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AIR LIQUIDE

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Air liquide : Devenu un gagnant de l'IA, Air Liquide livre une croissance un peu trop juste au premier trimestre et recule en Bourse, mais le titre reste en hausse de 12% sur 2026

Aujourd'hui à 12:05
Air Liquide recule en Bourse

(BFM Bourse) - Le spécialiste des gaz industriels a manqué de peu le consensus, avec une croissance en données comparables de 1,9% sur les trois derniers mois. Le titre recule, mais la publication ne change pas la donne sur la thèse d'investissement.

Air Liquide reste la valeur de fond de portefeuille par excellence, prisée des boursicoteurs. Selon le dernier document d'enregistrement universel de la société, 33% du capital du groupe était détenu par des actionnaires individuels à fin décembre dernier, représentant plus de 900.000 porteurs.

La société présente un profil défensif, grâce à un positionnement enviable. Le spécialiste des gaz industriels signe des contrats très longs (15 ans) auprès des grands clients (appelés "la grande industrie", comme la chimie, le raffinage, l'énergie et les métaux). Air Liquide fournit cette clientèle via d'importantes unités de production avec soit des usines soit un réseau de canalisation dédiés.

Pour les clients de plus petite taille, comme la catégorie "industriels marchands" (pharmacie, construction…) ou la santé et l'électronique, le groupe passe par des camions citernes ou des bouteilles.

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En nette hausse en 2026

"Air Liquide tire parti d’un secteur dont la structure est très favorable. Bien qu’elles commercialisent des gaz industriels, qui sont essentiellement des produits de base, les entreprises cotées du secteur ont toujours généré des rendements lucratifs grâce à leurs avantages concurrentiels", explique Morningstar.

"Les gaz industriels ne représentent généralement qu’une fraction des coûts des clients, mais constituent un intrant essentiel pour garantir une production ininterrompue. De ce fait, les clients sont souvent prêts à payer un supplément et à signer des contrats à long terme pour assurer le bon fonctionnement de leurs activités", poursuit l'intermédiaire financier.

"Les contrats à long terme et les coûts de changement élevés contribuent aux avantages concurrentiels des producteurs de gaz industriels, les aidant à générer un flux de trésorerie prévisible et des rendements lucratifs", conclut Morningstar.

Le profil défensif d'Air Liquide lui permet encore de signer un millésime enviable en Bourse cette année. L'action s'adjuge 12,2% sur l'ensemble de 2026, surperformant largement le CAC 40 (-0,03% sur la même période).

L'entreprise est notamment aidée par ses perspectives dans l'électronique. La société fournit des gaz "ultra-purs", c'est-à-dire avec une très forte concentration du gaz-cible et la quasi-absence d'autres substances (comme l'oxygène) pour l'industrie des semi-conducteurs. Ces gaz sont vitaux pour la fabrication de semi-conducteurs, car ils permettent par exemple d'inerter (et donc sécuriser) les outils de production de puces.

Si ce segment "électronique" reste encore modeste à l'échelle de la société (9% des revenus), l'essor de l'intelligence artificielle et par ricochet de la demande de semi-conducteurs sont porteurs de belles promesses pour cette division.

"Air Liquide s'impose comme l'un des 'grands gagnants' du secteur de l'IA, l'électronique jouant un rôle de plus en plus déterminant dans les projets d'investissement du groupe et, selon nous, dans la croissance future de son chiffre d'affaires", commentait Barclays en mars.

"Alors que l'IA entraîne une hausse pluriannuelle de l'intensité capitalistique dans le secteur des semi-conducteurs, la position de leader d'Air Liquide dans la fourniture de gaz vecteurs de très haute pureté et de matériaux avancés, indispensables aux opérations critiques, devient de plus en plus attractive", ajoutait la banque.

Barclays estime que l'électronique pourrait augmenter le résultat opérationnel du groupe de 500 millions d'euros voire 1 milliard d'euros d'ici à 2030, soit entre 9% et 18% de plus qu'en 2025.

Des efficacités en hausse

Si le profil d'Air Liquide reste donc solide et s'est même renforcé, le pensionnaire du CAC 40 fait face à un petit accès de faiblesse, ce mardi.

L'action chute de 4,5% vers 11h50, accusant le plus fort repli du CAC 40, après que le groupe a livré une croissance un peu trop juste sur les trois premiers mois de l'année.

"La réaction du marché, est compréhensible, car le chiffre d'affaires reste quelque peu faible", juge le bureau d'études indépendant Alphavalue.

Les revenus d'Air Liquide se sont établis à 6,8 milliards d'euros en hausse de 1,9% en données comparables, c'est-à-dire hors effets de changes, de périmètre et de variations des prix de l'énergie que le groupe refacture à ses clients.

Cette progression s'avère inférieure au consensus (la prévision moyenne des analystes) qui tablaient sur une hausse de 2% en données comparables.

Dans le détail, la croissance en données comparables a atteint 2,7% chez les clients industriels marchand, portée par des hausses de prix, la santé (gaz médicaux, soins à domicile) progresse de 4% quand l'électronique augmente de 2,9% grâce à un bond de 9% des ventes de gaz vecteurs.

Ces gaz sont destinés à diluer et véhiculer les molécules pour la fabrication des puces, au refroidissement et à l’inertage de l’environnement de production.

A contrario, la "grande industrie" a accusé un repli de 0,9% de ses revenus en données comparables, en raison d'une demande "faible" en Europe et en Asie.

En dehors de ses revenus, Air Liquide a indiqué disposer d'un "backlog" (un carnet de commandes) de 5,5 milliards d'euros de projets industriels, en hausse de 600 millions d'euros par rapport au précédent trimestre. Pour Citi, il s'agit du chiffre le plus marquant de cette publication.

Le groupe a par ailleurs indiqué avoir réalisé "des efficacités" de 142 millions d'euros sur le trimestre, en progression de 8% sur un an, ce qui s'avère de bon augure pour ses marges.

Air Liquide définit ces "efficacités" comme étant "une réduction pérenne de la base de coûts, à la suite d'un plan d’action sur un projet particulier".

Ces efficacités restent "le principal moteur de la croissance des bénéfices du groupe, compte tenu de la faible progression du chiffre d'affaires", souligne Alphavalue.

À l'issue de cette publication, le groupe a confirmé ses objectifs pour l'année 2026, à savoir augmenter sa marge opérationnelle de + 100 points de base (1 point de pourcentage), hors variation des prix de l'énergie, et réaliser une croissance du résultat net récurrent à taux de change constant.

La copie reste toutefois sans véritable bonne surprise pour le marché. "Ce trimestre ne devrait pas constituer un catalyseur majeur, et après une solide progression du cours de l'action depuis le début de l'année, le léger raté par rapport aux prévisions du consensus au niveau du groupe en matière de ventes comparables pourrait susciter une certaine déception à court terme", convient Barclays.

"Toutefois, cette déception devrait être atténuée par un carnet de commandes record, une exécution solide des leviers internes de performance et une dynamique de plus en plus favorable dans le secteur de l'électronique", poursuit la banque britannique.

"Nous ne voyons rien dans la publication aujourd'hui qui puisse remettre en cause la thèse d'investissement", abonde Citi.

Julien Marion - ©2026 BFM Bourse
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