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Les entreprises à forte connotation ESG apparaissent aussi comme des bons élèves côté dividendes

samedi 31 juillet 2021 à 07h00
Flotte de bus électriques Enel X au Chili

(BFM Bourse) - Jugé incontournable par certains, plus ostentatoire que réellement efficace par d'autres, l'engagement en faveur des questions environnementale, sociales et de gouvernance ne constitue quoi qu'il en soit pas du tout un repoussoir pour l'actionnaire en quête de rendement : une étude de Fidelity montre que les bons élèves en matière d'ESG sont susceptibles de générer une croissance des dividendes plus importante.

Fidelity n'en finit pas de tresser les louanges des valeurs ESG - ces entreprises les mieux notées en regard de leur contribution aux progrès environnementaux, sociaux et de gouvernance (figurant parmi les plus grandes sociétés d'investissement au monde avec 10.400 milliards de dollars sous gestion, le groupe américain applique pour sa part une politique ESG dans l'ensemble de ses processus d'investissement). Après avoir mis en évidence une meilleure résistance à la chute des marchés du printemps dernier, le géant de la gestion publie une nouvelle étude démontrant un lien significatif entre le profil ESG d’une entreprise et la croissance de ses dividendes dans le temps.

Les amateurs de rendement le savent bien, un rendement élevé n'est pas le principal critère d'un investissement réussi (ponctuellement, une société peut afficher un dividende apparemment alléchant par rapport au cours de Bourse, mais ce peut être simplement le reflet d'une chute de sa valorisation). La capacité de faire progresser le montant du dividende dans la durée est au moins aussi importante.

Les recherches de Fidelity révèlent justement que les entreprises leaders en matière d'ESG (sur la base du propre système de notation du groupe) sont plus susceptibles que les entreprises en retard sur ce plan d’offrir des niveaux attractifs de croissance des dividendes sur le long terme, et ce quel que soit le scénario économique. Ce qui est d'autant plus intéressant qu'une croissance stable des dividendes peut offrir une certaine protection en période d’inflation.

(source Fidelity)

Sur 4900 entreprises classées en cinq groupes, un lien apparaît clairement avec une croissance médiane de plus de 5% par an pour les mieux classées (notées A selon la classification Fidelity), de 3,7% pour celles notées B, 2% pour celles notées C et très peu ou pas de progression médiane pour les catégories D et E, les moins bien classées.

Qu'est-ce qui explique une relation apparemment aussi claire ? De façon intuitive, on peut supposer qu'il faut qu'une entreprise soit déjà en bonne santé financière et opérationnelle pour qu'elle puisse contribuer efficacement aux questions ESG.

Une bonne gestion des risques (et des opportunités) sur le plan environnemental et social semble aider les entreprises à éviter des coûts réglementaires plus élevés, des litiges, une dégradation de la marque et l’obsolescence des actifs, analyste Fidelity.

D’autre part, une gouvernance de qualité réduit les risques liés au surendettement des bilans ou aux fusions-acquisitions risquées et destructrices de valeur. Les bénéfices sont ainsi protégés et peuvent être versés aux actionnaires sous forme de dividendes.

Bien sûr, la nature ESG propre à certains secteurs joue un rôle important dans les perspectives de croissance du dividende. Les sociétés faisant face à des enjeux structurels en matière de développement durable -qu’elles soient bien gérées ou non- peuvent enregistrer une croissance plus faible de leurs dividendes. Par exemple, les grandes compagnies pétrolières Shell et BP ont considérablement réduit leurs dividendes l’année dernière pour financer leur transition vers des actifs produisant moins de carbone.

Inversement, les entreprises du secteur des services collectifs spécialisées dans les énergies renouvelables bénéficient de tendances porteuses en matière de réglementation et d’investissement. Fidelity cite en particulier Enel, l’une des premières sociétés de ce type à avoir largement investi dans les énergies renouvelables et qui est aujourd’hui le plus grand fournisseur d’énergies renouvelables au monde, en termes de production d’électricité. Le groupe italien s’est engagé à faire progresser son dividende de 7% par an au moins jusqu’en 2023.

Fidelity considère donc que le fait d’introduire dans les portefeuilles un biais en faveur de ce type d’entreprises peut contribuer à maintenir un certain pouvoir d’achat des stratégies de dividende, ce qui pourra s’avérer utile si l’inflation reste élevée à mesure que les économies rouvrent.

Guillaume Bayre - ©2022 BFM Bourse
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