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Après les diamants, les arnaques au bitcoin et sur le vin sont de retour

lundi 22 avril 2019 à 12h00
Les arnaques autour du bitcoin sont particulièrement nombreuses

(BFM Bourse) - En 2018, les Français ont perdu 55,2 millions d'euros sur des plateformes frauduleuses proposant des investissements en crypto-actifs, selon un rapport de l'AMF.

Telles des sables mouvants, les arnaques financières visant les particuliers ont tendance à se déplacer: reconvertis temporairement dans le diamant d'investissement, les "prédateurs" sévissent désormais dans les crypto-actifs.

Le médiateur de l'Autorité des marchés financiers (AMF), qui intervient dans le cadre de litiges en matière financière, constate une "émergence inquiétante des cas liés aux crypto-actifs", comme par exemple la monnaie virtuelle bitcoin, dans son rapport annuel publié cette semaine.

Face à différentes mesures nationales et européennes qui ont mis récemment de gros bâtons dans les roues d'opérations d'investissements trompeuses, "certains escrocs ont déplacé leur business", affirme Marielle Cohen-Branche, médiateur de l'AMF.

Peu d'espoir de récupérer sa mise

Le phénomène des diamants d'investissement avait ainsi connu un pic en 2017. Puis certaines plateformes illégales se sont reconverties dans l'offre de placements en crypto-actifs, assortis de promesse d'énorme rendement. Sauf que ces placements n'existent pas.

Avec à la clé une flambée des demandes de médiation sur cette thématique: "35 en quelques mois, c'est énorme!", lance Mme Cohen-Branche, contrainte cependant de répondre par une fin de non recevoir, car les opérateurs incriminés agissent sans agrément.

Sa seule marge de manoeuvre consiste à "dire aux particuliers de déposer plainte au pénal, sans grand espoir de récupérer les fonds car la messe est dite", et de "transmettre les dossiers au Procureur de la République". "Mieux vaut donc les traquer en amont" par des mises en garde: l'AMF publie régulièrement sur son site des listes noires de dizaines d'acteurs hors la loi.

Près d'une réclamation sur deux porte sur les crypto-actifs

Le cas de ces 35 victimes qui "se sont faites ratisser jusqu'à 100.000 euros", majoritairement des retraités vivant dans des bourgades, n'est qu'une pointe de l'iceberg face au nombre de sollicitations reçues par Epargne Info Service (EIS).

Ce centre d'appels du régulateur a reçu l'an dernier sept fois plus de demandes concernant les investissements en crypto-actifs qu'en 2017. Fait plus marquant encore, près d'une réclamation sur deux (46%) porte sur le sujet. En 2018, 55,2 millions d'euros ont été déclarés perdus sur des plateformes frauduleuses proposant des investissements en crypto-actifs, selon EIS.

Quand les particuliers lésés appellent à l'aide, ils espèrent encore pouvoir récupérer leurs crypto-actifs à défaut du rendement promis, alors que dans les faits, l'argent n'a jamais été investi et les escrocs se sont volatilisés.

Des promesses de rendement bien trop belles pour être vraies

L'institution a remarqué que les relevés d'identités bancaires des opérateurs avaient migré, eux aussi. "Pour éviter d'attirer l'attention", le Portugal et la Grande-Bretagne ont remplacé des pays qui attiraient plus la méfiance. Ce qui n'a pas changé en revanche, c'est "la technique de secte" qui combine arguments psychologiques et économiques, relève la médiatrice.

Lors d'entretiens de démarchage, les malfaiteurs font miroiter des rendements faramineux en s'appuyant sur les pics enregistrés fin 2017 par le bitcoin, la cryptomonnaie la plus populaire. Certains n'hésitent pas à créer sur leur site des espaces personnels fictifs avec des relevés de compte faisant apparaître des plus-value. Le vice va même jusqu'à verser les intérêts les tout premiers mois afin d'inciter les épargnants piégés à investir davantage.

La "double peine" arrive au moment où l'épargnant demande le remboursement de son investissement: il apprend alors par exemple qu'il doit verser une taxe d'environ 20% pour que les fonds soient débloqués. Les gens se laissent berner par des "promesses alléchantes par les taux proposés mais aussi par le discours qui touche une corde assez émotionnelle", explique à l'AFP Claire Castanet, directrice des relations avec les épargnants à l'AMF.

Vins, forêts et cheptels

Preuve de l'agilité des arnaqueurs, la tendance est à nouveau en train de tourner. "Depuis l'été 2018, on assiste à une tendance qui monte sur le vin et depuis la fin de l'année, on voit des offres d'investissements dans des cheptels de vache laitière, du cannabis aussi", prévient Mme Castanet.

"Le terroir revient au goût du jour", mais "les techniques restent les mêmes, très agressives, d'emprise mentale": dans le discours, les vaches, c'est le "retour à la nature", "le vin, c'est le patrimoine".

Or, parmi les propositions d'investissements basées sur des biens concrets vendus avec une espérance de rendement, seulement six sont autorisées par l'AMF: cinq dans le domaine du vin et une dans le domaine de la forêt.

(Avec AFP)

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