PARIS, 22 mai (Reuters) - L'ancien Premier ministre et actuel patron du parti Renaissance, Gabriel Attal, a annoncé vendredi dans l'Aveyron sa candidature à l'élection présidentielle de 2027, ajoutant son nom à une liste déjà longue de prétendants de la droite et du centre.
"Oui, j'ai décidé d'être candidat à la présidence de la République", a déclaré le député des Hauts-de-Seine âgé de 37 ans sur la place du village, face au monument aux morts de Mur-de-Barrez, en Aveyron.
Aux "cinquante nuances de gestion du déclin", il a opposé son souhait d'"apaiser, élever, s'élever, grandir, conquérir et renouer avec un optimisme", prônant une "élévation" individuelle et collective.
"J'aime passionnément la France, j'aime son histoire, sa culture, son agriculture, ses paysages, son génie", a aussi déclaré le candidat, qui sera en meeting à Paris le 30 mai.
Issu de la gauche, Gabriel Attal doit son ascension politique à Emmanuel Macron, chef de l'Etat depuis 2017, occupant tour à tour les fonctions de ministre des Comptes publics, porte-parle du gouvernement et ministre de l'Education nationale et de la jeunesse.
Promu plus jeune Premier ministre de la Ve République le 9 janvier 2024 à l'âge de 34 ans, il n'avait pas été informé de la dissolution de l'Assemblée nationale annoncée au mois de juin suivant par Emmanuel Macron.
La défaite du camp présidentiel l'a conduit à laisser sa place à Matignon à Michel Barnier début septembre.
ATTAL ET PHILIPPE FERONT LE POINT DÉBUT 2027
Secrétaire général de Renaissance depuis décembre 2024 et président du groupe Ensemble pour la République à l'Assemblée nationale, Gabriel Attal a pris ses distances avec l'impopulaire chef de l'Etat et suivi son propre chemin politique.
Auteur d'un livre publié en mars, "En homme libre", Gabriel Attal a effectué de nombreux déplacements ces dernières semaines dans tout le pays, distillant quelques idées de son futur programme, qui prévoit notamment une refonte du système social conçu au sortir de la Deuxième guerre mondiale.
En couple avec Stéphane Séjourné, le commissaire européen chargé de la Stratégie industrielle, il est favorable à un débat sur la légalisation de la gestation pour autrui.
Dans une tribune publiée le week-end dernier par La Tribune Dimanche, un demi millier d'élus locaux, dont le président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, Renaud Muselier, et le maire de Bordeaux, Thomas Cazenave, l'ont appelé à se lancer dans la course à l'Elysée.
La candidature de Gabriel Attal s'ajoute notamment à celles d'Edouard Philippe, président d'Horizons, et de Bruno Retailleau, désigné par les militants de son parti Les Républicains.
Devant la multiplication des ambitions et le poids des extrêmes - Rassemblement national à droite et La France insoumise à gauche - dans les sondages, beaucoup jugent indispensable une candidature unique de la droite et du centre à la présidentielle pour éviter une dispersion des voix.
Selon leurs entourages, Gabriel Attal et Edouard Philippe entendent faire le point sur cette question début 2027, au vu de leurs situations respectives à ce moment-là.
A la différence d'Edouard Philippe, qui la rejette, Gabriel Attal n'a pas exclu la possibilité d'une primaire pour son camp.
(Reportage Elizabeth Pineau, édité par Benoit Van Overstraeten)
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