,14 euros, à 10h45.

"Ça fait baisser le titre. C'est le premier exemple fort des effets de la crise de liquidités en dollars des banques européennes sur l'économie réelle", estime David Thébault, responsable du trading quantitatif chez Global Equities.

"Il faut certainement tenir compte de ceci (les difficultés des banques) dans le financement des appareils de tous les constructeurs aéronautiques", juge de son côté un analyste basé à Londres, dans une note.

Ce risque est toutefois à relativiser au regard de la volonté de prêter des banques allemandes et potentiellement des établissements américains, ajoute cet analyste, qui évoque également d'éventuelles mesures exceptionnelles de la part de l'Etat français.

"Il y a des moyens de parer à ça dans l'immédiat : certains vont prendre la place des banques françaises - des banques américaines ou chinoises - et il y a d'autres moyens de financer un avion, notamment auprès des leasers (loueurs d'avions) et du 'vendor financing' par EADS", ajoute par ailleurs Christophe Menard, analyste chez Kepler.

Ces craintes de difficultés de financement font écho aux déclarations de certains dirigeants du secteur aéronautique lors de l'Istat, un congrès sur le financement des avions, qui s'est tenu mardi à Barcelone.

Les banques françaises, qui ont compté pour environ 31% dans le financement des transactions aéronautiques en 2010, ont réduit leur disponibilités de façon significative, disait à cette occasion le directeur financier de Ryanair, Howard Millar.

Les cinq principales banques centrales de la planète, dont la BCE, ont annoncé le 15 septembre une action coordonnée pour proposer aux banques commerciales des prêts en dollar à trois mois afin de prévenir un gel du marché monétaire qui serait provoqué par la crise de la dette souveraine en Europe.

Les banques européennes, françaises notamment, ont vu leur cours de Bourse chuter depuis le début de l'été sur des craintes liées à d'éventuels besoins de recapitalisation et des questions de liquidités en dollar, les fonds monétaires américains et les autres prêteurs traditionnels en dollar craignant un défaut grec et d'éventuels effets dévastateurs sur les marchés.

Dans ce contexte, des spéculations disant que l'Etat français pourrait être obligé d'intervenir pour faire cesser l'hémorragie vont croissant, d'autant plus que les craintes d'un gel du crédit refont régulièrement surface en raison de la persistance de la crise de la dette dans la zone euro.

Les responsables politiques et les patrons de banques se relayent depuis plusieurs semaines pour démentir tout besoin de nouveaux fonds propres, mais peinent à convaincre.

BNP Paribas, qui a entrepris de renforcer plus rapidement ses fonds propres, a fait savoir la semaine dernière qu'elle réduirait la taille de son bilan de l'ordre de 10% d'ici la fin 2012 et qu'elle réduirait aussi ses besoins de financement en dollar.

La Société générale entend de son côté renforcer ses fonds propres de quatre milliards d'euros d'ici 2013, avec notamment des cessions d'actifs et des réductions d'activités.

Marie Mawad, avec Cyril Altmeyer et Blaise Robinson, édité par Dominique Rodriguez

Copyright © 2011 Thomson Reuters


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