par Diana Mandia
29 janvier (Reuters) - Les Bourses européennes ont terminé en ordre dispersé jeudi, affectées par les doutes sur le secteur technologique après les résultats de SAP et, surtout, de Microsoft, ce qui entraîne une forte chute du Nasdaq à la Bourse de New York.
À Paris, le CAC 40 a grappillé 0,06% à 8.071,36 points. À Francfort, le Dax a reculé de 2,13% et à Londres, le FTSE 100 a pris 0,17%.
L'indice EuroStoxx 50 a fini sur une baisse de 0,75%, le FTSEurofirst 300 de 0,18% et le Stoxx 600 de 0,22%.
Une partie des places boursières européennes ont basculé dans le rouge en fin d'après-midi, sur fond de craintes renouvelées concernant le secteur de l'intelligence artificielle (IA).
Si l'éditeur allemand de logiciels SAP avait pénalisé le Dax de la Bourse de Francfort depuis le début de la séance, les pertes se sont accentuées après l'ouverture de la Bourse de New York et la mauvaise digestion des résultats de Microsoft, dont les dépenses colossales en matière d'IA inquiètent les investisseurs.
Le géant américain plonge de près de 12% à Wall Street après avoir fait état mercredi de dépenses en capital à un niveau record au quatrième trimestre, tandis que son activité "cloud" suscite des doutes et alimente la préoccupation des investisseurs, désireux de récolter les bénéfices des investissements massifs déployés dans l'IA.
En Europe, SAP a fini sur une baisse de plus de 16%, son chiffre d'affaires en ligne avec les attentes ayant été éclipsé par un carnet de commandes "cloud" et des prévisions 2026 de revenus pour cette activité jugés décevants.
Le secteur technologique européen en a subi les conséquences, clôturant avec une perte de 3,9%.
"Les grands noms de la technologie et leurs résultats financiers vont être au centre de l'attention, surtout après la réunion de la Fed d'hier", a déclaré Adam Turnquist, analyste chez LPL Financial.
"Quelle est la demande en matière d'IA ? Comment ces dépenses se présentent-elles du point de vue de la qualité en termes de retour sur investissement réel ? Je pense que l'IA va devoir faire ses preuves sur le plan financier", ajoute-t-il.
La hausse des valeurs liées aux ressources minières (+0,47%), soutenues par la flambée de l'or, et surtout à l'énergie (+1,38%), grâce aux prix du pétrole, a quelque peu limité les pertes des Bourses en Europe dans un contexte géopolitique tendu.
Les opérateurs surveillent une éventuelle action militaire des États-Unis contre l'Iran, après que le président Donald Trump a menacé mercredi Téhéran d'une attaque s'il ne parvient pas à un accord sur ses activités nucléaires.
Selon des sources, les Etats-Unis étudient plusieurs options d'intervention en Iran, dont des frappes ciblées contre les forces de sécurité et les dirigeants du pays à la suite du mouvement de contestation populaire.
Les investisseurs assimilent également les annonces faites mercredi par la Réserve fédérale américaine (Fed) qui a maintenu comme prévu ses taux directeurs inchangés, citant l'inflation toujours élevée et la solidité de la croissance économique.
VALEURS
Le fabriquant de cognac Rémy Cointreau a réduit ses gains pour finir sur une hausse de 0,82% après avoir renoué avec la croissance des ventes durant le troisième trimestre de son exercice 2025-2026.
STMicroelectronics, qui a publié ses résultats jeudi matin, a reculé de 5,7% après ses gains de début de séance.
Eurofins a perdu 6,26% après la publication de ses résultats annuels et de ses prévisions pour l'année en cours.
A WALL STREET
La Bourse de New York est dans le rouge à l'heure de la clôture en Europe, le Nasdaq reculant de 2,02% sur fond de craintes sur les dépenses de la "tech".
Le Dow Jones cède 0,28% et le Standard & Poor's 500 perd 1,05%.
LES INDICATEURS DU JOUR
Les inscriptions au chômage ont reculé aux Etats-Unis lors de la semaine au 24 janvier, à 209.000 contre 210.000 la semaine précédente, a annoncé jeudi le département du Travail, ce qui reste en ligne avec un niveau relativement faible de licenciements.
Les commandes à l'industrie américaine ont pour leur part progressé plus que prévu en novembre sur un mois, grâce notamment à la forte demande d'avions commerciaux.
Le déficit commercial de la première économie mondiale a connu en novembre sa plus forte augmentation en près de 34 ans, dans un contexte de flambée des importations de biens d'équipement, probablement liée à un boom des investissements dans l'intelligence artificielle (IA).
Dans la zone euro, le sentiment économique s'est amélioré plus que prévu en janvier, selon les données publiées jeudi par la Commission européenne.
CHANGES
Le dollar reste sous pression face à l'incertitude autour des politiques de l'administration Trump en dépit des commentaires, la veille, du secrétaire au Trésor Scott Bessent qui ont soutenu temporairement le billet vert.
Le billet vert perd 0,03% face à un panier de devises de référence.
L'euro recule de 0,16% à 1,1933 dollar.
TAUX
Les rendements obligataires américains reculent légèrement jeudi après la hausse de la veille, au lendemain des annonces de la Fed.
Le rendement des Treasuries à dix ans perd 1,2 point de base à 4,2393%. Le deux ans cède 2,8 points de base à 3,5530%.
En Europe, le rendement du Bund allemand à dix ans abandonne 2,3 points de base à 2,8308%. Le deux ans baisse de 1,7 point de base à 2,0572%. Les inquiétudes persistent quant à la vigueur de l'euro et à la possibilité que cela incite la Banque centrale européenne (BCE) à réduire ses taux d'intérêt.
PÉTROLE
Les cours du brut évoluent en nette hausse, prolongeant leurs gains sur une troisième séance, sur fond de craintes accrues d'une intervention militaire des Etats-Unis contre l'Iran, quatrième producteur de l'Opep, avec une production de 3,2 millions de barils par jour.
Le Brent prend 3,32% à 70,67 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) 3,48% à 65,41 dollars.
MÉTAUX
L'or a poursuivi jeudi sa remontée et touché un record de 5.594,82 dollars l'once, mais recule à 5.268 dollars vers 16h43 sur des prises de bénéfices.
A SUIVRE LE 30 JANVIER : [nL8N3YO1H1
(Certaines données peuvent accuser un léger décalage)
(Rédigé par Diana Mandiá)
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