(BFM Bourse) - La société suisse a dévoilé une croissance de 13% hors effets de changes sur le trimestre clos en mars, malgré l'impact du conflit au Moyen-Orient.
La saison des publications trimestrielles dans le luxe a été émaillée de plusieurs déceptions notoires.
LVMH a, au titre du premier trimestre, livré une activité inférieure aux attentes du marché dans la mode et maroquinerie, qui représente 72% des bénéfices selon HSBC. Hermès a, de son côté, publié une croissance globalement décevante tandis que Kering a manqué le coche chez Gucci, de loin sa marque la plus importante.
Le conflit au Moyen-Orient a évidemment pesé sur l'activité et les cours de Bourse du secteur.
Non seulement la guerre dans la région a évidemment supprimé une partie des ventes au Moyen-Orient, mais la baisse du trafic aérien a obéré les dépenses de la clientèle du Golfe en Europe, a fortiori en France. Rappelons qu'environ 30% des achats de produits de luxe sont réalisés à l'étranger.
LVMH avait chiffré l'impact sur sa croissance à hauteur de 1 point de pourcentage sur le trimestre, Hermès à 1,5 point.
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Forte croissance
Richemont, le propriétaire suisse des marques Cartier et Van Cleef & Arpels, est venu clôturer tardivement le bal des publications du secteur, à la Bourse de Zurich.
Bien que de haute volée, la copie rendue par la société helvétique reçoit un accueil tiède de la part des investisseurs. Après avoir ouvert en hausse de plus de 4%, l'action Richemont perd 1,3% en début d'après-midi ce vendredi.
Sur les trois derniers mois de son exercice 2025-2026, période qui court de janvier à fin mars, Richemont a encore livré une croissance remarquable.
Le groupe suisse a dégagé des revenus de 5,4 milliards d'euros, en hausse de 13% hors effets de changes. La seule division joaillerie (près de 80% du chiffre d'affaires) a affiché une progression de ses revenus de 16% hors effets de changes tandis que l'horlogerie a enregistré une hausse de 2%.
"Richemont clôt une saison de publication des résultats dans le secteur du luxe marquée par la volatilité et globalement morose, avec des résultats de vente exceptionnels au quatrième trimestre 2026", apprécie Bernstein.
Les marges pêchent
Les ventes ont été particulièrement robustes sur le dernier trimestre de l'exercice dans la zone "Amériques" (+18% hors effets de changes), au Japon (+28%) et en Asie-Pacifique (+14%). A contrario, la guerre contre l'Iran a pesé sur les ventes dans la région Moyen-Orient Afrique (-3%) et sur l' Europe (+5%), via de moindres achats de la part des touristes.
Par ailleurs, le résultat opérationnel de la société au second semestre a été inférieur aux attentes à hauteur d'environ 3%, note Citi. "Les effets de changes obscurcissent la dernière ligne droite", écrit la banque américaine.
UBS remarque plus particulièrement que la marge de la division joaillerie au second semestre a été "un peu plus faible" ce qui pourrait attirer l'attention des "bears", c'est-à-dire les investisseurs qui misent sur une baisse de l'action Richemont.
"À notre avis, Richemont est aujourd'hui une entreprise fondamentalement plus solide qu'auparavant : une taille accrue, un portefeuille de produits et une répartition géographique plus équilibrés, une plus grande agilité de la chaîne d'approvisionnement et des délais de production plus courts, un contrôle plus strict de la distribution, des stocks de gros mieux gérés, un bilan plus solide, ainsi qu'une équipe de direction et une gouvernance renforcées", apprécie de son côté Citi qui a réitéré son conseil à l'achat.
