Connexion

Mot de passe oublié Pas encore de compte ?

Marché : Dix ans après la crise, un nouveau Lehman Brothers est-il possible?

Lehman Brothers a fait faillite le 15 septembre 2008

(BFM Bourse) - En une décennie, la dette n'a pas disparu. Elle s'est déplacée vers la sphère publique et les émergents.

Inimaginable, impensable. Pourtant, ce lundi 15 septembre 2018, à 1h45 du matin, Lehman Brothers est déclaré officiellement en faillite. Il s'agit de la plus grosse faillite de l'histoire des Etats-Unis. Tous ceux qui étaient présents ce lundi 15 septembre 2018 sur les marchés se souviennent de cette date, la pire journée pour les indices américains depuis le 11 septembre 2001. La perte se chiffrera à 691 milliards de dollars. 25.000 employés se retrouvent sur le carreau et les conséquences pour la finance de marché dureront pendant des années. En laissant Lehman Brothers faire faillite, le gouvernement américain a créé un dangereux précédent. Ce qui ne l'empêche pas, quelques jours plus tard, de sauver AIG et de mettre 700 milliards à disposition des banques pour sauver le système.

Dix ans plus tard jour pour jour, les risques qui pèsent sur le système financier n'ont pas disparu. Tour d'horizon.

Les dettes se sont déplacées

Dix ans après, les dettes sont toujours là, mais elles se sont déplacées. Elles ne sont plus privées mais essentiellement publiques, et elles sont surtout dans les pays émergents. La crise turque, argentine, ou encore sud-africaine sont des signaux d'alerte en ce sens qu'il faudra suivre de près dans les prochains mois, sous peine d'une nouvelle crise des émergents. Un tel choc ne sera sûrement pas comparable à la correction des subprime de 2007 à 2009 mais il pourrait ressembler à la crise des pays asiatiques à la fin des années 1990.

Une réglementation des banques qui s'est durcie?

La réglementation des banques, en particulier en Europe, s'est nettement durcie ces dernières années, avec une baisse du levier et de meilleures liquidités, et les fameux accords de Bâle 3 en décembre 2010.

Toutefois, les banques américaines ont moins durci leur réglementation que les banques européennes. Et 10 ans après, elles semblent plus fortes et dominatrices que jamais. Ainsi, la capitalisation de la BNP Paribas, première banque de la zone euro, n'a quasiment pas bougé en une décennie, alors que JP Morgan Chase, première banque américaine, a vu la sienne tripler.

Est ce qu'un nouveau Lehman est possible?

La réglementation américaine encourage toujours les "crédits hypothécaires". Les subprime n'ont malheureusement pas disparu aux Etats-Unis et les prix de l'immobilier américain ont récemment dépassé leurs plus hauts de 2007. Surtout, la réglementation des banques, sous l'égide de Donald Trump, devrait être assouplie et la règle Volcker, qui limite les possibilités de spéculations sur les marchés des banques américaines, pourrait être vidée de sa substance. Ce qui entraînerait un retour d'une volatilité et d'un risque de faillite plus fort dans les prochaines années pour les banques américaines.

Deutsche Bank inquiète les marchés

Malgré une réglementation plus stricte en Europe, le principal risque ne vient peut-être pas des Etats-Unis, mais de l'Allemagne, le coeur de l'Europe et l'économie leader de la zone euro. Sa principale banque, la Deutsche Bank, est loin d'être en bonne santé. Depuis des mois, elle inquiète les marchés. Onzième banque mondiale par la liste des actifs détenus, à 1474 milliards d'euros à fin décembre 2017, sa faillite serait potentiellement plus dévastatrice que celle de Lehman Brothers pour les marchés. En mai dernier, 7.000 suppressions de postes ont été annoncées. Des rumeurs de fusion circulent depuis des mois avec la Commerzbank ou d'autres banques de la zone euro. Mais étant donné la situation inquiétante de la première banque allemande, quelqu'un voudra t-il la racheter?

Sur les marchés, le doute est palpable, et depuis le début de l'année, l'action de la Deusche Bank a perdu 38%. En 10 ans, le titre chute de 80%.

Dans une interview accordée il y a quelques jours à l'AFP, Dominique Strauss-Kahn, ancien professeur d'économie et ancien responsable du Fonds monétaire international prévenait: "Nous avons fait quelques progrès, notamment dans les ratios de capitalisation des banques. Mais c'est très insuffisant. Imaginez que demain la Deutsche Bank ait des difficultés, ce n'est pas les 8% de capital dont elle dispose qui vont résoudre le problème. En vérité, on est moins bien préparé. La régulation est insuffisante".

Sébastien Duhamel - ©2018 BFM Bourse
Votre avis
TradingSat
Portefeuille Trading
+277.00 % vs +7.90 % pour le CAC 40
Performance depuis le 28 mai 2008

Newsletter bfm bourse

Recevez gratuitement chaque matin la valeur du jour sélectionnée par Logo TradingSat