(BFM Bourse) - L'once d'or a subi de violents dégagements ce jeudi en Bourse. Avant de remonter très rapidement.
Après un méga-rallye qui l'a vu gagner 64,6% en 2025 et plus de 25% depuis le début de l'année, l'or déchante.
Le métal précieux a perdu 8% en quelques minutes ce jeudi 29 janvier, passant de 5.546 dollars l'once, à 5.106 dollars, selon Bloomberg.
La matière première est ensuite remontée progressivement. L'or ne reculait plus que de 1,2% à 5.352,91 dollars l'once vers 18h38.
>> Accédez à nos analyses graphiques exclusives, et entrez dans la confidence du Portefeuille Trading
L'agence Reuters évoque de simples prises de bénéfices.
"Il s'agit d'un repli général sur le marché des matières premières, car la hausse [des prix] a été trop rapide et trop importante", explique, de son côté, à l'AFP Kathleen Brooks, de XTB.
Ainsi, souligne l'analyste, les banques ont réduit leurs paris sur la hausse de l'or, car celle-ci, trop rapide et imprévisible, les expose à de lourdes pertes en cas de repli des cours.
L'argent, qui avait enregistré un nouveau record jeudi à 121,6540 dollars l'once, s'est également écroulé jusqu'à -8,4%.
Une contamination par les marchés actions?
Selon Phil Streible, stratégiste en chef chez Blue Line Futures cité par Bloomberg, la chute des marchés actions a également entraîné une liquidation d'autres actifs, notamment les métaux précieux (dont l'or) et industriels. "Il semble que nous ayons atteint un pic d'euphorie", a-t-il déclaré.
Ce jeudi, les indices américains souffrent. Le S&P 500 abandonne 1% et le Nasdaq Composite cède 2%.
L'appétit pour le risque est plombé par les résultats de Microsoft. Le géant de Redmond a affiché une croissance insuffisante de sa division cloud, jetant le doute sur la pertinence des dépenses faramineuses des géants de la tech dans l'IA.
Des facteurs techniques ont également pu jouer. Le trading algorithmique, avec des ordres pré-programmés en fonction de certaines variables, a pu amplifier la baisse.
Également interrogé par Bloomberg, Carsten Menke, de la banque suisse Julius Bär, évoque le franchissement de seuils techniques provoquant une correction sur le marché. Ce après la forte hausse de l'or enregistrée ces derniers jours.
"Compte tenu de l'effervescence des marchés et de la prédominance des flux sur les fondamentaux, il ne faut pas grand-chose pour déclencher une correction", a-t-il expliqué à l'agence.
Lundi, Bank of America décortiquait les résultats de son enquête mensuelle réalisées auprès des gérants de fonds. La banque américaine remarquait qu'"acheter l'or" était le pari le boursier le plus "crowded", c'est-à-dire celui que tout le monde fait.
À la question, "quelle position boursière est la plus 'crowded', 51% des gérants interrogés répondaient "acheter l'or'", passant loin devant "acheter les Sept magnifiques de Wall Street" (27%). Le mois précédent, les taux étaient respectivement de 29% pour l'or et de 54% pour les Sept magnifiques.
Les 6.000 dollars l'once dès cette année?
Reste évidemment à savoir si l'or corrigera davantage au cours des séances ou s'il s'agit d'un simple tour d'air.
Lundi, Deutsche Bank estimait que la barre des 6.000 dollars l'once pouvait être franchie cette année, en raison notamment de la faiblesse du dollar.
Le métal précieux étant libellé en dollar, une baisse de la devise américaine le rend plus attrayant pour les investisseurs ayant d'autre devises que le billet vert comme monnaie de référence.
"La hausse continue de l'or reflète des motivations d'investissement qui pourraient être persistantes: augmentation des allocations de réserves et augmentation des allocations des investisseurs vers des actifs non libellés en dollars et des actifs réels", écrivait Deutsche Bank.
Pour Stephen Innes, de Spi AM, l'envolée des cours récents traduit un manque de confiance dans les devises non indexées sur le cours d'une matière première (or, argent). C'est-à-dire à peu près toutes les grandes devises connues.
"L'or est l'inverse de la confiance. Lorsque la confiance dans la cohérence des politiques s'affaiblit, l'or cesse de se comporter comme une couverture et agit plutôt comme une alternative. C'est ce que nous observons actuellement. Il ne s'agit pas d'une crainte de récession, mais d'un doute quant à la gestion des monnaies fiduciaires", écrit-il.
