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Marché : Quand des tweets font chuter ou bondir les cours de Bourse

vendredi 28 septembre 2018 à 12h54
Un simple tweet peut faire s'envoler ou s'effondrer un cours de Bourse

(BFM Bourse) - Elon Musk, le fantasque patron de Tesla, n'est pas la seule personnalité à avoir réussi le tour de force d'influer sur des cours de Bourse en un tweet. Sélection des meilleurs exemples.

Célébrités, grands patrons et hommes politiques raffolent de Twitter. En quelque 140 caractères - 280 désormais - ils peuvent annoncer des événements, faire de la promotion ou critiquer une marque. Avec des conséquences parfois très importantes... en Bourse.

Les tweets qui ont fait s'envoler des cours de Bourse

Elon Musk et Tesla :
Dans l’œil du cyclone, et plus précisément dans celui du gendarme financier américain (la SEC), pour son tweet du 7 août dernier ("J'envisage de retirer Tesla de la Bourse à 420 dollars. Financement assuré"), Elon Musk est habitué à faire évoluer le cours de l'action Tesla via Twitter. Cette fois-là, le titre avait aussitôt bondi de 8 % à 371 dollars, avant d'être suspendu à 367 dollars dans la confusion la plus totale. La cotation avait finalement repris deux heures plus tard avant de clôturer en hausse de 10,9 %. Il faut dire que ce prix de rachat fixé à 420 dollars valorisait Tesla à 71 milliards de dollars, soit 10 milliards de plus qu'avant le tweet.

Oprah Winfrey et Seb :
Oprah Winfrey, la papesse de la télévision américaine avait fait flamber le cours de l'entreprise française d’électroménager Seb, le 15 février 2013, en tweetant sur leur... friteuse. En seulement 86 caractères, la célèbre présentatrice avait fait décoller le titre de plus de 3% en quelques minutes, avec ce simple message : "Cet appareil T-fal ActiFry a changé ma vie. Et ils ne me payent pas pour dire cela", accompagnée d'une photo de ladite friteuse dans les mains d'une Oprah tout sourire. De la publicité efficace et gratuite pour l'entreprise hexagonale.

Carl Icahn et Apple :
Apple avait également profité d'un tweet - deux, en l'occurrence - d'une personnalité influente du monde de la finance, Carl Icahn, pour flamber en Bourse. Le 13 août 2013, voici ce qu'écrivait l'homme d'affaires et milliardaire américain sur le réseau social : "Nous avons actuellement une forte participation dans le capital d'Apple. Nous pensons que l'entreprise est extrêmement sous-évaluée. J'ai parlé à Tim Cook (directeur général d'Apple) aujourd'hui. Plus d'informations à venir". Puis, dans un deuxième tweet, il précise avoir eu "une jolie discussion avec Tim Cook" au cours de laquelle il lui a "soumis (son) point de vue (selon lequel) un programme de rachat d'actions plus important devrait être lancé". Une déclaration du célèbre investisseur, sous forme de tweet, qui faisait grimper l'action d'Apple de plus de 4% à la Bourse de New York.

Jack Dorsey et Twitter :
Le PDG de Twitter, Jack Dorsey - qui venait de revenir aux affaires -, était également parvenu à faire bondir le cours de Bourse de son entreprise, en annonçant qu'il allait racheter des parts du réseau social. "Investir dans le futur de Twitter" avait-il écrit, avec un lien vers la déclaration de la SEC qui confirmait son achat de plus de 31.000 actions pour 875.000$. Le titre s'envolait immédiatement de plus de 9%, alors même que cet investissement était mineur pour le cinquième plus gros porteur de titres du réseau social (il en détient plus de 22 millions).

Les tweets qui ont fait chuter des cours de Bourse

Kylie Jenner et Snapchat :
Dans la nuit du 21 au 22 février dernier, deux phrases d'une star de la télé-réalité américaine, couchées dans un tweet, auront suffi à faire fondre la capitalisation boursière de Snapchat d'1,3 milliard de dollars. "Alors est-ce que quelqu’un d’autre n’utilise plus Snapchat ? Ou c’est juste moi… Oh c’est trop triste" avait demandé Kylie Jenner, la demi-sœur de Kim Kardashian, à ses 22 millions d'abonnés. Le lendemain, l'application de messages et vidéos éphémères avait vu son cours plonger de plus de 6%.

Hillary Clinton et le Nasdaq Biotechnology:
Autre exemple, au cours de la dernière campagne présidentielle américaine, Hillary Clinton s'était insurgée sur Twitter contre le prix "outrancier" des médicaments produits par certaines biotech américaines. Le 21 septembre 2015, elle avait ainsi annoncé, en un tweet, un plan pour lutter contre ces prix-là. Elle citait en exemple le cas du Daraprim (qui permet, notamment aux personnes atteinte du sida, de lutter contre les infection parasitaire), dont le prix s'était soudainement envolé, de 13,50 à 750$, à la suite de l'acquisition du médicament par la start-up Turing Pharmaceuticals. Le Nasdaq Biotechnology, indice qui regroupe les valeurs boursières du secteur, avait alors plongé de 4,57%. Quant à la perte de valeur cumulée, elle atteignait 15 milliards de dollars.

Bernie Sanders et Ariad:
Son ancien rival dans la course à l'investiture démocrate, Bernie Sanders, n'est pas en reste. Dans un tweet daté du 14 octobre 2016, ce dernier exprimait sa colère à l'encontre du secteur pharmaceutique : "L'avidité des laboratoires pharmaceutiques est incroyable. Ariad vient d'augmenter le prix du traitement contre la leucémie (Iclusig) à 190.000$ par an". Ce qui constituait alors une augmentation de 27% des tarifs d'Iclusig. Quelques heures après seulement, la valeur du titre Ariad s'était effondrée de 15%, faisant perdre près de 400 millions aux actionnaires du laboratoire pharmaceutique.

Donald Trump et Amazon:
Si les deux candidats malheureux à la dernière élection présidentielle ont déjà réussi des tours de force sur Twitter, que dire de celui qui les a battus ? Utilisateur frénétique de Twitter, Donald Trump a, à maintes reprises, pesé sur les marchés financiers avec des tweets fracassants. Mille exemples pourraient illustrer cette influence mais prenons celui d'Amazon, daté du 29 mars dernier. L'accusation portée à l'encontre du groupe dirigé par Jeff Bezos était frontale : "J'ai fait état de mes inquiétudes concernant Amazon bien avant l'élection. Contrairement aux autres, ils ne paient pas ou peu d'impôts aux gouvernements locaux ou fédéral et traitent notre système postal comme leur livreur (provoquant d'énormes pertes aux Etats-Unis) et provoquant la fermeture de milliers de commerces". Le titre du géant du e-commerce avait dévissé de 4,38% ce jour-là, pour une perte de capitalisation de l'ordre de 31 milliards de dollars.

The Associated Press et le Dow Jones:
Enfin, un tweet avait causé un vrai vent de panique sur les marchés financiers. C'était le 24 avril 2013 et il provenait du compte Twitter de... The Associated Press, une agence de presse mondiale. Ou plutôt de pirates informatiques, pro-Bachar el-Assad, qui avaient pris le contrôle de ce compte. Le tweet en question était le suivant : "Breaking News : deux explosions à la Maison Blanche et Barack Obama blessé". La nouvelle s'était propagée comme une traînée de poudre sur le réseau social, et avait affolé les marchés. Le Dow Jones s'effondrait brutalement de 145 points, soit 1%, en trois minutes, entraînant quelque 136 milliards de dollars de pertes.

Sur Instagram aussi

Après Kylie Jenner en février dernier, Snapchat a également subi les foudres de Rihanna. Dans un message publié sur Instagram le 16 mars dernier, la chanteuse victime de violences conjugales s'était adressée à Snapchat, à la suite d'une publicité de l'application qui demandait aux internautes de choisir entre "donner un coup de poing à Chris Brown" ou "gifler Rihanna" : "Vous savez déjà que vous n’êtes pas mon app préférée ! Mais j’essaye juste de comprendre quel était le but, a-t-elle écrit. J’aimerais pouvoir appeler cela de l’ignorance, mais je sais que vous n’êtes pas aussi bêtes ! Vous dépensez de l’argent pour un contenu qui humilie volontairement les victimes de violences conjugales, et vous en plaisantez !" Le cours de l'action Snapchat en avait fait les frais, cédant 3,6% dans la journée (-800 millions de dollars en valeur).

Une autre star américaine, du petit-écran cette fois, avait plombé le titre de la chaîne de restauration rapide américaine Chipotle, spécialisé dans la restauration mexicaine, en publiant une vidéo sur Instagram. Il s'agit de l'acteur Jeremy Jordan, notamment connu pour son rôle dans la série "Supergirl". Ce dernier avait publié une vidéo depuis un lit d'hôpital, le 13 novembre 2017, dans laquelle il affirmait avoir "failli mourir" après avoir dîné dans un restaurant de l'enseigne. À la suite de ce "bad buzz" dont l'entreprise se serait bien passée, le titre perdait immédiatement 5,9% de sa valeur.

Quentin Soubranne - ©2021 BFM Bourse
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