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Marché : Ces outils qui permettent de prédire l'évolution d'une action avant l'ouverture de la Bourse

Aujourd'hui à 07:00
Comment avoir un temps d'avance en Bourse?

(BFM Bourse) - Plusieurs indicateurs, comme l'évolution d'une action dans les échanges de post-marché à Wall Street, permettent d'avoir une idée de la réaction du marché avant que la Bourse n'ouvre ses portes. Petit tour d'horizon.

C'est un petit jeu auquel s'adonnent régulièrement les opérateurs de marché (et la rédaction de BFM Bourse aussi d'ailleurs): "deviner" comment une action va réagir, au cours d'une séance, à une annonce spécifique, comme la publication de résultats.

Plusieurs thermomètres et astuces existent pour tenter d'anticiper le verdict de la Bourse.

Précisons d'emblée qu'il est évidemment impossible d'avoir raison à 100%. Personne sur le marché ne possède de boule de cristal. Et il arrive régulièrement qu'une action se retourne violemment au cours d'une séance.

Cela s'était produit, en juillet, avec les derniers résultats semestriels de Publicis. La copie rendue par le groupe avait été jugée bonne, voire très bonne, par les analystes. Mais la conférence téléphonique, tenue à 10h par la direction de la société, avait manifestement grippé les investisseurs, ce qui avait amené le titre à passer d'une hausse de plus près de 4% à une chute de 6,65%.

Voici une boîte à outils non-exhaustive pour anticiper l'évolution d'une action un jour donné, avant l'ouverture de la Bourse.

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Pour tous les groupes cotés

La connaissance des fondamentaux d'une société, un prérequis indispensable

Cela peut paraître simpliste dit comme cela, mais bien s'informer sur une entreprise, ses enjeux, ses fondamentaux reste essentiel pour comprendre comment le marché peut réagir à une annonce.

Exemple récent: l'action Sanofi a dévissé de plus de 8%, le 4 septembre dernier, après avoir dévoilé des résultats d'essais cliniques de phase 3 (la dernière étape avant la potentielle commercialisation) décevants pour un traitement contre la dermatite atopique.

Dans un précédent article, publié en juin, nous avions expliqué pourquoi cet essai clinique revêtait un caractère crucial pour le groupe et quelles étaient les attentes des analystes. Si bien que la réaction du marché début septembre n'était, en réalité, pas si étonnante.

Les notes de recherche des analystes

Plus largement, les notes de recherche des analystes, notamment les "quick take" ou "first take" (que l'on peut grossièrement traduire par "première réaction à chaud") constituent une aide précieuse.

Dans ces courtes notes, rédigées avant l'ouverture de la Bourse, les bureaux d'études donnent souvent leur impression sur la réaction du marché. C'est le cas, par exemple, de Royal Bank of Canada qui, à chacune de ces notes, livre son avis sur la future réaction de marché ("positive", "neutre", ou "négative") quant à l'annonce en question.

Le consensus pour une saison des résultats

Dans le cas d'une saison des résultats, un outil demeure fort utile, à savoir le consensus, c'est-à-dire la prévision moyenne (ou médiane) des analystes. Ce consensus permet d'avoir une idée des attentes des bureaux d'études (et par ricochet du marché) sur les principaux indicateurs d'une publication (croissance du chiffre d'affaires, bénéfice, bénéfice opérationnel ou encore flux de trésorerie).

Des résultats inférieurs au consensus ont souvent de bonnes chances d'être sanctionnés en Bourse, même s'il n'y a pas de règle.

La société de recherche Visible Alpha publie ses consensus pour les grands groupes de la tech américaine sur son site. Certaines sociétés cotées, comme Airbus, Thales, Air France-KLM ou encore Bouygues, communiquent sur leurs propres sites internet le consensus avant une publication de résultats.

Évidemment, c'est plus compliqué pour les petites et moyennes valeurs, qui sont souvent suivies par un nombre restreint d'analystes (voire par aucun d'entre eux). Le consensus peut, dans leur cas, être peu significatif voire inexistant.

Pour les groupes européens (et autres)

L'"ADR" de Wall Street pour les annonces post-clôture

Une ADR ("American Depositary Shares) est un certificat de dépôt d'actions, un instrument financier qui permet à des investisseurs américains de spéculer sur des groupes étrangers. Ces ADR s'échangent durant les horaires réguliers de Wall Street et ne constituent pas des actions à proprement parler (ils sont en réalité "dérivés" des actions cotés hors de Wall Street).

De très nombreux groupes européens ont des ADR à Wall Street, même si certains ont récemment abandonné ce titre. C'est le cas d'Orange qui a retiré son ADR en octobre 2024.

Totalenergies a lui récemment annoncé qu'il transformerait son ADR en actions ordinaires. Comme elle cote durant les horaires de Wall Street, une ADR permet d'avoir une petite idée de la réception du marché à une communication survenue après la clôture européenne.

Si un groupe livre une annonce à 18h, le cours de son action en Europe est clos depuis plusieurs dizaines de minutes. Mais son ADR, elle, cote toujours au moment de l'annonce, puisque Wall Street ferme ses portes à 22h, heure française.

L'ADR peut donc annoncer la "couleur" de la réaction boursière du lendemain à une annonce effectuée en soirée. Même si la liquidité (ou pour simplifier les volumes d'échanges), plus faible que pour les actions ordinaires, rend ce thermomètre imparfait.

Lorsqu'Alstom avait émis un important avertissement sur résultats, le 4 octobre 2023, son ADR s'était effondrée de 18,71% dans la foulée de cette annonce, survenue après la clôture du marché parisien.

Le lendemain, le titre connaîtra un plongeon historique de 37,85%. Certes, la correction a, in fine, été plus violente que ne laissait présager l'ADR. Mais l'orientation était la bonne.

À noter que si nous évoquons les sociétés européennes, le raisonnement vaut aussi pour les groupes chinois, dont beaucoup ont également des ADR, comme Alibaba.

Les échanges post-marché ou de préouverture pour les groupes cotés à Wall Street

Les horaires d'ouverture de la Bourse de New York demeurent relativement limités puisque Wall Street ouvre ses portes de 9h30 à 16h, soit de 15h30 à 22h heure française.

Mais des échanges "post-marché" - de 22h à tard dans la nuit - ou de "pré-ouverture" (avec généralement une cotation de pré-marché à 10h) peuvent être effectués. Si bien que l'action d'une société cotée à Wall Street peut être, grosso modo, suivie de 10h, heure française, à bien après minuit.

L'utilité est la même que pour les ADR évoquées plus haut. Les cours de pré-marché ou post-marché permettent de situer la réaction de Wall Street à des annonces survenues en dehors des horaires de cotations ordinaires, comme des résultats.

Par exemple, les échanges post-marché donnent la première réaction des investisseurs aux résultats des grands groupes de tech, puisque tous les "Sept magnifiques" de Wall Street publient leurs résultats trimestriels dans la foulée de la clôture de New York, après 22h.

D'autres groupes, comme Walmart ou les banques américaines, livrent généralement leurs résultats dans la matinée (ou plutôt le début d'après-midi en France) précédant l'ouverture de la Bourse américaine. Les échanges de pré-marché permettent alors de voir ce qui attend le titre.

Là encore, les échanges de pré-ouverture et/ou "post-marché" reposent sur des volumes bien plus faibles que durant les horaires de cotations habituels. Ce qui rend les prix plus volatiles.

Toutefois, dans la grande majorité des cas, ces cotations donnent souvent une bonne tendance. Hormis peut-être pour les résultats de Nvidia, qui occasionnent des variations très amples au cours d'une même séance.

Julien Marion - ©2026 BFM Bourse
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