(BFM Bourse) - Le compartiment évolue en nette hausse ce jeudi 7 mai. Toujours soutenu par les espoirs d'avancées vers une paix au Moyen-Orient, le secteur peut aussi bénéficier d'une rotation de la part des investisseurs qui se positionnent sur des valeurs en retard.
Le luxe retrouve de l'allant depuis deux séances. Mercredi, le compartiment a, à l'instar de l'ensemble de la cote parisienne, été soutenu par l'optimisme autour des négociations entre l'Iran et les États-Unis.
Plusieurs médias ont rapporté l'existence d'un memorandum d'une page proposé par Washington pour mettre fin au conflit. Dans la nuit de mercredi à jeudi, Donald Trump a jugé qu'un accord était "très possible" au vu des "très bonnes discussions" entre les deux pays.
Mercredi, Kering a pris 6,7%, Hermès 5,3%, et LVMH 5,11%. Ce jeudi, les trois grands groupes de luxe sont encore très bien orientés. Kering reprend 3,2%, Hermès regagne 2,5% et LVMH 2,1% vers 10h45.
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Un secteur en retard
"Je pense que la réaction de marché de ce jeudi sur le luxe s'explique, comme mercredi, par l'espoir prolongé de nouvelles négociations entre les États-Unis et l'Iran pour parvenir à la fin de la guerre ou tout du moins à un ton plus 'soft' dans ces négociations. Ce qui est positif pour l'ensemble du marché", explique Jie Zhang, analyste chez le bureau d'études indépendant Alphavalue.
"Au-delà du trafic au Moyen-Orient, ce conflit a un impact important sur le sentiment du consommateur", poursuit-elle.
"La clientèle du Moyen-Orient est très importante car elle achète – notamment lorsqu'elle voyage en Europe - des produits de luxe situés sur le haut de la fourchette. C'est-à-dire les bijoux de prestige ou les marques exclusives, comme Hermès", rappelle la spécialiste.
Un autre analyste évoque un autre facteur qui peut potentiellement aider le luxe: une rotation sectorielle.
"Le secteur du luxe reste très en retard cette année par rapport aux autres. Pour aller chercher de la performance, les investisseurs n'ont pas le choix , car les marchés sont tellement hauts. On récupère les valeurs qui sont à la traîne. D'ailleurs ont voir que, en parallèle, des actions qui ont bien performé depuis l'éclatement du conflit, comme Orange, Bouygues où Engie reculent", développe cet analyste.
Depuis le début de l'année, le luxe est en effet à la peine. L'indice paneuropéen "Stoxx Europe Luxury 10" abandonne près de 17% depuis le 1er janvier.
Le Moyen-Orient pèse
Les dernières publications du secteur ont été, au mieux, mitigées. LVMH a, au titre du premier trimestre, livré une activité inférieure aux attentes du marché dans la mode et maroquinerie, qui représente 72% des bénéfices, selon HSBC. Hermès a, de son côté, publié une croissance globalement décevante tandis que Kering a manqué le coche chez Gucci, de loin sa marque la plus importante.
Le conflit au Moyen-Orient a évidemment pesé sur l'activité et les cours de Bourse du secteur.
Non seulement la guerre dans la région a évidemment supprimé une partie des ventes au Moyen-Orient, mais la baisse du trafic aérien a obéré les dépenses de la clientèle du Golfe en Europe, a fortiori en France. Rappelons qu'environ 30% des achats de produits de luxe sont réalisés à l'étranger.
LVMH avait chiffré l'impact sur sa croissance à hauteur de 1 point de pourcentage et de 3 points de pourcentage sur le seul mois de mars. Sa directrice financière, Cécile Cabanis, avait par ailleurs indiqué que les ventes dans la région Moyen-Orient avaient accusé une baisse à deux chiffres (plus de 10%) au premier trimestre.
Éric du Halgouët, le directeur financer d'Hermès, avait lui évoqué un impact d'environ 1,5 point de pourcentage sur la croissance de son groupe au premier trimestre.
Bank of America redoutait que cet impact se prolonge au deuxième trimestre, retenant un impact de 1 point de pourcentage pour l'ensemble du secteur.
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